
Tentative de réponse à la grande question de ce matin : que peut-on écouter après une heure et demie de Coltrane au sommet de sa forme musicale ? Rien. Sauf si l'on délaisse la musique pour essayer d'aller plus loin avec des mots. Et là, il n'y a que Léo.
Sur cet album fantastique, Et... Basta ! Long, long monologue de quelques 35 minutes, d'une beauté rare. Impossible de ne pas penser à Gil Scott-Heron ou aux Last Poets qui, avec un accompagnement minimal, balançaient leur verve avec la même passion. Et là, notre soi-disant exception culturelle, a une réponse à cette effervescence révolutionnaire d'outre-Atlantique : Léo. Largués, les Brel et Brassens. Largués, tout le monde. Petits joueurs, les slammeurs d'aujourd'hui. Trop respectueux du format 3 minutes 30.
On sort évidemment épuisé et la larme à l'oeil devant tant de beauté... Et voilà l'estocade avec Ni Dieu Ni Maître, qu'on devrait enseigner dans les écoles, si elles étaient vraiment laïques, et si leur but était vraiment d'ouvrir les écoutilles à nos chères têtes blondes. Inutile de dire que c'est pas demain la veille. On y chantera toujours plus volontiers La Canne de Jeanne ou le Plat Pays.
Alors je pose la question : qui, aujourd'hui, ou demain, aura la carrure pour oser des choses pareilles ? A quelques dix ans d'intervalle, la musique de Coltrane et le verbe de Ferré se sont retrouvés à la frontière des possibles. Ne me dites pas qu'il n'y a plus rien. J'attends dans vos commentaires le lien vers ce que j'aurais zappé et qui me retournerait comme ces deux galettes. Mais quelque chose me dit que ça va être dur...
Pas vrai Mec ?