Salut les Copains (vieux dicton) !
Eh oui, je suis bien plus absent que présent sur ce blog, même si je le laisse sous perfusion pour quelques coups de gueule, les concours des blogueurs mangeurs de disques et puis en gros basta.
Je reste néanmoins admiratif de l'intrépide ténacité de ceux que vous connaissez (Jimmy, le Zornophage qui je l'espère durant notre cohabitation a repris un peu de coeur à l'ouvrage plutôt que de faire des réunions tupperware sur amazon - il vaut largement mieux que ça, etc.), et je pleure ceux tombés pour des raisons dont on pourrait disserter sans fin mais bon, choisis ton camp camarade.
Alors, la bonne nouvelle (pour moi) : je vais bien, merci, enfin je pense. Donc pas d'inquiétude là-dessus.
Par contre, je suis en passe de réaliser un des rêves de ma vie, en dehors du succès phénoménal des Cowboys Etanches dont j'aurai la pudeur de ne pas vous parler ici car je l'ai déjà fait quinze fois (quand j'entends succès phénoménal je veux bien évidemment dire qu'en ce moment, 2-3 dates rigolotes sont vaguement prévues, et ça suffit à mon bonheur). Non, je suis sans doute rétrograde avancé mais figurez-vous que je me lance dans la radio, avec une émission que je veux décalée et sarcastique, sur une des (dernières ?) radios libres de notre beau pays. Evidemment l'audience n'est pas la même mais je vais - enfin - trouver ce divin plaisir que de causer devant un micro pour raconter des âneries et contribuer à faire découvrir (peut-être) Zappa, Robert Wyatt, et tant d'autres, auprès de gens près de chez moi qui en ignorent peut-être encore l'existence. Pour l'ami Echiré79, c'est de D4B dont je parle, ça doit lui parler.
Alors tout se télescope en ce moment : un boulot vraiment pas facile, le grand concours, la radio, les Cowboys, bref, c'est chaud bouillant.
Donc, mes petits chéris, je vous aime toujours autant mais je vous prie de m'excuser de ne pas être mono-tâche ni exclusif de ce blog comme j'ai pu l'être. Toute mon admiration, encore une fois, à ceux qui continuent malgré tout et contre vents et marées à défendre avec rage et passion ce qu'on sait tous via internet. Je suis, et resterai des vôtres mais j'ai besoin de m'oxygéner dans le local, dans le quotidien, et j'espère que vous ne prendrez pas cela pour une trahison.
J'arrête, j'ai l'impression de faire un discours politique, ça m'énerve.
Je vous bise tous, et à très bientôt.
Jeepee
J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.
Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?
- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -
jeudi 14 novembre 2013
dimanche 10 novembre 2013
#168 : Bob Dylan "World Gone Wrong (remastered)"
Au fond du trou.
Suite à une gros grosse série d'albums dispensables pour qui n'est pas/n'a pas su entrer dans son univers, Dylan arrête tout. Crée le buzz un instant avec Good As I Been To You, parce que se produisant seul à la guitare sèche, comme à ses débuts mais... point de Blowin' In The Wind dans tout ça, juste des reprises dont on ne sait trop d'où elles sortent. Alors, le buzz, passé quinze jours, terminé. On est en 1992, Nirvana déboule avec son Nevermind, on a bien d'autres choses à faire, pour rester poli...
Alors, imaginez lorsqu'un an plus tard déboule ce World Gone Wrong. On aura pu s'interroger un instant sur la pochette, l'une des plus belles (ou des moins moches, c'est selon) de sa carrière, mais quand le bling-blang redéboule, il n'y a plus personne. D'autant que si le mixage de Good As I Been To You tentait de camoufler la solitude d'un Bob tout seul avec sa guitare en amplifiant les basses fréquences, ici le Zim semble avoir clairement expliqué la situation à l'apprenti ingénieur du son derrière les manettes (qui aurait voulu s'occuper d'un truc pareil, par ailleurs ?). Ca grince dès le départ. Dans les dents. Le monde est parti de travers. World Gone Wrong. Kurt Cobain est à deux doigts de se mettre le pétard sur la tempe. Le grunge, c'est déjà presque terminé. Qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?
Les Mississipi Sheiks, au hasard. Blind Willie Mc Tell, toujours. Et la légende de Stack-a-Lee, peu importe l'orthographe qu'on lui donne. Et Jack-a-Roe. Il n'est plus question ici d'être aussi bon qu'il l'a été pour vous en vous présentant des vieilleries ma foi jolies. Tout est parti de travers, et les notes de pochettes de l'album sont explicites. Le (déjà) vieux Zim en prend acte, et donne ici - à sa façon - le départ du never ending tour. Qu'il déclare depuis longtemps clos (depuis le départ du guitariste G.E. Smith, l'animal est précis...).
Puisque tout cela n'a plus aucun sens, autant tourner autour du pot jusqu'à ce que mort s'en suive, autant tourner autour du lampadaire, sans jamais s'y cramer car l'animal est adroit.
A ce jour, le lampadaire vacille mais éclaire encore vaguement un ciel sans lune. Un ciel sans lune qui n'a jamais été mieux dépeint que dans cet album définitif.
Un an plus tard, Kurt Cobain reprendra le In The Pines, idiotement renommé Where Did You Sleep Last Night de Leadbelly (tiens donc !) parce que couplet/refrain (ou copyright/copytheft ? oblige), se tirera une balle et voilà. World Gone Wrong, il vous l'a dit, non ?
Sitting On Top Of The World... comme toujours...
Suite à une gros grosse série d'albums dispensables pour qui n'est pas/n'a pas su entrer dans son univers, Dylan arrête tout. Crée le buzz un instant avec Good As I Been To You, parce que se produisant seul à la guitare sèche, comme à ses débuts mais... point de Blowin' In The Wind dans tout ça, juste des reprises dont on ne sait trop d'où elles sortent. Alors, le buzz, passé quinze jours, terminé. On est en 1992, Nirvana déboule avec son Nevermind, on a bien d'autres choses à faire, pour rester poli...
Alors, imaginez lorsqu'un an plus tard déboule ce World Gone Wrong. On aura pu s'interroger un instant sur la pochette, l'une des plus belles (ou des moins moches, c'est selon) de sa carrière, mais quand le bling-blang redéboule, il n'y a plus personne. D'autant que si le mixage de Good As I Been To You tentait de camoufler la solitude d'un Bob tout seul avec sa guitare en amplifiant les basses fréquences, ici le Zim semble avoir clairement expliqué la situation à l'apprenti ingénieur du son derrière les manettes (qui aurait voulu s'occuper d'un truc pareil, par ailleurs ?). Ca grince dès le départ. Dans les dents. Le monde est parti de travers. World Gone Wrong. Kurt Cobain est à deux doigts de se mettre le pétard sur la tempe. Le grunge, c'est déjà presque terminé. Qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?
Les Mississipi Sheiks, au hasard. Blind Willie Mc Tell, toujours. Et la légende de Stack-a-Lee, peu importe l'orthographe qu'on lui donne. Et Jack-a-Roe. Il n'est plus question ici d'être aussi bon qu'il l'a été pour vous en vous présentant des vieilleries ma foi jolies. Tout est parti de travers, et les notes de pochettes de l'album sont explicites. Le (déjà) vieux Zim en prend acte, et donne ici - à sa façon - le départ du never ending tour. Qu'il déclare depuis longtemps clos (depuis le départ du guitariste G.E. Smith, l'animal est précis...).
Puisque tout cela n'a plus aucun sens, autant tourner autour du pot jusqu'à ce que mort s'en suive, autant tourner autour du lampadaire, sans jamais s'y cramer car l'animal est adroit.
A ce jour, le lampadaire vacille mais éclaire encore vaguement un ciel sans lune. Un ciel sans lune qui n'a jamais été mieux dépeint que dans cet album définitif.
Un an plus tard, Kurt Cobain reprendra le In The Pines, idiotement renommé Where Did You Sleep Last Night de Leadbelly (tiens donc !) parce que couplet/refrain (ou copyright/copytheft ? oblige), se tirera une balle et voilà. World Gone Wrong, il vous l'a dit, non ?
Sitting On Top Of The World... comme toujours...
jeudi 31 octobre 2013
#167 : The Waterboys "Fisherman's Box"
Il va falloir vous dépêcher si vous ne comptez pas acheter la chose. Le lien vacillera vite. Je n'ai plus l'énergie de poster - vous l'avez remarqué - et encore moins de ripper, uploader, vérifier... etc.
Ceci dit, cela n'est pas tous les jours que le Saint-Graal passe devant votre porte.
Ce coffret, j'en ai rêvé, et même plus, je n'ai plus osé en rêver. Même pas possible. Passe le temps, et l'impossibilité du truc n'a fait que se rigidifier dans le manque d'importance croissant de l'album originel, Fisherman's Blues. Qu'en est-il aujourd'hui de ce disque ? Un machin pas trop raté dans les années 1980 grâce à l'orientation folk du truc, mais avec le temps, on est allé tellement plus loin sur ce terrain qu'on pourrait penser que cette pulsion originelle, osée car au mauvais moment, ne reste plus qu'une anecdote pour vieux cons usés à l'époque par ce putain d'écho sur la caisse claire, qu'ils ne trouvèrent pas ici, ni même que ces guitares à l'écho baveux pourtant estampillé irlandais par les improbables U2.
Alors ?
Alors, au fin fond de la campagne, un vieux con pleure de bonheur.
