J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -

vendredi 29 mars 2013

#8Z : Ali Farka Touré & Toumani Diabaté "Ali and Toumani" (2010)

Deuxième et hélas ultime collaboration entre deux instrumentistes africains de haute volée -  après l’indispensable, et couronné d’un Grammy, In the Heart of the Moon - Ali and Toumani  est un bijou d’authenticité et de grave douceur.

Enregistré en quatre jours en juin 2005, il comprend la toute dernière apparition d’un Ali Farka Touré (qui décèdera d’une « longue maladie, cancer des os, en juillet 2006) qui nous manque aujourd’hui d’autant plus cruellement qu’il brille ici de mille feux. Avare de notes comme de sa voix (la majorité de l’album étant instrumental), précis dans le rythme, intense dans l’émotion, il tisse des accords simples avec une rare grâce. De fait, l’accord parfait avec la kora envoutante de Toumani Diabaté semble si naturelle qu’on comprend bien vite que ces deux là parlent la même langue, celle d’une musique se permettant des libertés, comme par exemple de flirter avec la bossa, sans jamais ô grand jamais n’entamer son innée africanité. 

Le résultat est beau comme une ruisseau éclairé d’un rouge coucher de soleil alors que les animaux s’abreuvent, moment de paix. Je sais, c’est un peu cliché tout ça mais ce sont les impressions que véhiculés par cette musique exempte d’artifices et pourtant si riche. Parce que, à creuser, il y a des trésors de finesse, des torrents d’idées… Mais ça coule de source, tout simplement. Et c’est pour ça que c’est réussi et qu’on en oublierait presque que le glorieux prédécesseur était juste un tout petit peu plus « plus ». Peut-être parce qu’il avait été enregistré chez Ali, dans son village au Mali et pas à Londres comme celui-ci. Un minuscule supplément d’âme. Peut-être…

Mais c’est juste pour pinailler parce que, franchement, Ali and Toumani est une splendeur. Une perle d’album qui fait voyager dans la tête, qui évoque des couleurs, des odeurs qui manquent cruellement au gris uniforme de nos villes. Rien que pour ça, et parce qu’on y revient souvent, ça vaut le coup.


1. Ruby 5:55
2. Sabu Yerkoy 4:09
3. Be Mankan 5:07
4. Doudou 4:47
5. Warbé 4:51
6. Samba Geladio 3:17
7. Sina Mory 4:28
8. 56 6:57
9. Fantasy 2:18
10. Machengoidi 5:05
11. Kala Djula 3:27


African dream

mercredi 27 mars 2013

#7Z : Karl Bartos "Off the Record"

Bien que n'en étant pas un membre fondateur (il n'arriva dans la formation qu'en 75, pour leur déjà 5ème album), Karl Bartos est inséparable de sa partition au krauteux-electroniques de Kraftwerk. Pas étonnant, donc, que son deuxième album en solitaire (presqu'une décade après l'inaugural Communication de 2004) rappelle si fortement la fratrie robotique de Düsseldorf...

Encore moins quand on sait que la base des enregistrements d'Off the Record provient d'archives que le sieur Bartos accumula entre 1975 et 1993 et qu'il a, pour la circonstance,  retravaillés de fond en comble. Rien que de très logique pour un musicien n'ayant jamais souhaité capitaliser sur la notoriété de son ancienne "maison" mais en étant, fondamentalement, indivisible.

Ici, Bartos fait tout, une habitude prise sur son précédent opus solitaire, une nécessité créatrice aussi, sûrement, pour un architecte sonore sachant exactement où il souhaite en venir et ne désirant pas, pour ce faire, s’encombrer de collaborateurs  aux vues forcément, ne serait-ce que marginalement, différentes. De fait, peu importe que cette destination apparaisse si évidemment dérivative des travaux de ses anciens partenaires avec, en l'occurrence, l'emphase audiblement mise sur l'efficacité mélodique évidente dès un Atomium d'ouverture cousin du fameux Radioactivity de qui vous savez.

