Quand c'est fini Annie Annie ça recommence ! Eh oui, l'ami Yves Simon, après s'être vautré dans la daube durant les années 1980-90, après avoir jeté l'éponge de la chanson pour nous écrire 25 fois le même bouquin, est revenu miraculeusement sur terre en 2007. Avec un album littéralement somptueux, acoustiquement délicieux (ou l'inverse), fragile comme au bon vieux temps.
Après toutes ces années, c'est comme si l'artiste s'était miraculeusement souvenu de ce qu'il y avait de formidable dans ses premières chansons. Comme s'il avait retrouvé une patte que l'on pensait définitivement empaillée. Les méchants diront, bof, il se souvient de vieilles recettes de cuisine, c'est tout. Bien sûr. Des merveilles comme Marguerite ou encore Des Oursons Blancs Dans Nos Bras sont faites de ses vieux démons, elles auraient pu être enregistrées en 1973, pratiquement telles quelles (Je T'Emmènerai, combien de fois nous l'a-t-il faite celle là ?). Mais la vie n'est pas faite que de sushis et de cuisine nouvelle, et que celui qui renâcle contre une bonne vieille potée auvergnate me jette le premier bout de lard.
Alors, pour vous faire plaisir, je dirai même que tout n'est pas génial (Irène, Irène par exemple, on dirait du Voulzy qu'aurait fumé la moquette... tant pis, La Rumeur, bof bof, aussi, et une ou deux autres pas inoubliables, juste agréables).
Mais j'ajouterai surtout que nombre de chansons ici présentes sont belles à pleurer. Encore plus belles, encore plus à pleurer qu'en 1973. Parce que là, l'homme est viellissant, face à ses échecs, et se perd dans une nostalgie fatalement délicieuse même si évidemment terrible (Cet Enfant, beau à pleurer, et l'on oubliera-taira la référence de l'intro à son propre Caroline des Yvelines, on écoute et on se tait, là), et quand il partage cette nostalgie avec une Françoise Hardy sur la même longueur d'onde (Aux Fenêtres De Ma Vie), on tient la plus belle chanson française des années 2000, pas moins.
A un âge où il a tout tenté, où des gens comme moi lui reprochent peut-être un peu trop vertement d'avoir essayé d'aller un peu trop de l'avant dans une mauvaise direction, Yves Simon rappelle qu'il est encore capable de nous en sortir des douzaines, des chansons comme on les aimait. C'est un peu la parabole du fils perdu, de la brebis égarée, quelque part. Je ne veux pas entendre le mot "opportunisme" ici, sinon je brise le lien.
Bienvenue chez toi, Yves. Tu sais, j'ai fait exprès d'oublier le pas bon pour ne pas être méchant. Quand tu veux tu nous en ressors un pareil...
Le meilleur album que la chanson française nous ait produit dans les années 2000, c'est là, c'est toi
J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.
Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?
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dimanche 20 novembre 2011
#89: Yves Simon "Rumeurs"
mardi 1 novembre 2011
#69: Yves Simon "Une Vie Comme Ca"
D'abord, la pochette : urbaine, plastique, fini l'acajou des guitares sèches. Yves Simon, assis dans une station, attend le prochain métro. D'un air un peu inquiet, mais décidé à ne pas rater le prochain train, comme ce fut le cas avec Un Autre Désir qui emmenait ses chansons sur une voie de garage. Remarquez aussi que le monsieur est rasé. Finie, la barbe baba-cool. Ne reste que l'écharpe rouge...
Guitares électriques, tissées d'échos, d'entrée. Qu'est-Ce Que Sera Demain ? Ne laissons pas durer le suspense : pour toi, Yves, ça sera plutôt la fin que le début, c'est là à mon humble avis le dernier grand album que tu nous signe, même si, dans le suivant, on pourra encore repêcher 2-3 perles... mais bon. Là, tu tiens encore un petit chef d'oeuvre, ou presque. Profitons-en...