Ayant déjà frisé l'infarctus lors de la réédition Deluxe, il s'étonne d'être encore de ce monde en écoutant les Windmill Lane sessions (qu'il avait déjà en pirate, mais les palliers sont indispensables lors de ce genre d'événément), oops, le premier CD de cette chouette collection.
Et voici que le 2ème CD s'emballe dans la platine et...
...oui, c'est sympa, mais là, le vieux con se met à pleurer. Et doit admettre cette triste constatation.
Tout cela reste très sympa, mais au final témoigne du fait que Mike Scott aura mis deux ans à produire un album, légendairement issu de sessions diverses, variées, fructueuses... bôf. Au final, les quatre-cinq idées du disque sont ici répétées 15000 x, et peu importe la reprise, le thème qu'elles embrassent.
Certes, cela rappelle le travail de recherche de Dylan dans les Basement Tapes, mais au final, contrairement au vieux Bob, l'édition de ces choses n'apporte rien, sinon le fait que l'album reste toujours parfait, que Mike Scott à l'époque avait fait le bon choix, et qu'il apparait même gênant de le voir ici errer, alors que l'original était une roquette, une balle en plein coeur, un chef-d'oeuvre incontournable, parce que dosage parfait, enchaînements à pleurer, tout ça tout ça.
Lorsque vous dégustez un foie gras à Noël, vous est-il vraiment indispensable de visionner d'abord un reportage sur le gavage des canards, leur abattage, l'éviscèrement ? Je ne crois pas.
L'histoire avait retenu un chef-d'oeuvre, là voilà tourneboulée par une révision drastique de la chose. Ou plutôt une mise à disposition d'un making-of plutôt laborieux, qui plombe la légende plus qu'elle ne la sert.
Et le vieux con de continuer de pleurer.
Ceci dit, cela n'est pas tous les jours que le Saint-Graal passe devant votre porte.
Ce coffret, j'en ai rêvé, et même plus, je n'ai plus osé en rêver. Même pas possible. Passe le temps, et l'impossibilité du truc n'a fait que se rigidifier dans le manque d'importance croissant de l'album originel, Fisherman's Blues. Qu'en est-il aujourd'hui de ce disque ? Un machin pas trop raté dans les années 1980 grâce à l'orientation folk du truc, mais avec le temps, on est allé tellement plus loin sur ce terrain qu'on pourrait penser que cette pulsion originelle, osée car au mauvais moment, ne reste plus qu'une anecdote pour vieux cons usés à l'époque par ce putain d'écho sur la caisse claire, qu'ils ne trouvèrent pas ici, ni même que ces guitares à l'écho baveux pourtant estampillé irlandais par les improbables U2.
Alors ?
Alors, au fin fond de la campagne, un vieux con pleure de bonheur.
Ayant déjà frisé l'infarctus lors de la réédition Deluxe, il s'étonne d'être encore de ce monde en écoutant les Windmill Lane sessions (qu'il avait déjà en pirate, mais les palliers sont indispensables lors de ce genre d'événément), oops, le premier CD de cette chouette collection.
Et voici que le 2ème CD s'emballe dans la platine et...
...oui, c'est sympa, mais là, le vieux con se met à pleurer. Et doit admettre cette triste constatation.
Tout cela reste très sympa, mais au final témoigne du fait que Mike Scott aura mis deux ans à produire un album, légendairement issu de sessions diverses, variées, fructueuses... bôf. Au final, les quatre-cinq idées du disque sont ici répétées 15000 x, et peu importe la reprise, le thème qu'elles embrassent.
Certes, cela rappelle le travail de recherche de Dylan dans les Basement Tapes, mais au final, contrairement au vieux Bob, l'édition de ces choses n'apporte rien, sinon le fait que l'album reste toujours parfait, que Mike Scott à l'époque avait fait le bon choix, et qu'il apparait même gênant de le voir ici errer, alors que l'original était une roquette, une balle en plein coeur, un chef-d'oeuvre incontournable, parce que dosage parfait, enchaînements à pleurer, tout ça tout ça.
Lorsque vous dégustez un foie gras à Noël, vous est-il vraiment indispensable de visionner d'abord un reportage sur le gavage des canards, leur abattage, l'éviscèrement ? Je ne crois pas.
L'histoire avait retenu un chef-d'oeuvre, là voilà tourneboulée par une révision drastique de la chose. Ou plutôt une mise à disposition d'un making-of plutôt laborieux, qui plombe la légende plus qu'elle ne la sert.
Et le vieux con de continuer de pleurer.
samedi 21 septembre 2013
#166: Frank Zappa "Civilization Phase III"
Je m'attaque à du lourd, du présumé indigeste. Le dernier album de Zappa, sorti, si ma mémoire ne m'abuse pas, post-mortem, et tout interprété au Synclavier, ancêtre clavier des possibilités quasi-infinies offertes aujourd'hui pars des logiciels divers et variés (voyez par exemple Komplete chez Native Instruments, si le "son" est votre seul problème...).
Donc, ici, pas de ces mélanges live/studio, bêtises à trois balles/soli qui tuent. Du contemporain, pourrais-je dire. Sans doute nos amis maîtrisant Boulez et Messian sont-ils ici en terrain conquis, voire vomi, mais moi je n'y suis pas. Je demeure un fan ébahi de Stinkfoot et Don't Eat The Yellow Snow (j'ai reécouté Apostrophe hier, quel putain d'album, quand même), même si je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il faut commencer par un Zappa "abordable". Bande de tarlouzes, j'ai démarré avec Uncle Meat, alors vous le pouvez aussi !
Civilization, c'est autre chose. Le Zappa a la prostate flinguée, l'espérance de vie réduite au stricte minimum, et, par chance, n'ayant sans doute plus la force de faire ça on stage, profite dans ses derniers instants d'un balbutiement technologique qui lui permet de supporter sa chimio en continuant à composer, envoyer, balancer, directement de chez lui, sans ces galères de location de studio, d'embauche de musicos qui, au début des années 1990, ne devaient guère être nombreux à vouloir tenter le coup.
L'heure était au grunge, cette espèce de punk avec cheese-burgers et bermudas, et donc, définitivemet intolérante à l'idée d'un donut avec Varese, surtout s'il fallait se fader de vieux briscards jazz-rockeux que le désherbage massif du punk-rock n'avait pas réussi à écarter.
Alors, Frank Zappa est mort.
Alors, Civilization Phase III est malgré tout sorti, et a procuré l'effet d'un disque de Yes pendant l'entr'acte d'un concert entre Adam & The Ants et Nina Hagen.
Aujourd'hui, nous sommes en 2013 et toutes ces choses n'ont plus d'importance. Les premières mesures au Synclavier mettent en évidence qu'on n'a guère fait de progrès en matière de sampling, et que - surtout - le bouton Quantize qui permet à chaque apprenti DJ de faire sonner n'importe quel loop de je-ne-sais-pas-qui avec le prochain morceau electro n'a ici jamais été pressée. Facile, elle n'existait sans doute pas.
Aujourd'hui, cet album sonne merveilleusement mieux qu'à l'époque. Habitués aux sonorités numériques, on arrive peut-être enfin à retrouver le Zappa qui se cache derrière, le nez sur les patoches, la moustache altérée par la chimiothérapie certes, mis toujours ces intermèdes comme au bon vieux temps d'Uncle Meat. Rester muet devant le fait que rien ici n'est improvisé, mais simplement (?) issu de la défunte cervelle du Maître, qui coucha jadis ces partitions sur son Synclavier, note par note. Des choses injouables, par moments, par n'importe desquels des musiciens qu'il a pu contacter au bon vieux temps où la musique était jouée par des musiciens. jette sur ces modestes ordinateurs, et sort ici l'oeuvre ultime. Datée, certes, donc ultime, uniquement un temps. Mais ce temps peut aujourd'hui ne toujours pas sembler si déplacé que cela.
Et ressentir, aussi, le fait que cela sent le sapin. Un semblant de mélancolie dans l'absurde. Et prendre en pleine face ce dernier hymne, Amerikka. Comme un hommage à Harry Smith. Chaque note est jouée par un instrument différent, ou presque. World Music ?
N'étant plus contraint par cela, étant juste contraint par le temps qui finirait par ne plus passer, Zappa se jette sur ces modestes ordinateurs, et sort ici l'oeuvre ultime. Datée, certes, donc ultime, uniquement un temps. Mais ce temps peut aujourd'hui ne toujours pas sembler si déplacé que cela.
Et tout cela au hasard, tiens, là, je suis en train de kiffer bêtement sur I Was In A Drum. Mais d'autres monuments l'ont précédé.
Ecoutez donc Civilization.
Et posez-vous la question de ce que l'on fabrique, aujourd'hui, avec des ordinateurs 1000 x plus puissants, des logiciels 1000 x plus conviviaux.
Celui qui oserait une oeuvre ne serait-ce que cent fois moins ambitieuse que celle-là me laisserait déjà sans voix.
Autant dire qu'à ce niveau, cela me laisse sans texte.
Hot & Putrid.
Donc, ici, pas de ces mélanges live/studio, bêtises à trois balles/soli qui tuent. Du contemporain, pourrais-je dire. Sans doute nos amis maîtrisant Boulez et Messian sont-ils ici en terrain conquis, voire vomi, mais moi je n'y suis pas. Je demeure un fan ébahi de Stinkfoot et Don't Eat The Yellow Snow (j'ai reécouté Apostrophe hier, quel putain d'album, quand même), même si je ne suis pas de ceux qui pensent qu'il faut commencer par un Zappa "abordable". Bande de tarlouzes, j'ai démarré avec Uncle Meat, alors vous le pouvez aussi !