La question, à partir de là, n’est pas de savoir si Off the Record fait avancer le schmilblick mais s’il fonctionne comme on est en droit de l’attendre. La réponse, présentement, est clairement positive et cette électro-pop aux nombreux hooks synthétiques, pas franchement prospective mais diablement efficace néanmoins, atteint son dérivatif but. Et ce n’est pas une pochette extrêmement référencée qui viendra nier cet état de fait.

Reste à savoir si, en 2013, cette musique trouvera son public ailleurs que chez quelques nostalgiques patentés. On peut légitimement en douter sans que ça n’enlève quoique ce soit à la réussite avérée du projet.


 1. Atomium 3:16
2. Nachtfahrt 3:30
3. International Velvet 4:38
4. Without a Trace of Emotion 3:28
5. The Binary Code 1:42
6. Musica Ex Machina 5:16
7. The Tuning of the World 3:33
8. Instant Bayeruth 3:36
9. Vox Humana 2:56
10. Rhythmus 4:17
11. Silence 0:06
12. Hausmusik 3:30


A man and his Kraft

dimanche 24 mars 2013

#162 : Blue Öyster Cult "Fire Of Unknown Origin"

Nicolas Ungemuth est un crétin. Serait prêt à tout pour faire comme papa (entendez par là, Philippe Manoeuvre). Sa bêtise a rayonné dans le dernier Rock & Folk avec une rare brillance. Descendant tout net l'incroyable réédition des albums du Cult chez Columbia. Pochettes cartonnées classieuses, livret avec notes de Lenny Kaye, deux CD de raretés et, comme s'il n'y en avait pas assez, un joli coupon pour télécharger pas moins de quatre concerts joliment fagotés. Je n'écoute plus qu'eux, depuis, et de quoi d'autre aurais-je besoin ?

Venimeux à souhait, vicieux par nature, enjolivant leurs textes douteux d'un écrin parfois pop-FM, à l'image des Stranglers n'hésitant pas à édulcorer la bande son pour mieux vous faire avaler des vipères. Et puis, tout du long de leurs heures de gloire, un respect immense et intact pour le rock'n'roll, laissant aux ainés l'honneur de renaître en fin de concert (Born To Be Wild, We Gotta Get Out Of This Place, Roadhouse Blues...). Et puis, classe immense, le BÖC a eu l'idée géniale de compiler tout ce qu'ils avaient fait de mauvais le temps d'un unique album à oublier, Mirrors, tellement moche qu'ils en reviendront au metal le plus brut histoire de laver leur souillure juste après (Cultösaurus Erectus).

Je vous avais promis il y a longtemps, du temps du post d'Extraterrestrial Live du Blue Öyster Cult, de vous offrir ce Fire Of Unknown Origin, une fois remasterisé proprement, ce qui est le cas aujourd'hui. Dernier grand album avant la débandade - ou plutôt le manque d'intérêt d'un public se tournant vers la new-wave, Fire Of Unknown Origin est louche d'un bout à l'autre. Malsain. Lourd. De Heavy Metal (The Black And The Silver) au terrible Veterans Of The Psychic Wars, et ce malgré une production bien léchée lorgnant délibérément vers le hard FM. Quoique, les synthés omniprésents ici n'ont rien à voir avec le Jump de Van Halen. Glacés, glaçants, ils perturbent à merveille l'illusion d'un disque de hard rock comme les aimaient les teenagers de l'époque.

Quelques accalmies, cependant, viennent vaguement gâcher la chose (After Dark, Don't Turn Your Back), mais rien de grave, quand un album contient la plus machiavélique chanson du monde (Joan Crawford), ainsi que le Fire Of Unknown Origin écrit par la Grande Patti Smith.

Inutile de m'envoyer des commentaires comme quoi c'est pas le meilleur album du Cult. C'est MON album, celui par lequel tout est arrivé, conjointement au live pré-cité. Celui par lequel j'ai adhéré au Cult, baptisé que je fus dans les fleuves des enfers. Celui qui nous rendait fort, à l'époque. Ecouter le Blue Öyster Cult, c'était entrer parmi le cercle restreint des initiés. Celui qui faisait fi de votre acné et de l'indifférence des filles à votre égard. Car ça, ça n'était pas pour elles. Et quand on balançait Burning For You dans les boums, ces idiotes se trémoussaient sans même se rendre compte qu'on leur inoculait un poison violent, qu'elles gobaient benoîtement. Nous étions les Maîtres de la Seconde B. Nous pouvions tout.