Et le reste de l'album flirte - souvent avec intelligence - avec le tremblement des années 80, sans encore perdre trop la "patte" de l'artiste, pour le meilleur comme pour le pire. Synthés grinçants, rythmiques sèches et carrées, guitares saillantes mais sans soli ou presque. Une Vie Comme Ca, on l'aurait bien imaginée acoustique en 1975, ici la voilà synthétique et électrique, superbe. Et puis arrive le vrai chef d'oeuvre du disque, Ma Jeunesse S'Enfuit. Diable ! Yves Simon arrivait, là, à mettre une âme dans ces machines, même dans cette caisse claire si typée par ailleurs... Si sa jeunesse s'enfuit, sur ce titre, Yves Simon court devant. Beau à chialer. D'émotion, et aussi de regrets, là encore, pour la suite.
Bien sûr, il y a quelques ratages, aussi. Comme d'hab'. Trop Petit La Vie est - encore - un peu caricaturale et maladroite. Retour en arrière, avec des arrangements futuristes, ça passe moins. Dans ce registre, Dans 20 Ans Tout A L'Heure passe bien mieux à mon avis... limite punk dans l'esprit, bien crade comme il faut. Peut-être le morceau le plus rock de sa carrière, puant comme une station de métro, bien vu, belle boule. Planète Peut-Etre est franchement FM, et moche à souhait comme une chanson d'Indochine. Et dire que c'est vers ça qu'il va se diriger, quel gâchis. Héros In Héros Out, façon rock de stade avec ses guitares à la Queen période 80's, ne convainc guère plus. Les guitares y sont trop moches. Dommage. Fallait laisser tomber ces guitares façon rock FM puant, Yves, et surtout ce saxo putassier qui n'apporte mais vraiment rien du tout à l'affaire. Tu comptais pas la faire dans des stades, quand même, si ?
La poire pour le dessert, y'en a deux. J'T'Imagine, intelligemment jazzy, est adorable, hors d'âge, témoin que l'homme a évolué, a su créer d'autres ambiances même quand il revient à une instrumentation plus acoustique (piano, contrebasse... même si la partie de batterie rappelle un peu trop le 50 Ways To Leave Your Lover de Paul Simon pour être tout à fait honnête). Et j'ai toujours un faible pour Amnésie Sur Le Lac De Constance. Qui me semble bien résumer l'album : quand Yves Simon va vraiment de l'avant, c'est superbe. Quand il reste entre deux eaux, c'est raté.
J'ai oublié Ego Ego, juste rigolote, et le compte est bon : Je me rends compte que j'ai détaillé toutes les chansons du disque. Manquant de fait un peu d'inspiration pour vous faire rêver, parce que la gueule de bois à venir s'annonce souvent de façon dramatique sur cet album, gâtant un peu des textes toujours pertinents et pleins d'émotion, en attendant le cauchemar. Reste, quand même, quelques très très beaux instants. Mais ça sent le sapin... en plastique. Je posterai peut-être encore le suivant (USA/USSR), Jimmy (il est vraiment pour toi, ce post...), mais là j'en ai ma claque d'Yves Simon... et je l'aime trop pour lui faire honte avec la suite.
Enfin on verra. Parce que son dernier album (Rumeurs) est beau comme les premiers jours, ou presque. Mais celui-là traîne encore au fond des bacs à 6 euros 99, alors je vous invite vraiment à l'acheter les yeux fermés. Il est bien mieux que tous les prochains Murat, le duo avec Françoise Hardy (Aux Fenêtres De Ma Vie) est à tomber. Combien de temps il nous faudrait pour garder sa jeunesse ?
Ma Jeunesse S'Enfuit...
Guitares électriques, tissées d'échos, d'entrée. Qu'est-Ce Que Sera Demain ? Ne laissons pas durer le suspense : pour toi, Yves, ça sera plutôt la fin que le début, c'est là à mon humble avis le dernier grand album que tu nous signe, même si, dans le suivant, on pourra encore repêcher 2-3 perles... mais bon. Là, tu tiens encore un petit chef d'oeuvre, ou presque. Profitons-en...