Civilization, c'est autre chose. Le Zappa a la prostate flinguée, l'espérance de vie réduite au stricte minimum, et, par chance, n'ayant sans doute plus la force de faire ça on stage, profite dans ses derniers instants d'un balbutiement technologique qui lui permet de supporter sa chimio en continuant à composer, envoyer, balancer, directement de chez lui, sans ces galères de location de studio, d'embauche de musicos qui, au début des années 1990, ne devaient guère être nombreux à vouloir tenter le coup.
L'heure était au grunge, cette espèce de punk avec cheese-burgers et bermudas, et donc, définitivemet intolérante à l'idée d'un donut avec Varese, surtout s'il fallait se fader de vieux briscards jazz-rockeux que le désherbage massif du punk-rock n'avait pas réussi à écarter.
Alors, Frank Zappa est mort.
Alors, Civilization Phase III est malgré tout sorti, et a procuré l'effet d'un disque de Yes pendant l'entr'acte d'un concert entre Adam & The Ants et Nina Hagen.
Aujourd'hui, nous sommes en 2013 et toutes ces choses n'ont plus d'importance. Les premières mesures au Synclavier mettent en évidence qu'on n'a guère fait de progrès en matière de sampling, et que - surtout - le bouton Quantize qui permet à chaque apprenti DJ de faire sonner n'importe quel loop de je-ne-sais-pas-qui avec le prochain morceau electro n'a ici jamais été pressée. Facile, elle n'existait sans doute pas.
Aujourd'hui, cet album sonne merveilleusement mieux qu'à l'époque. Habitués aux sonorités numériques, on arrive peut-être enfin à retrouver le Zappa qui se cache derrière, le nez sur les patoches, la moustache altérée par la chimiothérapie certes, mis toujours ces intermèdes comme au bon vieux temps d'Uncle Meat. Rester muet devant le fait que rien ici n'est improvisé, mais simplement (?) issu de la défunte cervelle du Maître, qui coucha jadis ces partitions sur son Synclavier, note par note. Des choses injouables, par moments, par n'importe desquels des musiciens qu'il a pu contacter au bon vieux temps où la musique était jouée par des musiciens. jette sur ces modestes ordinateurs, et sort ici l'oeuvre ultime. Datée, certes, donc ultime, uniquement un temps. Mais ce temps peut aujourd'hui ne toujours pas sembler si déplacé que cela.
Et ressentir, aussi, le fait que cela sent le sapin. Un semblant de mélancolie dans l'absurde. Et prendre en pleine face ce dernier hymne, Amerikka. Comme un hommage à Harry Smith. Chaque note est jouée par un instrument différent, ou presque. World Music ?
N'étant plus contraint par cela, étant juste contraint par le temps qui finirait par ne plus passer, Zappa se jette sur ces modestes ordinateurs, et sort ici l'oeuvre ultime. Datée, certes, donc ultime, uniquement un temps. Mais ce temps peut aujourd'hui ne toujours pas sembler si déplacé que cela.
Et tout cela au hasard, tiens, là, je suis en train de kiffer bêtement sur I Was In A Drum. Mais d'autres monuments l'ont précédé.
Ecoutez donc Civilization.
Et posez-vous la question de ce que l'on fabrique, aujourd'hui, avec des ordinateurs 1000 x plus puissants, des logiciels 1000 x plus conviviaux.
Celui qui oserait une oeuvre ne serait-ce que cent fois moins ambitieuse que celle-là me laisserait déjà sans voix.
Autant dire qu'à ce niveau, cela me laisse sans texte.
Hot & Putrid.
lundi 2 septembre 2013
#29Z: En quittant Jeepeedee...
Amis de la blogosphère, bonjour.
Jeepeedee ayant finalement décidé de refaire surface, mais prévoyant, de mon côté, d'être très occupé par mon nouveau projet, c'est le cœur lourd que je livre mon ultime billet pour cette excellente maison. Je vous donne désormais tous rendez-vous sur Le Zornophage (ça démarre aujourd'hui) et Mange mes disques (jusqu'à quand, on verra).
Mais, parce que je ne pouvais décemment pas partir sans une dernière offrande, c'est avec un intense plaisir que je vais parler maintenant d'un groupe qui, je l'espère, plaira au Maître des Lieux : ZZ TOP !
Quelques mots sur le groupe :
Ha ! ZZ Top (prononcez "zizi" comme la chanson de Pierre Perret mais avec beaucoup plus de poils !) ! Le Texas, les barbes, les filles, les bagnoles et les guitares en peluche... Oui, c'est tout ça ZZ Top si vous vous en tenez à l'acceptation "MTV" du trio. Une définition sommaire qui ne tient, finalement, que pour 2/3 albums, d'Eliminator à Recycler, de 1983 à 1990... C'est un peu court pour une carrière couvrant 4 décennies, trop court pour s'en contenter.
Déjà il y a le miracle d'une formation inchangée (sauf à considérer la phase archéologique du groupe, sa préhistoire, avant même leur premier album)... En trio, vous me direz, c'est moins difficile mais, tout de même, ce n'est pas si courant.
Autre quasi-anomalie, une presque absence d'album live (pour un groupe pourtant fort incisif dans l'exercice), il y a bien une petite moitié de Fandango (1975), quelques autres sur XXX (1999) et deux semi-officiels chez Eagle Rock (sortis respectivement en 2008 et 2011, pas la panacée, ces derniers d'ailleurs)... C'est peu.
Comme de n'avoir sorti que 15 albums en quarante et quelques années (avec un trou de neuf ans entre Mescalero et La Futura, ça fait baisser la moyenne) pour, pourtant, une musique qu'on imagine vite troussée, pensez !, du blues rock ! Mais c'est, justement, dans la simplicité de la formule que s'explique la difficulté du renouvellement (demandez à AC/DC ce qu'ils en pensent !).
Pour toutes ces raisons, et quelques autres encore, il n'est pas inutile de cheminer le long de la route tracée par Billy Gibbons, Dusty Hill et Frank Beard lors de la première partie de leur carrière, celle correspondant aux années Warner Bros et est justement couverte par le (chiche) coffret ici commenté.
Et donc...
Quelques mots sur chaque album :
ZZ Top's First Album (1971)
A peine un an et demi que le trio est réuni et déjà un premier album. Un album hésitant, incertain mais où les germes du son du plus grand groupe texan de tous les temps sont déjà bien présents. C'est donc de blues gras mais pas sans nuance dont il s'agit avec, en tête de gondole, la guitare toute en fuzz et en feu de Billy Gibbons.
S'il n'y a pas vraiment de classique sur ce First Album, on y retrouve cependant 10 solides chansons non-exemptes de l'humour déjà graveleux (ça ne fera que s'accentuer) des trois de Houston.
A noter l'usage du mix d'origine, inédit en cd jusqu'à ce jour, pour cette édition qui restaure donc l'opus dans son originale crudité... Et c'est très bien comme ça !
1. (Somebody Else Been) Shaking Your Tree 2:32
2. Brown Sugar 5:22
3. Squank 2:46
4. Goin' Down to Mexico 3:26
5. Old Man 3:23
6. Neighbor, Neighbor 2:18
7. Certified Blues 3:25
8. Bedroom Thang 4:37
9. Just Got Back from Baby's 4:07
10. Backdoor Love Affair 3:20
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Rio Grande Mud (1972)
Dans la boue du Rio Grande, on retrouve un ZZ Top inchangé, parangon d'un blues gras, franc et pas si bêta qu'il n'y parait.
En son temps, l'album aura aussi peu de retentissement que son devancier avec lequel il rivalise d'ailleurs en qualité. Manquait sûrement un single accrocheur, cette petite étincelle qui fait sortir une formation de la masse de ses concurrents... Ca viendra, bientôt !
En attendant, comme pour le ZZ Top's First Album, on apprécie la restauration du mix originel et donc d'un son bien roots qui sied définitivement mieux à cette musique que son "update" 80s.
1. Francine 3:33
2. Just Got Paid 4:49
3. Mushmouth Shoutin' 3:41
4. Ko Ko Blue 4:56
5. Chevrolet 3:47
6. Apologies to Pearly 2:39
7. Bar-B-Q 3:34
8. Sure Got Cold After the Rain Fell 7:39
9. Whiskey'n Mama 3:20
10. Down Brownie 2:53
Frank Beard – drums, percussion
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass guitar, keyboards, vocals
Tres Hombres (1973)
Premier classique et album de l'explosion commerciale des trois texans, Tres Hombres est toujours, 4 décennies après sa sortie, une galette indispensable aux amateurs de blues électrifié.
Tout y est un égal bonheur à commencer par Jesus Left Chicago, Beer Drinkers & Hell Raisers (bientôt repris par Motörhead) et, évidemment, l'indéboulonnable classique qu'est La Grange.
ZZ Top finira éventuellement par dépasser ce premier haut-fait (avec l'excellent Degüello), mais de peu.
En un mot comme en mille : essentiel !
1. Waitin' for the Bus 2:59
2. Jesus Just Left Chicago 3:30
3. Beer Drinkers & Hell Raisers 3:23
4. Master of Sparks 3:33
5. Hot, Blue and Righteous 3:14
6. Move Me on Down the Line 2:32
7. Precious and Grace 3:09
8. La Grange 3:52
9. Shiek 4:05
10. Have You Heard? 3:15
Billy Gibbons – guitar, vocals, slide guitar
Dusty Hill – bass guitar, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Fandango ! (1975)
Mi-live, mi-studio, mais intégralement composé de matériau original ou presque (voir le medley incluant quelques extraits de leur catalogue passé), Fandango! est un drôle d'animal.