Rien que pour ça, je n'oublierai jamais le Blue Öyster Cult.

Rien que pour ça, je hais Nicolas Ungemuth.

Rien que pour ça, il n'est pas impossible que je vous les balance tous petit à petit. De temps en temps. Quand le quotidien se fait si triste et que seul un petit morceau d'air guitar sur le riff de Joan Crawford peut vous rappeler que - comme disait Saint-John Perse, sinon l'enfance, qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?

You see me now, a veteran of a thousand psychic wars...

samedi 23 mars 2013

V/A "Mothers"

Mère de tout, mère de tous, passage incontournable ou manque abyssal, la Mère est un attribut fondamental de l'histoire de chacun.
Sans autre justification qu'un hommage "hors-saison" (on ne va quand même pas attendre le dimanche de mai, non mais), voici donc, puisque le sujet est richement évoqué, en titre ou en texte dans l'univers de la musique, une compilation dédié à la maternité.


Enjoie !

1. Gov't Mule "Mother Earth" 8:12
2. Peter Gabriel "Mother of Violence" 3:22
3. Johnny "Guitar" Watson "A Real Mother for Ya" 5:01
4. Paul Simon "Mother and Child Reunion" 3:03
5. The Divine Comedy "Mother Dear" 3:45
6. The Rolling Stones "Mother's Little Helper" 2:45
7. Cocoon "Mother" 3:09
8. Sly & the Family Stone "Mother Is a Hippie" 2:59
9. UFO "Mother Mary" 3:45
10. Nucleus "Earth Mother" 5:16
11. Mikrokosmos "Hold Like a Mother's Hand" 3:46
12. The Kinks "Mindless Child of Motherhood" 3:07
13. Townes Van Zandt "Our Mother the Mountain" 4:18
14. James Brown "Mother Popcorn (You Got to Have a Mother for Me) Part 1" 3:16
15. Ancestors "Mother Animal" 14:32
16. Leadbelly "Mother's Blues" 2:32

I love you, Mom!

jeudi 21 mars 2013

#6Z : Songs: Ohia "Axxes & Ace"

Je rebondis sur la juste émotion de Jeepeedee concernant la disparition ô combien prématurée d'un singer-songwriter qui, s'il est passé loin sous le radar d'un grand-public à la myopie récurrente, avait acquis une réputation underground avérée : Jason Molina (1973-2013), une vraie perte.

Je ne vous mentirai pas, je ne suis pas un spécialiste du sujet. Songs:Ohia m'avait interpelé à la grâce de quelques juteux articles dans une certaine presse "de bon goût" (inrocks, magic!, libé, ce genre de chose…) mais ce n’est qu’à cette formation, et plus précisément au présent album, que ma connaissance du "body of work" de Jason Molina se limite, la faute, sans doute, à de trop nombreuses excursions dans de trop nombreux genres m’ayant éloigné de l’univers "indie-folkompatible" du monsieur.

Or donc, à la nouvelle du décès du précité (à seulement 39 ans, supposément sans doute des suites d’années d’abus alcooliques… ça reste toutefois à confirmer), pas fan mais toujours attristé quand un artiste dont j’ai, avec plaisir, croisé la route ne serait-ce que fugacement, comme c’est le cas ici, vient à disparaitre, surtout si jeune, ben ça fait toujours un choc, quoi... Et j’ai donc décidé de ressortir Axxes & Ace, 3ème opus de Songs: Ohia sorti en 1999 sur l’excellent label indépendant Secretly Canadian pour voir de quoi il en retournait et, ce faisant, raviver quelques distants souvenirs.