Et le reste de l'album flirte - souvent avec intelligence - avec le tremblement des années 80, sans encore perdre trop la "patte" de l'artiste, pour le meilleur comme pour le pire. Synthés grinçants, rythmiques sèches et carrées, guitares saillantes mais sans soli ou presque. Une Vie Comme Ca, on l'aurait bien imaginée acoustique en 1975, ici la voilà synthétique et électrique, superbe. Et puis arrive le vrai chef d'oeuvre du disque, Ma Jeunesse S'Enfuit. Diable ! Yves Simon arrivait, là, à mettre une âme dans ces machines, même dans cette caisse claire si typée par ailleurs... Si sa jeunesse s'enfuit, sur ce titre, Yves Simon court devant. Beau à chialer. D'émotion, et aussi de regrets, là encore, pour la suite.
Bien sûr, il y a quelques ratages, aussi. Comme d'hab'. Trop Petit La Vie est - encore - un peu caricaturale et maladroite. Retour en arrière, avec des arrangements futuristes, ça passe moins. Dans ce registre, Dans 20 Ans Tout A L'Heure passe bien mieux à mon avis... limite punk dans l'esprit, bien crade comme il faut. Peut-être le morceau le plus rock de sa carrière, puant comme une station de métro, bien vu, belle boule. Planète Peut-Etre est franchement FM, et moche à souhait comme une chanson d'Indochine. Et dire que c'est vers ça qu'il va se diriger, quel gâchis. Héros In Héros Out, façon rock de stade avec ses guitares à la Queen période 80's, ne convainc guère plus. Les guitares y sont trop moches. Dommage. Fallait laisser tomber ces guitares façon rock FM puant, Yves, et surtout ce saxo putassier qui n'apporte mais vraiment rien du tout à l'affaire. Tu comptais pas la faire dans des stades, quand même, si ?
La poire pour le dessert, y'en a deux. J'T'Imagine, intelligemment jazzy, est adorable, hors d'âge, témoin que l'homme a évolué, a su créer d'autres ambiances même quand il revient à une instrumentation plus acoustique (piano, contrebasse... même si la partie de batterie rappelle un peu trop le 50 Ways To Leave Your Lover de Paul Simon pour être tout à fait honnête). Et j'ai toujours un faible pour Amnésie Sur Le Lac De Constance. Qui me semble bien résumer l'album : quand Yves Simon va vraiment de l'avant, c'est superbe. Quand il reste entre deux eaux, c'est raté.
J'ai oublié Ego Ego, juste rigolote, et le compte est bon : Je me rends compte que j'ai détaillé toutes les chansons du disque. Manquant de fait un peu d'inspiration pour vous faire rêver, parce que la gueule de bois à venir s'annonce souvent de façon dramatique sur cet album, gâtant un peu des textes toujours pertinents et pleins d'émotion, en attendant le cauchemar. Reste, quand même, quelques très très beaux instants. Mais ça sent le sapin... en plastique. Je posterai peut-être encore le suivant (USA/USSR), Jimmy (il est vraiment pour toi, ce post...), mais là j'en ai ma claque d'Yves Simon... et je l'aime trop pour lui faire honte avec la suite.
Enfin on verra. Parce que son dernier album (Rumeurs) est beau comme les premiers jours, ou presque. Mais celui-là traîne encore au fond des bacs à 6 euros 99, alors je vous invite vraiment à l'acheter les yeux fermés. Il est bien mieux que tous les prochains Murat, le duo avec Françoise Hardy (Aux Fenêtres De Ma Vie) est à tomber. Combien de temps il nous faudrait pour garder sa jeunesse ?
Ma Jeunesse S'Enfuit...
mardi 4 octobre 2011
#46: Yves Simon "Demain Je t'Aime"
Retardé pour cause d'un Joe Dassin primordial hier, voici donc le Yves Simon de la semaine. En 1978, Yves Simon se recentre - mollement certes, mais quand même - vers les instruments électriques. Sans forcément chercher à remettre en cause son oeuvre (il le fera plus tard, de façon fort maladroite), Yves Simon cherche ici à coller un peu plus à la dureté de l'époque - non pas au mouvement punk qu'il a raté et mal jaugé (voir son Histoire de Vaurien sur l'album précédent, Un Autre Désir) - mais plutôt à cette new-wave (Police, Cure...et chez nous Taxi Girl ou Starshooter) qui semble lui parler d'avantage. Symptomatique : pas de trace de guitare sèche sur l'album (à part Diabolo Menthe, bonus track, on en reparle plus bas). Alors pourquoi poser sur la pochette avec la même Ovation que celle d'Adamo ? Line-up basse/guitares électriques/claviers/batterie.