La face live bouillonne des interventions d'un Billy Gibbons dans une captation alliant crudité et savoir-faire (du vrai live, quoi !) quand la face studio propose une impeccable collection de compositions désormais référentielles dans le répertoire du trio : l'énergique et groovy Nasty Dogs and Funky Kings, le magnifique blues calme Blue Jean Blues ou le direct et efficace boogie Tush (au riff outrageusement plagie par Motörhead sur No Class).
Comme son devancier, Fandango! est un album classique et un essentiel pour tous les amateurs du genre.
1. Thunderbird 4:08
2. Jailhouse Rock 1:57
3. Backdoor Medley 9:25
4. Nasty Dogs and Funky Kings 2:42
5. Blue Jean Blues 4:43
6. Balinese 2:39
7. Mexican Blackbird 3:07
8. Heard it on the X 2:24
9. Tush 2:15
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass guitar, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Tejas (1976)
Avis partagés pour le 5ème album de Gibbons & Co.
Si tout y est excellemment joué, ces gars savent définitivement faire !, on regrettera une totale absence de morceaux classiques.
C'est néanmoins un album qui s'écoute avec un vrai plaisir d'autant qu'on le retrouve ici dans son mix originel et plus dans l'approximation de sa précédente réédition cd pour lequel il avait été remixé pour contenter les hordes de fans du "new ZZ Top".
Pas le plus essentiel de la première partie de la carrière des deux barbus et du moustachu mais du bon boulot de professionnels accomplis.
1. It's Only Love 4:22
2. Arrested for Driving While Blind 3:09
3. El Diablo 4:22
4. Snappy Kakkie 2:59
5. Enjoy and Get It On 3:26
6. Ten Dollar Man 3:42
7. Pan Am Highway Blues 3:15
8. Avalon Hideaway 3:07
9. She's a Heartbreaker 3:02
10. Asleep in the Desert 3:24
Billy Gibbons – guitar, vocals, harp, fiddle
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Degüello (1979)
Avec Degüello, on reste fondamentalement dans le ZZ Top classique soit une musique rock fermement ancrée sur des bases blues, bien ancrée même.
Sauf qu'ils ont des envies de rythm'n'blues (les cuivrés She Loves My Automobile et Hi Fi Mama, en plus d'une reprise de Sam & Dave/Isaac Hayes, I Thank You, à la sauce "ZZ") et de bizzareries (Manic Mechanic... on croirait presque, presque j'ai dit, du Frank Zappa ou du Rush, excusez du peu !). Et des blues laidback d'une beauté à pleurer (I Thank You, A Fool for Your Stockings, Esther Be the One) même si pas forcément textuellement très fins (le sous-entendu sexuel reste la marque de fabrique la prose Gibbonsienne).
Et ce n'est pas fini ! Parce qu'on sent bien ce petit côté jazzy de l'excellent Cheap Sunglasses. On a même droit à un pur blues électrifié pur sucre avec la reprise du Dust My Broom de Robert Johnson. Finalement, de typiquement ZZ Topien, correspondant à l'image d'Epinal du rock blues à nanas et bagnoles, il n'y a que I'm Bad I'm Nationwide (un classque !) et Lowdown of the Street, et encore !, ça ne déborde que modérément d'électricité.
Ce n'est pas à dire que l'album est molasson, tout le contraire ! Cette variété, cette versatilité instrumentale, cette experstise à instiller sa marque dans tous les genres aussi, participent grandement au dynamisme communicatif de la galette.
(chronique complète ici)
1. I Thank You 3:23
2. She Loves My Automobile 2:24
3. I'm Bad, I'm Nationwide 4:46
4. A Fool for Your Stockings 4:15
5. Manic Mechanic 2:37
6. Dust My Broom 3:06
7. Lowdown in the Street 2:49
8. Hi Fi Mama 2:23
9. Cheap Sunglasses 4:48
10. Esther Be the One 3:31
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
El Loco (1981)
Jusque là tout allait bien... Et puis El Loco.
Fondamentalement, ce n'est pas un mauvais album et, de fait, il s'écoute sans déplaisir oui, mais déjà on sent le trio à la recherche d'autre chose, d'une immédiateté mélodique un peu forcée qui ne leur sied que modérément au teint.
Album de transition, quasi-exempt de classiques, El Loco annonce l'ére MTV du trio sans vraiment s'y lancer corps et âme. Il n'est pas, non plus, gâté par une pochette assez ridicule.
Les ZZ Top sont fatigués, leur formule s'est usée, il est temps de passer à autre chose.
1. Tube Snake Boogie 3:03
2. I Wanna Drive You Home 4:44
3. Ten Foot Pole 4:19
4. Leila 3:13
5. Don't Tease Me 4:20
6. It's So Hard 5:12
7. Pearl Necklace 4:02
8. Groovy Little Hippie Pad 2:40
9. Heaven, Hell or Houston 2:32
10. Party on the Patio 2:49
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Eliminator (1983)
L'album d'ouverture de la période dont il est désormais bon de dire du mal, album opportuniste voyant les ZZ Top moderniser à outrance leur blues'n'boogie à l'aulne de nouvelles technologies plus compatibles avec une jeune génération qui, jusque là, leur échappe.
Présenté comme ça, description objective qui plus est, on se dit qu'il est temps de prendre ses jambes à son coup et de tirer un trait sur un trio qui fut pourtant une impeccable machine de guerre... Mais non !
Parce qu'il y a les chansons et qu'elles sont plutôt (très) bonnes et que, finalement, cette redéfinition du son leur donne un sacré coup de jeune.
De fait, l'album ne manque pas de mélodies imparables (de Gimme All Your Lovin' à Sharp Dressed Man en passant par Legs ou TV Dinners) et de chansons justement passées à la postérité.
Définitivement, il est un peu facile de conspuer un groupe qui ose (le pari n'était pas gagné d'avance) et atteint le cœur de la cible avec ce qu'il est toujours convenu de considérer comme un album classique qui, finalement, vieillit plutôt bien malgré une mise en son définitivement ancrée dans les années 80.
1. Gimme All Your Lovin' 3:59
2. Got Me Under Pressure 4:00
3. Sharp Dressed Man 4:13
4. I Need You Tonight 6:14
5. I Got the Six 2:52
6. Legs 4:35
7. Thug 4:17
8. TV Dinners 3:50
9. Dirty Dog 4:05
10. If I Could Only Flag Her Down 3:40
11. Bad Girl 3:16
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Afterburner (1985)
Qu'il a dû être difficile de renouveler la tour de force Eliminator aussi improbable que réussi et, de fait, ZZ Top n'y parvinrent que partiellement sur Afterburner.
Ho, il y a de bonne choses sur l'album (Sleeping Bag, Rough Boy, Velcro Fly, tous sortis en singles d'ailleurs) mais l'ensemble ressemble trop à un Eliminator-bis pour qu'on ne sente pas l'opportunisme commercial qui régit sa confection.
Au final, l'effet de surprise passé, on ne se retrouve qu'avec un bon album là où son devancier avait fait tourner les têtes. Ce qui n'est déjà pas si mal mais pas suffisant quand on connait le talent et la rouerie habituelle du trio.
1. Sleeping Bag 4:03
2. Stages 3:32
3. Woke Up with Wood 3:45
4. Rough Boy 4:50
5. Can't Stop Rockin' 3:02
6. Planet of Women 4:09
7. I Got the Message 3:27
8. Velcro Fly 3:29
9. Dipping Low (In the Lap of Luxury) 3:11
10. Delirious 3:41
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums
Recycler (1990)
La fin des haricots ou le début d'un nouveau chapitre ? Les deux mon général !
D'un côté, on sent la tentation d'un salvateur retour aux sources, d'un autre, un conservatisme commercial à reconduire une formule qui a si bien marché et établi ZZ Top comme un phénomène mondial.
Cinq longues années après Afterburner le boogie synthétique ne passe plus si bien, la faute sans doute à des chansons moins convaincantes, et les retours aux sources ne sont pas encore assez réussis pour sauver l'album, comme si la formule s'étaient perdue sous les claviers et programmations des années 80. Ceci dit, My Head's in Mississipi, un La Grange bis mais néanmoins réussi, apporte un vent frais à un album qui en manque cruellement et pointe clairement la voie à suivre... Ce qui sera fait dès Antenna, successeur de ce Recycler mi-figue mi-raisin et un peu rance, mais c'est une autre histoire sur un autre label et donc absent de ce coffret des années Warner Bros.
1. Concrete and Steel 3:45
2. Lovething 3:20
3. Penthouse Eyes 3:49
4. Tell It 4:39
5. My Head's in Mississippi 4:25
6. Decision or Collision 3:59
7. Give it Up 3:24
8. 2000 Blues 4:37
9. Burger Man 3:18
10. Doubleback 3:53
Billy Gibbons – guitar, vocals
Dusty Hill – bass, keyboards, vocals
Frank Beard – drums, percussion
Sur le coffret et conclusion :
Formellement, ce coffret à bas coût est un beau bordel. Entre les albums restaurés dans leur mix originel (ceux qui avaient été précédemment charcutés pour ressembler à l'image du MTV Top), les remasterisés et ceux livrés tels quels, le manque de cohérence est criant. Clairement, ce n'est pas un coffret d'exception comme ceux de (au hasard) Genesis ou Pink Floyd. Il faut aussi souligner la présentation cheapissime (petites pochettes cartons sans livret, pas de bonus). Ca n'enlève évidemment rien à la qualité de la musique et, franchement, avec un prix si bas, on pouvait difficilement en attendre plus. Que ceux qui ne sont pas satisfaits se procurent en complément Chrome, Smoke & BBQ, coffret bourré d'inédits, de raretés, etc. En l'occurrence, The Complete Studio Albums 1970-1990 est un outil idéal de découverte d'un groupe trop souvent mal considéré dont on réévalue ici l'importance historique et la qualité globale (plutôt très bonne).