Et grand bien m’en a pris ! Parce que ce folk rock mélancolique et gracieux fait toujours son très bel effet (peut-être un peu plus même sans doute du fait de l'évolution de mes préférences musicales). D’abord parce que la voix de Jason (cousine de celle de Geoff Farina de Karate, de Travis Morrison du Dismemberment Plan ou de grand-papa Neil), claire et forte, charrie à merveille les sentiments de désespoir doux-amer (oui !) des paroles. Ensuite parce que, musicalement, c’est un délice de variété et de mélodie avec, pourtant, une palette indie-folk à priori limitée. Enfin parce l’une (la voix) avec l’autre (la musique) offrent un tout qui outre sa cohérence, me parle par la beauté de sa simplicité, son immédiate accessibilité aussi, son impeccable résistance à l'usure du temps… Et la joie de retrouvailles, en l’occurrence.

Dire que ceci est particulièrement original serait mentir, les fantômes de Will Oldham (Palace Brothers, Bonie ‘Prince’ Billy, etc.), de Townes Van Zandt ou du précité papy canadien surgissent plus souvent qu’à leur tour. Le petit miracle demeurant que, si référencé qu’elle soit, la collection dépasse souvent ses modèles, les transcendent même. Collection bien servie, ceci se devait être précisé, par un casting de haut niveau (Edith Frost en voix de support sur quelques pistes, Julie Liu de Rex au violon, le multi-instrumentiste Michael Krassner du Boxhead Ensemble, etc.) particulièrement dédié à servir les compositions du maître de cérémonie.

A la réflexion, il me semble bien que mon éloignement de l’œuvre du sieur Molina tenait à quelques billets plus nuancés par les mêmes "bien-pensants culturels" évoqués plus haut dont on connait les affections changeantes au gré des modes et "dé-modes". A l’écoute d’Axxes & Ace, il semblerait bien que je doive reconsidérer cette distance. Que ce fut à l’aulne de la nouvelle de sa disparition est malheureux mais bon, quoi, comme on dit, the show must go on…and on... and on... Et il n'est jamais trop tard pour bien faire aussi, alors faisons et donnons posthumément à un artiste quasiment inconnu chez nous le retentissement qu'il aurait du avoir de son vivant, à commencer par ce bouquet de grâces chaudement recommandé.

1. Hot Black Silk 3:08
2. Love and Work 3:34
3. Love Leaves Its Abusers 3:47
4. Redhead 4:19
5. Captain Badass 7:13
6. Come Back to Your Man 5:57
7. Champion 2:39
8. How to Be Perfect Men 4:04
9. Goodnight Lover 6:58

Jason Molina (1973-2013)

mercredi 20 mars 2013

R.I.P. Jason Molina

Encore un. Bye bye Jason Molina, leader de Magnolia Electric Co., plus beau groupe américain depuis The Band. Fait chier.


mardi 19 mars 2013

#5Z : Thin Lizzy "Vagabonds of the Western World (deluxe)"

Parce qu'il n'est pas inutile de battre le fer tant qu'il est chaud, parce que cette ultime offrande du Lizzy 3 est la plus décisive de leur jeune carrière et parce que vous le méritez bien, je vous propose aujourd'hui une suite (une préquel comme on dit au ciné) à l'excellent Nightlife.

Demeuré un inébranlable trio jusque ce 3ème album, Thin Lizzy n'était alors que l'embryon du groupe ayant popularisé les "duelling guitars" avec Wishbone Ash au cœur des glorieuses 70’s. Pourtant - dans ce hard rock typiquement 70s parfumé de folk, de blues et de psychédélisme - les germes du génie de Lynott sont bien présentes.

Toujours chez Decca chez qui ils ont sorti leur deux précédents opus, Thin Lizzy ne reçoit que peu de promo d'un label qu'ils quitteront bientôt. Le potentiel ne manque pourtant pas et, du bluesy en diable "Mama Nature Said" qui ouvre l'album à la ballade "patchouli" qui le clôt ("A Song for While I'm Away"), c'est à une éfficace et variée collection de chansons à laquelle nous avons affaire.