Plusieurs morceaux témoignent ici de cette nouvelle ambition : Femme de Skaï, Attention Futur (tentés en singles à l'époque), Si t'As Mal Alors Crie... Pas forcément mauvais, d'ailleurs. Juste un peu mous du genou, et gagnant en énergie ce qu'ils perdent en émotion.
Les ratages sont malheureusement présents : le pseudo-funk Je Blues Dans Mon Lit, Les Mots Doux... sans grand intérêt pour personne. Et toujours un morceau archi-typé (pour ne pas parler d'archétype) de ce qu'il faisait dans le genre "enjoué" avant, Les Rues de France.
Restent les joyaux : Petite Fille Petite Misère, simple et classique, très dylanien, finalement, J't'Aimais J't'Aime Plus, une réminiscence du "bon vieux Yves Simon de dans le temps", Une Pierre Qui Roule, simple ballade au piano, lacrymale à souhait, qui si l'on est méchant peut se traduire par A Rolling Stone et peut-être (et) surtout T'es Con T'es Moche, en solo à la guitare... électrique. Là encore, l'esprit de Dylan règne, par le cynisme et la verve de la chanson (un peu le même thème que Like A Rolling Stone, tiens-donc, encore, et finalement) - et par l'harmonica. Mais peut-être s'agit-il d'une diatribe envers ce que Dylan représentait en 1978 ?
Reconversion en demi-teinte, bilan mitigé. Yves Simon semble avoir tenté le virage électrique de Dylan, mais sur une mobylette plutôt qu'une Triumph...
Reste le bonus track du CD, le célèbre Diabolo Menthe (collé carrément en piste N°1), BO du navet de Diane Kurys, du pur Yves Simon, parodique à l'extrême, mais qui finalement fait un peu de bien dans cet album un peu cafouillis entre deux eaux. Et reste adorable.
Yves Simon, ici, n'est pas allé assez loin. Le cul entre deux chaises, mais bientôt, au jeu de la chaise musicale, il n'aura plus d'endroit où poser son cul. Popotin qu'il se remuera d'avantage pour le suivant, qui le verra flirter dangereusement avec les synthés 80's, avec une certaine élégance néanmoins. Mais pour la suite...
Plusieurs morceaux témoignent ici de cette nouvelle ambition : Femme de Skaï, Attention Futur (tentés en singles à l'époque), Si t'As Mal Alors Crie... Pas forcément mauvais, d'ailleurs. Juste un peu mous du genou, et gagnant en énergie ce qu'ils perdent en émotion.
Les ratages sont malheureusement présents : le pseudo-funk Je Blues Dans Mon Lit, Les Mots Doux... sans grand intérêt pour personne. Et toujours un morceau archi-typé (pour ne pas parler d'archétype) de ce qu'il faisait dans le genre "enjoué" avant, Les Rues de France.
Restent les joyaux : Petite Fille Petite Misère, simple et classique, très dylanien, finalement, J't'Aimais J't'Aime Plus, une réminiscence du "bon vieux Yves Simon de dans le temps", Une Pierre Qui Roule, simple ballade au piano, lacrymale à souhait, qui si l'on est méchant peut se traduire par A Rolling Stone et peut-être (et) surtout T'es Con T'es Moche, en solo à la guitare... électrique. Là encore, l'esprit de Dylan règne, par le cynisme et la verve de la chanson (un peu le même thème que Like A Rolling Stone, tiens-donc, encore, et finalement) - et par l'harmonica. Mais peut-être s'agit-il d'une diatribe envers ce que Dylan représentait en 1978 ?