PS:
les liens sont oranges!
vendredi 23 août 2013
#165: Bob Dylan "The Bootleg Series vol. 10- Another Self Portrait 1969-71"
Je ne pouvais pas le passer sous silence. Vous trouverez ici un excellent article de la chose, après, moi, ce que j'en dis...
Ce que j'en dis, c'est que c'est peut-être la première fois que oui, pour de vrai, l'adage "J'en ai rêvé, Sony l'a fait" semble justifié. Je me le rêvais certes en quintuple CD, les bandes existent, et le raccourci Self Portrait -> New Morning avec un tracklisting plus pensé pour plaire au péquin moyen qu'au vieux fou hystérique laisse à désirer, mais la chose est là.
Alors, d'emblée, je vous fiche mon billet que le prochain Bootleg Series reprendra les concerts de 1979 en pleine époque cul-béni à Los Angeles, ou peut-être ceux de 1980, dont le fameux pirate au Massey Hall de Toronto, voire un mix des deux. Bien partis comme ils sont chez Columbia, il n'y a que ça à faire.
Bref, j'arrête de faire le Devin pour me concentrer sur l'objet qui vient d'arriver chez moi. Self Portrait, c'était quelque chose ! Une trahison, un blasphème, une honte. Que j'ai toujours secrètement chérie. Pas pour les bonnes raisons, c'était une bien étrange manière de découvrir les Everly Brothers ou Gordon Lightfoot, mais on faisait ce qu'on pouvait, quand on avait 12 ans en Alsace dans les années 1980. C'est pas Bashung qui me contredira.
Il y avait dans Self Portrait ce je-ne-sais-quoi de bordélique qui me fascinait. On sentait que les requins de studio faisaient ce qu'ils pouvaient, suaient sang et eaux pour suivre un Dylan en pilotage automatique. En pilotage automatique mais sans doute avec un dédain et un sens de la provocation rarement vue dans le rock. Ou dans la variété. Avec cette petite lumière qui continuait de briller et qui faisait que - n'en déplaise à Greil Marcus - ça le faisait grave. Alberta, c'est du JJ Cale avant l'heure et jamais Clapton n'aura été aussi laid-back, au hasard. Toujours un pet de travers, trop de cocaïne, trop nerveux. Là, c'est les sphincters ouverts à tous les étages, et ça chaloupe gentiment, dans un je-m'en-foutisme qui vire au chef d'oeuvre. Evidemment, on imagine Dylan lâcher la guitare, et laconiquement demander au producteur effaré d'y rajouter des violons et des cuivres. Histoire de pourrir tout le monde, à commencer par CBS. Particulièrement évident sur Belle-Isle. Et comment c'était poignant au départ...
Et puis il y a New Morning. Un des albums les plus étranges de Dylan. Un album unique dans son genre. Un album unique dans la carrière de Dylan. Je n'arrive pas, aujourd'hui encore à le cerner, savoir s'il s'agit d'un chef d'oeuvre (hormis l'énorme Time Passes Slowly) ou d'un simple disque baclé vite fait sur lequel il ne convient pas de s'attarder. Enfin, je dis ça, c'était avant d'entendre les chutes de studio, qui, comme souvent chez Dylan, sont largement supérieures aux versions originales. Sans doute parce que Dylan ne supporte pas la production, quelle qu'elle soit, Daniel Lanois ou Tom Wilson. Le brut de coffre lui va mieux.
Et rien que pour ça, c'est ici un véritable florilège. Monstrueux à 80%. Inutile à 10% (versions sans overdub, non mais franchement, on a autre chose à faire que d'écouter le remplissage des sbires de CBS), magique pour le vieux bootlegger que je ne suis plus (le concert de l'Ile de Wight, jamais réussi à récupérer une version décente, ça n'a jamais circulé jusqu'à ce jour). Tiens, parlons-en, du concert à l'Ile de Wight. On sent bien que le Band et Dylan ont dû répéter dans l'avion, au mieux. Tout ici est à l'opposé des concerts de 1966, mais bon sang, quand on tient un moment d'histoire (je vous épargne son absence à Woodstock et son pied-de-nez à Wight, ok ?), on est plutôt content de se le bichonner. C'est enfin sorti de la cave de CBS, ça n'y pourrira pas, et c'est très bien comme ça.
Et puis, hop, discrètement, la version cuivrée de New Morning apparaît ici. Faisant lumière sur un Dylan cherchant à sonner comme The Band plutôt que l'inverse. Hmm... je laisse réfléchir là-dessus. RIP Levon Helm, Richard Manuel, Rick Danko. Fuck off Robbie Robertson.
Pour faire dans le Dylan Thomas, quand même, on dira qu'on tient ici le Portrait d'un Jeune Homme en Vieux Chien. Galeux et avachi, mais prêt à mordre si on lui enlève sa pâtée. Par contre, les voisins peuvent cambrioler la maison, les Black Panthers peuvent faire trembler l'Amérique, rien à foutre le clébard. Presque qu'il te pisserait sur le tapis tellement il a la flemme de sortir. If dogs run free, then why don't we ?
Alors bien sûr, vient le moment d'être objectif. On pourra objecter lourdement sur l'absence quasi-totale de moments mémorables ici. Que de la bretzel en apéro, aucun buvard de LSD, et la bière est plutôt tiède. Et pourtant, derrière tout ça, un rien, un truc fait qu'on n'est pas ici en train d'écouter John Doe jouant ses chansons préférées en direct de l'Alabama sur Youtube. Un putain de quelque chose se passe. Un truc. La désabusion, comme dirait Nino Ferrer. Ou la vraie nature qui explose d'un pantin désarticulé par un accident de moto qui, franchement, n'a sans doute pas eu lieu, mais bon, hein, Liberty Valance... N'empêche que ces versions brutes, on y retrouve un peu la quête de l'Anthology Of American Folk Music, Dylan semble tenté de se la faire tout seul, et, mince, sur Little Sadie, au hasard, il y arrive presque. Par rapport aux Basement Tapes, il s'en rapproche. Sauf qu'à l'époque, il l'a fait transformer en opérette. Et qu'il n'a pas laissé sortir cette incroyable version de House Carpenter, dans laquelle in hurle comme à l'époque des microsillons, ou les fréquences aiguës captaient mieux l'attention du client, simple question technique.
Rajoute-moi des violons, Tom.
Parce que l'Amérique avait changé, on était à deux doigts de ne plus assurer la parité dollar/or à Fort Knox. Et ce message-là vaut bien plus que tous les Hard Rain's A-Gonna Fall. Et ça, qui pouvait le comprendre ? Certainement pas des hippies adulant Che Guevara.
J'en aurais presque oublié de conclure, mais il est impossible de conclure sur ce truc. Sony a fait un excellent boulot, maintenant, à savoir si vous n'écouterez plus que ça pendant dix ans (moi, ça va au moins me plomber la soirée) ou si l'intérêt historique rend la chose aussi sexy qu'une photo de De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, je ne peux pas décider pour vous.
La seule chose qui est sûre, c'est qu'on ne peut pas ignorer De Gaulle ni même Colombey-les-Deux-Eglises, ni même Brie-Comte-Robert, car tout cela fait partie de notre vie, de notre histoire. Personne, aujourd'hui (enfin je pense), ne fouille les poubelles de Christophe Maé pour savoir s'il préfère Rihanna ou Lady Gaga. Toutes ces conneries ont cessé le jour où Kurt Cobain s'est fait exploser la cervelle.
Dylan, lui, a préféré se faire une côtelette au coin du feu avec sa guitare. Aujourd'hui, on verrait griller la côtelette sur Youtube, et tout le beau monde de l'industrie musicale se demanderait comment rémunérer Dylan. A l'époque, tout le monde cherchait les os de la côtelette.
Ils sont là.
Pour en savoir plus, allez faire un tour au supermarché.
Ce que j'en dis, c'est que c'est peut-être la première fois que oui, pour de vrai, l'adage "J'en ai rêvé, Sony l'a fait" semble justifié. Je me le rêvais certes en quintuple CD, les bandes existent, et le raccourci Self Portrait -> New Morning avec un tracklisting plus pensé pour plaire au péquin moyen qu'au vieux fou hystérique laisse à désirer, mais la chose est là.
Alors, d'emblée, je vous fiche mon billet que le prochain Bootleg Series reprendra les concerts de 1979 en pleine époque cul-béni à Los Angeles, ou peut-être ceux de 1980, dont le fameux pirate au Massey Hall de Toronto, voire un mix des deux. Bien partis comme ils sont chez Columbia, il n'y a que ça à faire.
Bref, j'arrête de faire le Devin pour me concentrer sur l'objet qui vient d'arriver chez moi. Self Portrait, c'était quelque chose ! Une trahison, un blasphème, une honte. Que j'ai toujours secrètement chérie. Pas pour les bonnes raisons, c'était une bien étrange manière de découvrir les Everly Brothers ou Gordon Lightfoot, mais on faisait ce qu'on pouvait, quand on avait 12 ans en Alsace dans les années 1980. C'est pas Bashung qui me contredira.