Pas très éloignée de la formule popularisée par Cream, le Taste de leur compatriote Rory Gallagher ou l'Experience de Jimi Hendrix - celle du power trio hard'n'blues en gros - Thin Lizzy ne brille certes pas par son originalité. Evidemment, l'inimitable voix de Phil Lynott suffit à affirmer une identité à cette galette qui - entre les mains d'ouvriers moins dotés par les dieuxt - n'eût été qu'un album de plus dans la grande histoire du Rock'n'Roll. On n'est d'ailleurs pas loin de cet écueil sur le morceau le moins inspiré de ce "Vagabonds of the Western World". En effet, si le sympathique blues qu'est le bien nommé "Slow Blues" s'écoute sans déplaisir, il ne laisse pas exactement une impression durable (bien qu'il prenne une toute autre ampleur en live). Cependant, marque des (futurs) grands - et chose qu'on pourra aussi constater avec les débuts de carrières aussi incertains et inaboutis de Deep Purple ou d'Uriah Heep - même sur une composition moins ouvertement essentielle, on trouve plus de "machins" satisfaisants que dans les discographies combinées de tous les représentants de la britpop (de funeste mémoire).

Bien entendu, Lynott et Downey sont excellents. Tels qu’on les connaîtra dans les années à venir en fait. Quand à Eric Bell – le troisième larron et celui dont le départ déclenchera la révolution du duo de guitaristes – il n’est pas en reste dans un style relativement comparable à celui de Clapton période Cream y ajoutant tout de même – marque probabale de l’influence psychédélique – un petit quelque chose de "fluidement fou" qui n’est pas sans évoquer John Cippolina de Quicksilver Messenger Service et une "irlandité" bien ancrée.

La production de Nick Tauber, déjà responsable de la mise en son sur "Shades of a Blue Orphanage", est propre et appropriée à défaut d’être spectaculaire. L’ingé son connaîtra des heures plus fastes au début des années 80 avec notamment ses travaux sur les deux premiers albums de Marillion.

En définitive, si on devait reprocher une chose à cet excellent "Vagabonds of the Western World" c’est de ne posséder qu’une chanson réellement emblématique (The Rocker), heureusement, les différentes rééditions y ont accolé les singles de l’époque (le délicieux "Randolph’s Tango" et la fameuse reprise du traditionnel "Whiskey in a Jar") boostant d’autant une sélection déjà d’une belle qualité. La présente édition rajoute moult bonus. En plus des singles précités, de nombreuses sessions pour la BBC y sont présentées. Pas indispensables, elles montrent tout de même la belle qualité du groupe en trio ou déjà en quatuor avec l'arrivée de Robertson et Gorham (sur deux des bonus made in BBC) et même d'un Gary Moore de passage sur un Sitamoia d'anthologie (disque 1).

Vous l’aurez compris, "Vagabonds of the Western World" s’adresse avant tout aux fans hardcore de Thin Lizzy et aux amateurs de hard rock du début des années 70. Croyez-moi, ceux-ci seront comblés. Les autres devront avancer ici à pas de loup et y découvriront probablement un album de bien meilleure qualité que ce que sa réputation laissait entrevoir. Essentiel à la compréhension de l’évolutuon de Thin Lizzy, "Vagabonds of the Western World" n’est pas le meilleur album de ses auteurs mais un œuvre éminemment attachante néanmoins.

Disc 1
1. Mama Nature Said 4:52
2. The Hero And The Madman 6:08
3. Slow Blues 5:14
4. The Rocker 5:06
5. Vagabond Of The Western World 4:44
6. Little Girl In Bloom 5:13
7. Gonna Creep Up On You 3:27
8. A Song For While I'm Away 5:09
Bonus Tracks
9. Randolph's Tango 3:49
10. Broken Dreams 4:26
11. The Rocker (Single Edit) 2:41
12. Here I Go Again 3:53
13. Cruising In The Lizzymobile 4:07
14. Little Darling 2:55
15. Sitamoia 3:20
16. Slow Blues (1977 Overdubbed & Remixed Version) 4:43
17. Randolph's Tango (Radio Promo Edit) 3:22
18. Whiskey In The Jar (Single Edit) 3:43