Reconversion en demi-teinte, bilan mitigé. Yves Simon semble avoir tenté le virage électrique de Dylan, mais sur une mobylette plutôt qu'une Triumph...
Reste le bonus track du CD, le célèbre Diabolo Menthe (collé carrément en piste N°1), BO du navet de Diane Kurys, du pur Yves Simon, parodique à l'extrême, mais qui finalement fait un peu de bien dans cet album un peu cafouillis entre deux eaux. Et reste adorable.
Yves Simon, ici, n'est pas allé assez loin. Le cul entre deux chaises, mais bientôt, au jeu de la chaise musicale, il n'aura plus d'endroit où poser son cul. Popotin qu'il se remuera d'avantage pour le suivant, qui le verra flirter dangereusement avec les synthés 80's, avec une certaine élégance néanmoins. Mais pour la suite...
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Yves Simon
samedi 24 septembre 2011
#33: Yves Simon "Un Autre Désir"

1977, le punk gronde... même en France. Et voilà notre barbu une deuxième fois largué. Pas compris qu'il fallait envoyer la sauce, il se noie dans des arrangements des plus sophistiqués, sans doute en réponse à la simplicité (au simplisme ?) de ces nouveaux trublions qui le narguent dans son statut de chanteur culte prisé des amateurs de rock. Et se plante parfois : son Histoire de Vaurien, racontant certes merveilleusement le pourquoi du comment du fleurissement des croix gammées sur les cuirs des banlieues mais s'englue dans des soli virtuoses (que le temps a rendus fort sympathiques, ceci dit) de Claude Engel un poil déplacés. Et c'est le défaut de l'album (sans parler de la pochette à l'eau de rose) : les morceaux "enlevés" (Oublie-Moi, Police Parano Blues) sentent un peu la naphtaline, comme ses prises de position politiques (Africain). Pour la première fois, le voilà en retard sur son époque, ou tout du moins en décalage. Sort les synthétiseurs un poil trop tard, ou un poil trop tôt (Lettre A Monsieur Le Receveur de Paris 23).
Et de citer Led Zeppelin, en 1977 !... Et pourtant, après Juliet, la Zelda de Francis Scott Fitzgerald magnifiée dans la chanson du même nom avait bien belle allure. Avec ses mandolines bizarres qui nous envoyaient au Kashmir... Malgré tout, très très beau moment.
Yves Simon a vieilli, les ballades sont dramatiques et désabusées (Tu Ne Dis Plus Rien, Un Autre Désir, ceci dit magnifique à la guitare et l'accordéon), mais touchent encore parfois au sublime, même si passées à la trappe à l'époque (Caroline des Yvelines).
Un changement s'imposa pour Yves Simon, malheureusement peut-être. L'album suivant (Demain Je t'Aime) ira doucement dans ce sens. Avant que d'être, après un dernier bel effort courageux (Une Vie Comme Ca), vraiment trop largué.
La suite au prochain épisode.
Un Fantôme de Paris ?
dimanche 18 septembre 2011
#24: Yves Simon "Macadam"
Allez, un petit Yves Simon pour finir le week-end et bien démarrer la semaine...Soyons clairs : Les Fontaines du Casino - la chanson - est une des plus pures merveilles d'Yves Simon. Nostalgique, touchante, géniale (la batterie qui ne rentre que 30 secondes avant la fin - il nous rafait le coup mais c'est diablement efficace), rajoutez tous les adjectifs que vous voudrez. Un chef d'oeuvre, tout simplement.
Et la suite est à peine moins bien. Après la petite chute de tension de Regarde-Moi, revoilà le Vosgien au meilleur de sa forme (y'a pas à dire, les eaux de Contrexéville, ça requinque !). On n'y compte pas moins de trois moments inoubliables (en plus de la chanson sus-dite, Demain Nous Ne Serons Plus Jamais Seuls et Jungle Gardenia se posent là), un semi-tube (Macadam), une redite (Qu'est-ce Qui Se Passe Aujourd'hui - tu nous l'avais déjà faite avec Paris 75, Yves...), un ratage aussi, certes (Je Ne Saurai Rien De Ta Vie) et le reste à l'avenant.