Il y avait dans Self Portrait ce je-ne-sais-quoi de bordélique qui me fascinait. On sentait que les requins de studio faisaient ce qu'ils pouvaient, suaient sang et eaux pour suivre un Dylan en pilotage automatique. En pilotage automatique mais sans doute avec un dédain et un sens de la provocation rarement vue dans le rock. Ou dans la variété. Avec cette petite lumière qui continuait de briller et qui faisait que - n'en déplaise à Greil Marcus - ça le faisait grave. Alberta, c'est du JJ Cale avant l'heure et jamais Clapton n'aura été aussi laid-back, au hasard. Toujours un pet de travers, trop de cocaïne, trop nerveux. Là, c'est les sphincters ouverts à tous les étages, et ça chaloupe gentiment, dans un je-m'en-foutisme qui vire au chef d'oeuvre. Evidemment, on imagine Dylan lâcher la guitare, et laconiquement demander au producteur effaré d'y rajouter des violons et des cuivres. Histoire de pourrir tout le monde, à commencer par CBS. Particulièrement évident sur Belle-Isle. Et comment c'était poignant au départ...
Et puis il y a New Morning. Un des albums les plus étranges de Dylan. Un album unique dans son genre. Un album unique dans la carrière de Dylan. Je n'arrive pas, aujourd'hui encore à le cerner, savoir s'il s'agit d'un chef d'oeuvre (hormis l'énorme Time Passes Slowly) ou d'un simple disque baclé vite fait sur lequel il ne convient pas de s'attarder. Enfin, je dis ça, c'était avant d'entendre les chutes de studio, qui, comme souvent chez Dylan, sont largement supérieures aux versions originales. Sans doute parce que Dylan ne supporte pas la production, quelle qu'elle soit, Daniel Lanois ou Tom Wilson. Le brut de coffre lui va mieux.
Et rien que pour ça, c'est ici un véritable florilège. Monstrueux à 80%. Inutile à 10% (versions sans overdub, non mais franchement, on a autre chose à faire que d'écouter le remplissage des sbires de CBS), magique pour le vieux bootlegger que je ne suis plus (le concert de l'Ile de Wight, jamais réussi à récupérer une version décente, ça n'a jamais circulé jusqu'à ce jour). Tiens, parlons-en, du concert à l'Ile de Wight. On sent bien que le Band et Dylan ont dû répéter dans l'avion, au mieux. Tout ici est à l'opposé des concerts de 1966, mais bon sang, quand on tient un moment d'histoire (je vous épargne son absence à Woodstock et son pied-de-nez à Wight, ok ?), on est plutôt content de se le bichonner. C'est enfin sorti de la cave de CBS, ça n'y pourrira pas, et c'est très bien comme ça.
Et puis, hop, discrètement, la version cuivrée de New Morning apparaît ici. Faisant lumière sur un Dylan cherchant à sonner comme The Band plutôt que l'inverse. Hmm... je laisse réfléchir là-dessus. RIP Levon Helm, Richard Manuel, Rick Danko. Fuck off Robbie Robertson.
Pour faire dans le Dylan Thomas, quand même, on dira qu'on tient ici le Portrait d'un Jeune Homme en Vieux Chien. Galeux et avachi, mais prêt à mordre si on lui enlève sa pâtée. Par contre, les voisins peuvent cambrioler la maison, les Black Panthers peuvent faire trembler l'Amérique, rien à foutre le clébard. Presque qu'il te pisserait sur le tapis tellement il a la flemme de sortir. If dogs run free, then why don't we ?
Alors bien sûr, vient le moment d'être objectif. On pourra objecter lourdement sur l'absence quasi-totale de moments mémorables ici. Que de la bretzel en apéro, aucun buvard de LSD, et la bière est plutôt tiède. Et pourtant, derrière tout ça, un rien, un truc fait qu'on n'est pas ici en train d'écouter John Doe jouant ses chansons préférées en direct de l'Alabama sur Youtube. Un putain de quelque chose se passe. Un truc. La désabusion, comme dirait Nino Ferrer. Ou la vraie nature qui explose d'un pantin désarticulé par un accident de moto qui, franchement, n'a sans doute pas eu lieu, mais bon, hein, Liberty Valance... N'empêche que ces versions brutes, on y retrouve un peu la quête de l'Anthology Of American Folk Music, Dylan semble tenté de se la faire tout seul, et, mince, sur Little Sadie, au hasard, il y arrive presque. Par rapport aux Basement Tapes, il s'en rapproche. Sauf qu'à l'époque, il l'a fait transformer en opérette. Et qu'il n'a pas laissé sortir cette incroyable version de House Carpenter, dans laquelle in hurle comme à l'époque des microsillons, ou les fréquences aiguës captaient mieux l'attention du client, simple question technique.
Rajoute-moi des violons, Tom.
Parce que l'Amérique avait changé, on était à deux doigts de ne plus assurer la parité dollar/or à Fort Knox. Et ce message-là vaut bien plus que tous les Hard Rain's A-Gonna Fall. Et ça, qui pouvait le comprendre ? Certainement pas des hippies adulant Che Guevara.
J'en aurais presque oublié de conclure, mais il est impossible de conclure sur ce truc. Sony a fait un excellent boulot, maintenant, à savoir si vous n'écouterez plus que ça pendant dix ans (moi, ça va au moins me plomber la soirée) ou si l'intérêt historique rend la chose aussi sexy qu'une photo de De Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, je ne peux pas décider pour vous.
La seule chose qui est sûre, c'est qu'on ne peut pas ignorer De Gaulle ni même Colombey-les-Deux-Eglises, ni même Brie-Comte-Robert, car tout cela fait partie de notre vie, de notre histoire. Personne, aujourd'hui (enfin je pense), ne fouille les poubelles de Christophe Maé pour savoir s'il préfère Rihanna ou Lady Gaga. Toutes ces conneries ont cessé le jour où Kurt Cobain s'est fait exploser la cervelle.
Dylan, lui, a préféré se faire une côtelette au coin du feu avec sa guitare. Aujourd'hui, on verrait griller la côtelette sur Youtube, et tout le beau monde de l'industrie musicale se demanderait comment rémunérer Dylan. A l'époque, tout le monde cherchait les os de la côtelette.
Ils sont là.
Pour en savoir plus, allez faire un tour au supermarché.
#164 : The Fall "Hex Induction Hour By The Fall"
C'est plutôt bien, même si on a parfois l'impression de ressembler à un vieux zombie traînant dans des lieux dévastés. Les Doors prennent la poussière à 20 € les 4 albums, Francis Cabrel semble connaître le dur passage entre son Gers maternel et une Lozère désertique qui se moque de Dylan comme moi de Cabrel.
Dans cet enfer silencieux, tout semble muet dans l'attente du magistral coffret des Clash, dont on sait d'ores et déjà que si être punk, ce n'est pas un métier, eh bien il faudra s'être reconverti dans le commerce lucratif de la téléphonie mobile pour pouvoir se le payer. Mais pensez donc, tout Clash dans une belle boiboite dont je connais des commentateurs qui l'achèteront sans même l'ouvrir pour mieux lui garder sa saveur. Ben qu'ils la ferment.
Ailleurs encore, les Queens Of The Stone Age ont beau essayer de vendre leur dernier (on l'espère) disque à un prix démocratique, j'esquisse un sourire. Cette merde, même pas puante (ça t'aurait eu un côté Stoner) n'attire personne. A force de ne plus acheter de disques, les clients en auraient presque acquis un sens du bon goût.
Lost In The Supermarket.
Punk dans l'âme, mais salarié par nécessité, j'allume mon smartphone professionnel et la nouvelle tombe : Philippe Manoeuvre a tweeté ! Yeah ! Super, kids ! J'aime bien le grille-pain bleu métallisé ! Trop bien avec ma Mini Cooper ! Rock'n'roll, kids !
J'hésite entre vomir sur le rayon White Stripes ou dormir sur l'intégrale de Leonard Cohen, et puis je me dis que tiens, puisque je suis connecté à internet et que demain la FNAC va m'envoyer un mail du type "que pensez-vous du service nettoyage des CD de Nolwenn Leroy", autant demander l'avis de Wikipedia sur The Fall, dont j'ai pour unique souvenir un long morceau de 10 minutes qui m'avait scotché il y a vingt ans sur France Inter, histoire de voir. Hasard étrange, un des prétendus meilleurs albums du groupe était en rayon. Après avoir demandé à tester l'aspirateur de table estampillé Dubstep Food et avoir enlevé la poussière de la galette histoire de voir le prix, je me suis dit que 11 euros c'était plutôt pas mal pour une balade dans le désert sans risquer l'accueil du FBI à San Francisco grâce à l'invitation de mon pote Thom.
Je suis un gros frimeur.
Je vous chante que j'ai tout entendu, et je n'avais jamais entendu ça. La faute sans doute aux Inrocks, je le dis comme je le pense. Ces gens-là m'ont à jamais enlevé l'envie de réécouter le Velvet Underground.
Et là, ce que j'entends, ben c'est un album d'un Velvet Underground avec un Lou Reed énervé comme un Van Morrison devant un anglais, mâtiné du premier batteur de Joe Strummer (sans doute son cousin) qui n'a joué de l'instrument qu'une seule fois à la Pâque 1974, avec un guitariste qu'on vous dirait qu'il a fait un disque que rien que ça expliquerait l'engouement des jeunes pour le DJing plutôt que les reprises de Cabrel avec des curés pédérastes. Qu'on vienne me chanter les louanges de The Street, précurseur du spam, quelques vingt ans plus tard, et je dis oui. J'ai vu le dernier (le Dernier, vous comprenez ?) concert de The Street, à Marmande. Jamais le terme "confiture aux cochons" n'a pris autant de sens pour moi. Je ne connaissais pas The Fall. Pas ska, pas punk, pas rock'n'roll, pas drôle l'Angleterre sous Thatcher, juste pas envie de se la jouer rude boy. Juste raconter les choses devant un micro pourri plutôt que devant un pochetron au pub d'en face.