Disc 2
BBC Radio 1 In Concert
1. The Rocker 5:53
2. Things Ain't Working Out Down At The Farm 7:32
3. Slow Blues 7:28
4. Gonna Creep Up On You 3:27
5. Suicide 4:28
BBC Radio 1, John Peel Session
6. Vagabond Of The Western World 4:28
7. Gonna Creep Up On You 3:22
BBC Radio 1 Rock On Session
8. Little Girl In Bloom 4:41
BBC Radio Bob Harris Session
9. Sitamoia 3:45
10. Little Darling 3:05
11. Slow Blues 5:31
12. Showdown 4:12
BBC Radio 1, John Peel Session
13. Black Boys On The Corner 4:13

(1) les Vagabonds
et les Vagabonds (2)

lundi 18 mars 2013

#4Z : Thin Lizzy "Nightlife (deluxe edition)"

Un "petit" classique afin de commencer la semaine en beauté, l'un de ces albums qui réunissent aussi ceux qui aiment le hard rock avec ceux qui n'y toucherait à priori pas parce que Thin Lizzy, quoi ! Un groupe pas tout à fait comme les autres qui a toujours (ou presque) su mettre de la soul dans sa dynamite.
 
Premier album en quatuor de Thin Lizzy suite au départ d’Eric Bell et à l’embauche d’une paire destinée à devenir légendaire : Brian Robertson et Scott Gorham. Album atypique aussi, transitoire.

Le passé du groupe est encore très présent dans le songwriting et les arrangements de Nightlife. Loin d’être la saillie frontale de son successeur, l’ultra-efficace Fighting, c’est une œuvre multiple, gorgée de la soul toujours si présente dans la voix de Phil Lynott, se baladant vers le blues le temps d’une renversante paire (le ténébreux et funky Night Life et l’émouvant Still in Love with You avec la guitare magique de Gary Moore pour un solo d’anthologie), l’influence folk irlandaise (Banshee ou un Philomena dédié à maman Lynott) et bien sûr d’explosifs hard-rockers qui aiguillent le groupe vers sa prochaine destination (It’s Only Money, Sha La La pour ne citer qu’eux). Ponctuellement, la marque de fabrique des guitares-sœurs est là, embryonnaire, pas encore tout à fait l’élément décisif du son de Thin Lizzy qu’elle deviendra, déjà plus qu’une esquisse.

Dans son acceptation originelle, Nightlife est un superbe album, annonciateur d’enregistrements également riches et variés (Black Rose, Renagade) et preuve d’un groupe dont l’inspiration dépasse et dévie notablement celle de la plupart de ses contemporains. Mais nous sommes aussi ici pour évoquer le Deluxe qui, sorti conjointement à Fighting, complète encore un peu plus une série où ne manquent plus que Renegade et Thunder & Lighting. Et donc les bonus. Généreux comme c’est souvent le cas dans les éditions « deluxe ». Tout un cd (46 minutes) pour moitié composé de BBC Sessions, pour le reste d’une démo avec Gary Moore et de chutes de studio. Evidemment, c’est la démo avec feu-Gary Moore qui « excite » le plus, comment aurait-il pu en être autrement ?

Les enregistrements pour la BBC se décomposent en deux sessions, respectivement captées les 3 et 23 octobre 1974. La qualité est celle d’une bonne retransmission radio soit imparfaite mais largement suffisante pour se rendre compte que Thin Lizzy n’ont pas le moindre problème à reproduire live (en studio pour la circonstance) ce qu’ils ont gravé sur album. Démo oblige, les trois titres enregistrés avec Gary Moore (et donc sans Robertson et Gorham) ne correspondent pas tout à fait aux standards hi-fi des versions de l’album. L’intérêt, quasi-archéologique, est évidemment d’y entendre Gary. Et on n’est pas déçu. Seul guitariste à bord, Moore, sans y être envahissant, appose sa touche allant même jusqu’à occuper le poste de second vocaliste sur Still in Love with You. Quand aux deux alternate takes qui concluent ces bonus tracks, pas extraordinaires, elles justifient l’emploi d’un double support (sans elles la durée n’eût pas dépassé les 80 minutes) et constituent une curiosité pour les fans, guère plus.