On sent ici Yves Simon arriver au bout d'une logique, d'une idée (enfin, de pleins d'idées convergentes, plutôt). Et d'une époque (basse/guitare sèche/batterie/claviers). Au final, on en aurait aimé encore quinze comme celui-là. Mais l'époque va changer, et Yves Simon aussi. Et dans cette course effrénée pour être un poil en avance, il ne perdra pieds que bien plus tard. Il reste des belles choses à re-entendre. Stay in tune.
C'est par là.
vendredi 16 septembre 2011
#17 : Yves Simon "En Public Au Théatre de la Ville (avec Transit Express)"

Hmm... celui-là je l'ai volé grâce au lien de Jimmy, les plus filous d'entre-vous l'auront déjà récupéré grâce aux commentaires (comme quoi ça sert de les lire et, pourquoi pas, d'en laisser, aussi). Une découverte, pour moi, que cet album. Où plutôt, un vague souvenir. Il trônait dans le bac des vinyls à 14,90 F chez Carrefour, fin des années 1970, et je l'ai pas phagocyté, à l'époque.
Donc, je le découvre presqu'en même temps que vous. Qu'en dire... Musicalement, pas essentiel. On n'avait pas en France le sens du live qui tue, à cette époque-là. Disons que c'est un résumé du "tour de chant" qu'Yves Simon proposait en 1975. OK, Transit Express joue bien derrière. Mais n'attendez pas de version transcendante des titres connus. Plutôt, et plus simplement, un peu d'intimité avec un artiste peu loquace sur sa création par ailleurs. A ce titre, la très longue intro précédant Sur les Bords de la Moselle est on ne peut plus émouvante. Son humble hommage à David Mc Neil (Odyssée) est tout à son honneur : oser reprendre la musique d'un autre en y collant ses paroles, personne ne se le permettrait plus aujourd'hui. Retenez ce nom, David Mc Neil. Vous en trouverez bientôt ici. Et puis, quand même Regarde-Moi sonne mieux que la version studio, trop bidouillée à coup de chorus/flanger, mal produite.
Ceci dit, il était temps à l'époque de sortir un live. De botter en touche, de poser une virgule. A mon humble avis, comme je l'ai exprimé dans un post précédent, le 3ème album était un cran en dessous des précédents. Fallait se re-saisir. Prendre le temps. Faire patienter. C'est marrant d'ailleurs de constater, dans ce live, combien il y a de vieilles chansons du premier album - et pas que les tubes (Rue de la Huchette, Sur les Bords de la Moselle...). Moment de doute ?
Alors que le live à Tokyo, précédemment posté, constitue un testament de ce qu'aura été Yves Simon en public et au sommet de son art dans les 70's, un feu d'artifice glorieux, celui-ci reste une parenthèse, un moment rare, mais pas inoubliable. Rare, dans tous les sens du terme. Les complétistes apprécieront, les autres pourront rester indifférents. Touchant, quand même par ses maladresses et son côté à fleur de peau. Entendez par là que y'a de l'émotion qui circule, mais pas de quoi vénérer la chose. C'est vendredi soir, il y a d'autres choses à faire que de télécharger des mp3.
Mais plutôt que de regarder la télé...
Allez, je fais un effort, voici la track-list :
01 - L'odyssée
02 - Le Joueur d'Accordéon
03 - Sur les Bords de la Moselle
04 - Demain nous ne Serons plus Jamais Seuls
05 - Regarde-Moi
06 - Au Pays des Merveilles de Juliet
07 - Rue de la Huchette
08 - J'ai Rêvé New York
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En Public Au Théatre De La Ville,
Yves Simon
jeudi 15 septembre 2011
#16 : Yves Simon "Regarde-Toi"

Première déception dans sa discographie : c'est lui qui le dit : "Vous marchiez Juliet sur le bord de l'eau avec la vendeuse des bagues du métro, tout ce que j'ai dit s'est enfui" (Tout Ce Que J'ai Dit). En effet, rien de mémorable dans cet album. Pire encore, en 2011, les "sillons de polyvinyl noir" et la description protestataire du Paris 75 sont ma foi bien datés.
