J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -

Affichage des articles dont le libellé est Alexis HK. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alexis HK. Afficher tous les articles

dimanche 30 septembre 2012

#136 : Alexis HK "Le Dernier Présent"

Je sais, l'avant-dernier Alexis HK avait plus ou moins fait un vilain flop sur ce même blog. Mais écoutez-moi celui-là. C'est l'album que Joe Dassin n'aura pas eu le temps de sortir, parce que pas le temps de devenir vieux. Imaginez le Joe comme un Henri Salvador, à 80 balais, sortir son Jardin d'Hiver avant que de s'éclipser.  Je le dis sans exagérer, cela aurait pu, dans un monde parfait, ressembler à cela.

Je le dis sans exagérer, même si je ne pense pas être dupe. La relation filiale est presque trop vraie pour être honnête. Les arpèges du 3ème titre, César, sont même un vilain repompage du Monument Aux Oiseaux du défunt François Béranger. Aïe, qu'ai-je dis, neuf lecteurs en moins le temps de l'écrire. Tant pis.

Ceux qui sont toujours là devraient en revanche commencer à frétiller. De la bonne chanson, un rien désuète, un rien surannée, un rien monotone sur la (pourtant courte) durée. Tant mieux, ça finit avant qu'on s'en lasse. 10 chansons, une demi-heure chrono, le temps d'une pause, le temps de tout écouter. Fils De, au titre clairement inspiré de Brassens, est une petite merveille d'écriture, un tout petit rien de flow tendance rap par courts instants pour nous rappeler qu'on est en 2012. Idem pour Princesse De Papier. Brassens meets Joe... quand on sait que le premier affichait un rictus heureux à l'écoute des Dalton du second, l'idée, même marketée par Universal (quoique... l'album est distribué par Autre Distribution, arnaque ou label indépendant ? Je sais pas et je m'en fiche), n'est pas mauvaise. Charité populaire enfonce le clou. En deux minutes chrono, c'est presque trop court pour le Top 50.

On regrettera l'inutile présence d'un Renan Luce jouant le rôle de guest-star du pauvre, on regrettera peut-être (ou pas) que tout cela reste sans doute confidentiel. On Peut Apprendre est peut-être facile, mais je la trouve chouette, là, maintenant. Un peu de banjo ne nuit pas.

Moi j'applaudis à deux mains quand sort un joli album de variétés françaises comme ça, même s'il finit sur un truc vaguement rock plus proche de Grégoire dans l'arrangement que d'un Manset. C'est moins casse-pied qu'un triple album de Saez, c'est pas prétentieux pour un sou, c'est juste une demi-heure à passer agréablement en grillant des châtaignes au coin du feu. Après, on ressort du placard à vinyles, en vrac et dans le désordre, Salut Les Amoureux du grand Joe, Supplique Pour Etre Enterré Sur La Plage De Sète du vieux Georges, Département 26 de Béranger, Hollywood de Mc Neil et tout le reste. C'est bien sûr bien mieux, mais l'auriez-vous osé sans Alexis HK, là, maintenant ? Et le cidre coule, les châtaignes craquent sous la flamme, le jour s'éteint, le plexus solaire vous titille, il est l'heure de manger une bonne soupe et aller se coucher, bêtement heureux d'avoir entendu quelques belles chansons. Qu'on aura peut-être même essayé d'égrainer à la guitare. C'est déjà énorme, non ?

Charité Populaire...

vendredi 13 avril 2012

#121: Alexis HK "Les Affranchis"

Le nouveau Joe Dassin est né, ce n'est pas rien. Bon, pas la même gueule, une pochette ratée, mais La Maison Ronchonchon, c'est les Dalton du 21ème siècle. Pas moins. Et sa Zouzou ressemble à la Pauvre Doudou du grand Joe. Au hasard. Des textes doux amers (je déteste cette expression, on dirait que je parle du dernier Benabar dans Télérama), des mélodies biens fichues, un humour au second voire troisième degré, Alexis HK mérite que vous vous penchiez sur son cas durant cinq minutes de votre vie. J'avoue être béotien en la matière, peut-être passe-t-il à la télé, peut-être même écoute-t-il Balavoine comme Miro, qui après son très marrant Billy The Funkyman se la pète maintenant chanteur pour midinettes ?

Bôf. Qu'importe.

Bien sûr, sur le clip des Affranchis, on distingue Aznavour, ce qui laisse penser que le gars est né de la cuisse de Jupiter. Fils de qui ? Je lui accorde le doute du bénéfice. Et l'inverse. Ne vous y trompez pas, c'est de la "nouvelle" chanson française, concept qui commence à dater (remember Yves Duteil ?), mais bon, il fait beau, et je me dis que ça peut pas faire de mal. J'y vois des petits côtés Thiéfaine avant qu'il ne se prenne au sérieux (Chicken Manager), de la nostalgie à tous les étages façon Saravah (Là C'est Moi) à la David Mc Neil (et vous avouerez que là, c'est plutôt pas mal, non ?), bref, voilà, ça plaira à qui ça voudra.

Vous savez, vous avez de la chance. Je pars faire la fête, me fader un concert de jazz avec deux guitaristes prétentieux, et je crois que je préférerais qu'Alexis soit avec moi ce soir.