Philippe Manoeuvre essaie un Stetson au rayon Capétiens. Gee ! Trop Cash le chapeau !
C'est indescriptible, et si vous connaissez déjà par coeur, veuillez m'absoudre. Je sais qu'il y a toujours une personne ou deux qui se retrouvent dans mon état d'ignorance, c'est pour vous que j'écris tout ça. J'ai vu le passé du rock'n'roll, il s'appelle Bruce Springsteen.
Donc, les Clash vont sortir d'ici peu un coûteux coffret plein de merveilles que vous connaissez par coeur, et c'est sans doute pour cela que vous ne vous sentirez pas trompés par la marchandises. Vous en êtes. Oui, vous connaissiez déjà, oui, c'est beau.
Philippe Manoeuvre fait pipi dans les toilettes estampillées "Down On The Street" du sous-sol de la FNAC. Il a tweeté. Il adore.
The Fall a semble-t-il sorti des myriades d'albums, dans l'indifférence générale ici bas. C'est une bonne nouvelle. Une intégrale remasterisée nous coûterait les yeux de la tête. Mick Jones serait peut-être même obligé de revendre une Lespaul pour se l'offrir.
Il est bon, il est de bon ton, aujourd'hui, dans cette FNAC déserte, d'ignorer The Fall. On va pas chier une pendule si un Ian Curtis s'est pendu pour moins que ça dans les années 80. On va certainement pas faire un buzz de Hex Induction Hour. On va le vendre 11 euros, la caissière, guettant une dédicace de Philippe Manoeuvre sur sa bouilloire Drum'n'Bass, ne regardera pas le client d'un air admiratif. Le client rentrera chez lui en tram, tranquillement. Le temps de déballer ce support d'un autre âge, il sera déjà loin.
Oui, déjà très loin. Effectivement, le client confirme.
Who makes the nazis ?
Ce qui pouvait sembler une question limite hippie décalée à l'époque prend malheureusement tout son sens aujourd'hui. Z'avaient raison de le répéter pendant cinq minutes.
Sais pas, trop fun le mug Sid Vicious ! hurle Philippe Manoeuvre en reniflant le fond de la tasse devant un directeur commercial inquiet.
Bien sûr, il (le client) n'en sortira pas indemne, mais il aura tellement de mal à décrire cette amère et jouissive sensation que d'entendre du vrai, du bruit, certes, étouffé par la facilité d'aduler les Clash dans les années 80, que cela n'aura aucune incidence sur la vente des grille-pain bleu métallisé ni sur la blennorragie de Nolwenn Leroy, si l'on en croit le dernier tweet de Phillipe Manoeuvre, à l'instant. On espère tous qu'elle va s'en remettre, Nolwenn, et on sera peu nombreux, mais heureux, à s'en taper les coucougnettes et profiter encore, ou peut-être enfin, de ce putain de disque magistral.
Iceland. Oui, ça peut faire froid dans le dos. Philippe Manoeuvre n'était pas à la FNAC à Bordeaux la semaine dernière. Il aurait pu, ça n'aurait rien changé.
La prochaine fois, je vous raconterai comment j'ai découvert le futur du rock'n'roll à un petit festival de jazz cet été. Et comment je n'y ai pas vu JD Beauvallet qui n'y était pas.
mercredi 21 août 2013
Blog'nRoll Hall Of Fame #1 : Jimmy Jimmereeno
Ouais, il faut bien, puisque personne ne le fait. Vous savez quoi les amis, on va s'auto-congratuler, se claquer des tapes dans le dos et se reconnaître nous mêmes tels que nous sommes, tels que nous désirons l'être : de vrais passeurs de culture, même pas contrebandiers, de d'ceux qu'on la frimousse toute belle quand un péquin anonyme ose - le fou - un commentaire anonyme en disant que merci, que ce disque, mince alors, jamais il aurait cru que, etc. etc.
Parce que, visiblement, on ne nous aime pas. Tout dématérialisés que nous sommes, à une époque, on aurait pu aider le monde à vendre des Walkman, aujourd'hui couic, nada. Nous sommes des vilains qui passons notre temps à dupliquer des bits et des octets qui ne nous appartiennent pas, et nous faisons mauvais genre dans le paysage. Eh oui, les 0 et les 1 du monde binaire sont privatisés, on n'a pas le droit de les ranger dans l'ordre qu'on veut dans un fichier informatique, il pourrait en sortir du Genesis !
Nous ne sommes même pas avides de revenus mal gagnés, contrairement aux supermarchés du genre qui ne semblent pas inquiétés : z'avez beau chercher, pas une pub sur nos pauvres blogs. On risque les foudres du FBI pour quelques merci, et m'est avis que certains groupes qu'on vante ici n'ont même pas à s'en plaindre. J'ai moi-même, très modestement certes, mais quand même, essayé un temps de réhabiliter Chicago. Et vous pensez que j'ai que ça à faire ? C'est au pauvre Terry Kath, suicidé de l'histoire du rock pourri que je pensais. Pas à Columbia ni à James William Guercio. Nous avons nos pauvres mots, pas toujours bien sentis, pas de quoi faire rougir Marcel Proust, mais bon sang les gars, il semblerait que notre seule passion vaille mieux pour faire passer ce putain d'esprit rock'n'roll qu'un DEUG de littérature moderne raté qui permet de piger dans les Inrocks. Tiens, bande d'affreux, et Rock & Folk dans le même sac : tous remplis de journalistes pas assez talentueux pour écrire tout court, alors on écrit sur le rock. Depuis combien de temps Philippe Manoeuvre n'a-t-il pas acheté un disque ? A-t-il pris ne serait-ce qu'une fois cinq minutes pour en copier un à un pote ? Et ce beau monde de disserter le plus légalement du monde sur des disques qu'ils n'ont écouté que s'ils étaient constipés, le vol A/R vers Los Angeles offert par Universal pour interviewer je-ne-sais-qui leur laissant trop peu de temps pour jeter une oreille sur le gagne-pain du mois.
Franchement, merde. J'ai été emmerdé 3X par la censure : la première fois, pour des pierres qui ne roulent plus trop. Hop, viré l'article, fini les ennuis. D'autres continuent de m'agacer. Un petit groupe roots folk/blues dont je tairai le nom pour pas leur faire de pub, sans doute vexés par les commentaires, qui calmaient mon ardeur pour un album finalement plutôt oubliable. Et, imaginez-vous, aussi par des têtes de transistor qui m'en voulaient d'avoir posté un disque (ok l'ordinateur ?) que si vous l'avez pas, vous pouvez même l'emprunter à votre facteur. Je ne sais pas si l'andouille qui s'appelle Tom mais qui sait même pas écrire son prénom de trois lettres correctement (y'a pas de H, normalement, si ? c'est fun, alors just call me JheePheeDhee and forget me, bastard) est au courant, mais franchement ça me rend triste.
Je me rappelle de la pub de Memorex, vous savez, les cassettes au bioxyde de chrome. Eh ben si on repiquait un Jimi Hendrix, on avait le son de Jimi Hendrix. Tout ça en pleine page dans Rock & Flock. Et aujourd'hui, le Zornophage se fait fermer sa boutique à cause d'un Marillion et d'un Steve Hackett. Boudiou, c'est vrai qu'il a mauvais goût mais quand même ! Et le Devant, avec ses chroniques dont on ne sait même plus de quoi il parle à la fin, mais avec un blog sur lequel on découvrait des versions de 1954 de Tanhauser que personne n'empruntait plus dans sa médiathèque, on lui ferme le clapet.
Vous remarquerez que je prends même plus la peine de mettre en gras le nom des groupes et artistes, trop fainéant, trop énervé.
Bien sûr dans vingt ans, quelqu'un découvrira sur un vieux serveur de chez Google que la seule copie qui reste du 1er album de Hatfield And The North, c'est grâce à nous qu'ils l'auront retrouvée.
En attendant, je nous trouve bien seuls à oser encore se servir du web comme outil de partage de passions diverses et variées, ce que n'a jamais fait Napster, au hasard. Ni même plus les vendeurs de la FNAC, trop occupés à se recycler dans les grille-pains.
Heureusement, le vinyle revient. J'encourage tous les rock-critics de la haute à buzzer sur la hype, dénigrer le CD et les mp3. Ca nous fera des vacances. Ces andouilles apprécieront le doux son du vinyle recrachant un master numérique (ha ha ha !!!) moins bien que votre Nintendo 3DS, et c'est très bien comme ça. Allez, les copains, on tient bon encore un an ou deux et on s'achètera une maison sur la Côte d'Azur en revendant un 45 tours des Stones.
En attendant, messieurs mesdames, voici ici venu le temps du Blog'n'Rock Hall Of Fame. Oui, ça fait un peu je m'aime je m'aime je m'aime, mais parfois un petit coup de paluche ça aide à garder le moral.
Premier du nom, Jimmy (et là je remets du gras). Parce que ce gars-là, il t'a une ferveur à maintenir le cap, à encourager les blogozippés à continuer, à reprendre, bref, du genre : un disque pour les tenir tous, le Seigneur des Sillons, tout ça tout ça. Avec toutes mes excuses aux précurseurs, aux fidèles phénix ratiboisés par la bêtise de l'économie numérique (Mister Moods, brand new Zornophage au hasard, Devant plus récemment, etc. etc.) ainsi qu'aux inconnus chez qui j'ai pu vivre aussi des passions intenses (mais où donc ai-je trouvé ce pirate de Zappa ? sais plus.).