Le savoir-faire est encore là, et les amateurs d'arrangements datés (Yves Simon n'est plus en avance sur son époque, il est juste en plein dedans, ceci dit c'est déjà pas mal) mais fort sympathiques y trouveront leur compte. Pour ma part, je trouve que l'album sent la recette, malgré la beauté des moments acoustiques : OK, Yves, t'as voyagé, tu nous sors plein de noms de villes où on n'ira jamais - ou plus tard - quand on aura trente ans, mais ça suffit pas, ça suffit plus. Et puis, tes intonations à la Gainsbourg, là, mouais...
Rien que la pochette, le voilà assis parterre, sur ses lauriers. Premier symptôme des dommages à venir. Mais bon, on en est encore au stade de la rougeole, le pire est à venir et il y a encore du très bon avant l'horreur des années 1980. Un album agréable, voilà... une pierre dans l'édifice, malgré tout.
Et puis, rien que pour Petite Mauve, ça vaut le coup...
mardi 13 septembre 2011
#13 : Yves Simon "Respirer, Chanter"

Sans doute boosté par le succès d'Au Pays des Merveilles de Juliet, qui après des errements l'a mené à la reconnaissance (et au succès, mais c'est la reconnaissance qui importe), l'album suivant, Respirer, Chanter transforme l'essai. Yves Simon a pris confiance en lui, réitère le gimmick du funk-folk de Juliet dans J'ai Rêvé New-York et a compris que ses ballades narratives (Manhattan, Moi Je Sais Un Jour Tu Iras...) pourraient idéalement devenir sa marque de fabrique. A ce titre, Clo Story est une merveille de délicatesse, de surréalisme et de... "ô combien d'amours tendres j'ai rêvées" (pour citer Rimbaud).
Les arrangements sont un rêve. Un titre comme Demain Nous Ne Serons Plus Jamais Seuls avec sa lente progression acoustique et son final en feu d'artifice mériteraient largement de figurer dans un éventuel panthéon de la Bonne Chanson (pour citer Verlaine).
N'hésitant pas à hausser le ton, limite rock sur Le Joueur d'Accordéon, Yves Simon se retrouve avec cet album sur une donne gagnante : tous les atouts sont dans ses mains. C'est véritablement l'album qui défriche et invente tout ce qui, par la suite, va fonctionner. Finis les quelques maladresses, tout est là.
Par la suite, Yves Simon exploitera cette recette magique : les albums suivants, jusqu'à Un Autre Désir, n'apportant que (mais c'est déjà beaucoup) diverses déclinaisons des climats explorés ici, avec souvent l'expérience et la maîtrise en plus - donc attendez-vous quand même à de grands moments pour la suite.
La suite... jusqu'en 1981 où, comme tout le monde ou presque, il tentera courageusement d'aller de l'avant en utilisant abondamment les synthétiseurs. Dommage... Mais on en est pas encore là, ici, on est face à ce qui pourrait être son album définitif.
Si vous ne deviez n'en écouter qu'un...
dimanche 11 septembre 2011
#11 : Yves Simon "Au Pays des Merveilles de Juliet"

Suite au post du live à Tokyo, je suis retombé dans la discographie d'Yves Simon, que j'ai visiblement la chance de posséder presque en intégralité en CD (Ca se fourgue à 50 € sur Price Minister !), alors autant en faire profiter la blogosphère. Je compte bien vous distiller les premiers albums, jusqu'à USA/USSR au moins, sorti en 1983 et marquant la fin d'une période, ces prochaines semaines. Le reste est bien moins intéressant, mais s'il y a des collectionneurs, pourquoi pas... Tiens, d'ailleurs, je viens de voir sur wikipedia qu'il y aurait un autre album live, enregistré en 1975, Concert au Théâtre de la Ville, si quelqu'un l'a celui-là, je suis preneur.
Voici en attendant Au Pays des Merveilles de Juliet, son premier album pour RCA, sorti en 1973. Yves Simon avait auparavant déjà tenté sa chance chez Phillips (je crois), mais ses premières chansons, dont certaines ont été compilées sur un affreux "Master Series", sont franchement gnan-gnan et manquent cruellement d'intérêt, même historique...
On ne peut donc qu'être épaté par ce premier vrai effort, qui reprend les Gauloises Bleues, sorti l'année d'avant en 45 tours, et le morceau éponyme, typique de l'univers d'Yves Simon. D'autres chefs d'oeuvre, moins connus, se baladent sur la galette, comme Sur les Bords de la Moselle (qui préfigure Manhattan dans le rythme folky, et rappelle un peu le Graeme Allwright d'Emmène-Moi, bucolique et tendre à la fois...) ou encore les Bateaux du Métro. Bon, pour être tout à fait honnête, certaines chansons manquent encore de maturité et lorgnent encore un peu du côté protest-song façon Maxime le Forestier, qui sonnent un peu datées (Les Promoteurs), mais quand même, ça le fait. L'univers d'Yves Simon est là, prêt à se développer au fil des années 70.
Mais je vous laisse redécouvrir tout ça en attendant le suivant, Respirer, Chanter... encore plus abouti et qui le verra rêver New-York.
En attendant, embarquez au pays des merveilles de Juliet...
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Au pays des merveilles de Juliet,
Yves Simon
dimanche 4 septembre 2011
#7 : Yves Simon "Concert à Tokyo"
Ce post fait suite à celui du Club des Mangeurs de Disques, qui propose une belle compile d'Yves Simon, et constate que ce dernier est peu présent sur la blogosphère. C'est sûr que c'est hype de vénérer Gainsbourg, évident d'adorer Bashung et obligatoire de considérer que Brel/Brassens/Ferré sont les trois piliers de notre culture phrankofone. Au-delà de ça, on oublie vite... OK, Yves Simon a flirté avec la variétoche tubesque (Diabolo Menthe) et passe sur Radio Nostalgie plus souvent que Manset. Mais n'empêche... Si tout ça date un peu, quels textes ! quelle musique ! Peut-être un peu trop prompt à citer ses influences ("...en écoutant Kashmir de Led Zeppelin"), un chouia intello (Yves Simon a écrit un bouquin très sympa, Océans, et d'autres bien plus pénibles et prétentieux, je vous l'accorde), Yves Simon est de plus tombé dans le synthétiseur FM au début des années 80, ce qui ne l'a pas aidé à soigner son image. Un album atroce en 1988 (je crois) a fini de le plomber. Un retour du genre trip hop à la fin des années 90 raté, et exit l'artiste (même si son dernier CD est bien sympathique, mais voilà...). Hé Yves, t'avais pas compris que ce qu'on aimait chez toi c'était les arrangements acoustiques, les ballades intimistes et les textes un peu surréalistes ?
Pour ceux qui voudraient tenter le coup, et pour les afficionados, voici un rip du live à Tokyo, à ma connaissance jamais reédité en CD, qui comme souvent pour les albums en public marquent la fin d'une époque. Sorti en 1977, il démontre que oui, la chanson française s'exporte bien, du moment que le talent est là. Magnifiquement accompagné par son groupe de l'époque, Transit Express, Yves Simon balance aux nippons un set exemplaire, jonglant entre les chansons intimistes et les morceaux bien enlevés, et se met le public dans la poche (la version a cappella d'Au Pays des Merveilles de Juliet est mémorable), sans pour autant se la jouer "Best Of Live", même si, évidemment, les standards clôturent le set.
S'il y a des amateurs, d'autres albums suivront.
C'est ici, profitez-en.
Tracklisting :
01 - Qu'est-ce qui s'passe aujourd'hui
02 - Raconte-toi
03 - Manhattan
04 - Regarde-moi
05 - Les héros de Barbès
06 - Paris 75
07 - Le joueur d'accordéon
08 - Présentation
09 - J'ai rêvé New York
10 - Au pays des merveilles de Juliet
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