Bon, ceci dit, il poste du jazz et de la musique brésilienne, avec un mauvais goût pareil, il pourrait bien être des RG, mais je ne peux pas m'empêcher de croire que si c'est le cas, l'animal s'est pris au jeu. Sinon, Keith, on lui fait la peau, hein, on lui envoie un Slayer vérolé sur sa boîte mail et le coquin sera bien puni.
Hatts Off To You, Jimmy !
Allez, capitaine, on va où maintenant ?
Tiens, si j'avais eu le temps, j'aurais posté Kick Out The Jam du MC5. Si celui-là, monsieur le FBI vous venez me le réclamer comme étant votre propriété intellectuelle, vous oubliez les années de tôle de John Sinclair, la triste vie des autres et là franchement, votre petit mail me ferait presque plaisir.
Et tant que j'y suis, un peu de pub pour ceux qui ont trois sous à donner pour une bonne cause, moi j'ai donné :
http://www.kickstarter.com/projects/1420189458/pete-seeger-vs-the-un-americans-nonfiction-book
Et le FBI, il a donné des sous pour ça ?
Bref, je m'égare.
Hatts Off to you, Jimmy.
Parce que, visiblement, on ne nous aime pas. Tout dématérialisés que nous sommes, à une époque, on aurait pu aider le monde à vendre des Walkman, aujourd'hui couic, nada. Nous sommes des vilains qui passons notre temps à dupliquer des bits et des octets qui ne nous appartiennent pas, et nous faisons mauvais genre dans le paysage. Eh oui, les 0 et les 1 du monde binaire sont privatisés, on n'a pas le droit de les ranger dans l'ordre qu'on veut dans un fichier informatique, il pourrait en sortir du Genesis !
Nous ne sommes même pas avides de revenus mal gagnés, contrairement aux supermarchés du genre qui ne semblent pas inquiétés : z'avez beau chercher, pas une pub sur nos pauvres blogs. On risque les foudres du FBI pour quelques merci, et m'est avis que certains groupes qu'on vante ici n'ont même pas à s'en plaindre. J'ai moi-même, très modestement certes, mais quand même, essayé un temps de réhabiliter Chicago. Et vous pensez que j'ai que ça à faire ? C'est au pauvre Terry Kath, suicidé de l'histoire du rock pourri que je pensais. Pas à Columbia ni à James William Guercio. Nous avons nos pauvres mots, pas toujours bien sentis, pas de quoi faire rougir Marcel Proust, mais bon sang les gars, il semblerait que notre seule passion vaille mieux pour faire passer ce putain d'esprit rock'n'roll qu'un DEUG de littérature moderne raté qui permet de piger dans les Inrocks. Tiens, bande d'affreux, et Rock & Folk dans le même sac : tous remplis de journalistes pas assez talentueux pour écrire tout court, alors on écrit sur le rock. Depuis combien de temps Philippe Manoeuvre n'a-t-il pas acheté un disque ? A-t-il pris ne serait-ce qu'une fois cinq minutes pour en copier un à un pote ? Et ce beau monde de disserter le plus légalement du monde sur des disques qu'ils n'ont écouté que s'ils étaient constipés, le vol A/R vers Los Angeles offert par Universal pour interviewer je-ne-sais-qui leur laissant trop peu de temps pour jeter une oreille sur le gagne-pain du mois.
Franchement, merde. J'ai été emmerdé 3X par la censure : la première fois, pour des pierres qui ne roulent plus trop. Hop, viré l'article, fini les ennuis. D'autres continuent de m'agacer. Un petit groupe roots folk/blues dont je tairai le nom pour pas leur faire de pub, sans doute vexés par les commentaires, qui calmaient mon ardeur pour un album finalement plutôt oubliable. Et, imaginez-vous, aussi par des têtes de transistor qui m'en voulaient d'avoir posté un disque (ok l'ordinateur ?) que si vous l'avez pas, vous pouvez même l'emprunter à votre facteur. Je ne sais pas si l'andouille qui s'appelle Tom mais qui sait même pas écrire son prénom de trois lettres correctement (y'a pas de H, normalement, si ? c'est fun, alors just call me JheePheeDhee and forget me, bastard) est au courant, mais franchement ça me rend triste.
Je me rappelle de la pub de Memorex, vous savez, les cassettes au bioxyde de chrome. Eh ben si on repiquait un Jimi Hendrix, on avait le son de Jimi Hendrix. Tout ça en pleine page dans Rock & Flock. Et aujourd'hui, le Zornophage se fait fermer sa boutique à cause d'un Marillion et d'un Steve Hackett. Boudiou, c'est vrai qu'il a mauvais goût mais quand même ! Et le Devant, avec ses chroniques dont on ne sait même plus de quoi il parle à la fin, mais avec un blog sur lequel on découvrait des versions de 1954 de Tanhauser que personne n'empruntait plus dans sa médiathèque, on lui ferme le clapet.
Vous remarquerez que je prends même plus la peine de mettre en gras le nom des groupes et artistes, trop fainéant, trop énervé.
Bien sûr dans vingt ans, quelqu'un découvrira sur un vieux serveur de chez Google que la seule copie qui reste du 1er album de Hatfield And The North, c'est grâce à nous qu'ils l'auront retrouvée.
En attendant, je nous trouve bien seuls à oser encore se servir du web comme outil de partage de passions diverses et variées, ce que n'a jamais fait Napster, au hasard. Ni même plus les vendeurs de la FNAC, trop occupés à se recycler dans les grille-pains.
Heureusement, le vinyle revient. J'encourage tous les rock-critics de la haute à buzzer sur la hype, dénigrer le CD et les mp3. Ca nous fera des vacances. Ces andouilles apprécieront le doux son du vinyle recrachant un master numérique (ha ha ha !!!) moins bien que votre Nintendo 3DS, et c'est très bien comme ça. Allez, les copains, on tient bon encore un an ou deux et on s'achètera une maison sur la Côte d'Azur en revendant un 45 tours des Stones.
En attendant, messieurs mesdames, voici ici venu le temps du Blog'n'Rock Hall Of Fame. Oui, ça fait un peu je m'aime je m'aime je m'aime, mais parfois un petit coup de paluche ça aide à garder le moral.
Premier du nom, Jimmy (et là je remets du gras). Parce que ce gars-là, il t'a une ferveur à maintenir le cap, à encourager les blogozippés à continuer, à reprendre, bref, du genre : un disque pour les tenir tous, le Seigneur des Sillons, tout ça tout ça. Avec toutes mes excuses aux précurseurs, aux fidèles phénix ratiboisés par la bêtise de l'économie numérique (Mister Moods, brand new Zornophage au hasard, Devant plus récemment, etc. etc.) ainsi qu'aux inconnus chez qui j'ai pu vivre aussi des passions intenses (mais où donc ai-je trouvé ce pirate de Zappa ? sais plus.).
Bon, ceci dit, il poste du jazz et de la musique brésilienne, avec un mauvais goût pareil, il pourrait bien être des RG, mais je ne peux pas m'empêcher de croire que si c'est le cas, l'animal s'est pris au jeu. Sinon, Keith, on lui fait la peau, hein, on lui envoie un Slayer vérolé sur sa boîte mail et le coquin sera bien puni.
Hatts Off To You, Jimmy !
Allez, capitaine, on va où maintenant ?
Tiens, si j'avais eu le temps, j'aurais posté Kick Out The Jam du MC5. Si celui-là, monsieur le FBI vous venez me le réclamer comme étant votre propriété intellectuelle, vous oubliez les années de tôle de John Sinclair, la triste vie des autres et là franchement, votre petit mail me ferait presque plaisir.
Et tant que j'y suis, un peu de pub pour ceux qui ont trois sous à donner pour une bonne cause, moi j'ai donné :
http://www.kickstarter.com/projects/1420189458/pete-seeger-vs-the-un-americans-nonfiction-book
Et le FBI, il a donné des sous pour ça ?
Bref, je m'égare.
Hatts Off to you, Jimmy.
mercredi 26 juin 2013
Where Are You, Jeepeedee? (la traque continue)
J'en appelle à Sinatra, carrément !
...et à Aretha, il faut ça !
ALLEZ, TOUS EN CHŒUR :
Jeepeedee reviens, Jeepeedee reviens parmi les tiens
De derrière ton écran, indique nous le chemin
Toi qui le connais si bien !
Toi qui le connais si bien !
lundi 24 juin 2013
Jeepeedee y-es-tu ?
Il nous avais promis qu'il participerait au Grand Jeu, il nous avait alléché avec une série spéciale Queens of the Stone Age, il se dit même qu'il aurait promis de se mettre au Peter Gabriel !!! Et puis... PLUS RIEN !!!
Depuis le 22 mai, Jeepeedee a totalement disparu de la circulation laissant, horreur !, son blog aux mains d'un estranger. IL FAUT QUE CA CESSE !!!
Alors, voilà, je me lance dans une mission : retrouver Jeepeedee et le forcer à re-riper parce qu'il nous le doit... J'irais même jusqu'à lui imposer de reprendre un par un les thèmes du 6ème grand jeu et de nous offrir (même en retard) sa précieuse contribution... Non mais des fois !
Oui mais, pour ce faire, il faut retrouver l'animal, sans doute parti se terrer dans quelque sous bois avec une caisse de gueuze, des paquets de spéculos, son harmonica et sa guitare acoustique, à reprendre du Roy Harper ou du Bob Dylan ou allez savoir quelle autre horreur... Alors je vous le demande :
Où est Jeepeedee ???
Merci d'avance de votre participation à cette "traque" de la plus haute importance bloguistque.
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