La version deluxe de Nightlife était-elle vraiment justifiée ? N’offrant pas le moindre véritable inédit, on peut en douter. Si les démos avec Gary, le luxueux digipack et son livret qui va bien sont autant de bonus bienvenus, le reste des ajouts est nettement plus anecdotique.  Reste que Nightlife, album réussi de bout en bout mais trop souvent cité quand on en vient à évoquer les grandes heures du plus grand groupe irlandais de tous les temps, méritait bien ce petit coup de projecteur.

CD 1
ALBUM

1. She Knows 5:13
2. Night Life 3:57
3. It's Only Money 2:47
4. Still in Love with You 5:40
5. Frankie Carroll 2:02
6. Showdown 4:32
7. Banshee 1:27
8. Philomena 3:41
9. Sha La La 3:27
10. Dear Heart 4:35

CD 2
BONUS TRACKS

- BBC Session 3 October 1974
1. She Knows 5:10
2. Sha-La-La 3:37
3. It's Only Money 2:43
4. Philomena 3:42
- BBC Session 23 October 1974
5. Dear Heart 4:28
6. Banshee 2:43
- Demo with Gary Moore
7. Showdown 3:53
8. Still in Love with You 6:26
9. It's Only Money 2:55
- Unreleased alternate take
10. Showdown 4:36
- Rough vocal Mix
11. Still in Love with You 6:02

La vie la nuit

vendredi 15 mars 2013

#161 : Max Richter "The 4 Seasons Recomposed by Max Richter"

Eh non eh non, ce n'est pas le gros cadeau annoncé qui inaugure cette nouvelle série de posts. Car finalement, ce disque résume bien des humeurs et tutoie la grâce d'une manière effrontée. Si je me souviens bien, La Rouge avait dû en parler lors d'un Concours des Bloggueurs, et en amateur invétéré de Perec, de l'Oulipo, de l'Oumupo et de toutes ses déclinaisons, je ne pouvais qu'être tenté par l'objet. A tel point qu'après avoir traîné tous les supermarchés du disque - dont certains agitateurs - voyez qui je veux dire qui n'y connaissaient que pouic - j'ai fini par l'acheter sur iTunes. Ne riez pas devant le manque, que celui qui n'a jamais fini une canette éventrée depuis le début de la soirée me jette la première bière.

Alors voilà, tout est dans le titre. On pourrait s'arrêter là, gloser sur Max Richter, Vivaldi et tout le tintouin mais aucune des deux solutions ne me semble satisfaisante.

Exercice de style prétentieux ? Faut pas toucher à Mozart et tout le cirque ? Oui, ça peut s'entendre. Dans ce malheureux pays, on a une fâcheuse tendance à enfermer l'art dans les musées pour que personne n'en profite ainsi qu'à considérer comme anathème toute tentative de faire avancer le Schmilblick, car le Schmilblick est chose sacrée ici-bas.

Le Schmilblick peut se retrouver au détour d'un riff de Brown Sugar comme d'une fable de Lafontaine. Le Schmilblick est ce fameux ingrédient tant maudit par plusieurs siècles d'alchimistes, qui change de façon désespérément évidente et systématique l'or en plomb.

Dès la 6ème, voire avant, nos cours de musique sont une ode à l'immuable Schmilblick. On apprend, dès que la zigounette commence à nous titiller, à rester sagement assis et à écouter Jean-Sébastien Bach pour mieux calmer nos hormones. On nous apprend, bien jeune, à détester Bartok car c'est évidemment insupportable quand le 12ème printemps pointe son nez. On nous enseigne donc que le Schmilblick nous suivra toute notre vie, transformant nos têtes blondes en malheureux cadres supérieurs quadragénaires plus soucieux d'un iPhone que du voisin qui crève la dalle, car ainsi le veut le Schmilblick, les deux personnages ici évoqués ont été, chacun à sa façon, transformés en chapes de plomb. L'un sait qu'il a une vie de merde, l'autre ne le sait pas, mais tous deux s'en contentent.  Le Schmilblick nous a permis de supporter cinq ans de Sarkozysme sans broncher, et - pour citer Laurent Gerra, ce qui est plutôt rare ici - se laisser berner par les promesses déjà non tenues du porcinet sudoripare qui nous gouverne. Car le Schmilblick les tient, eux aussi.

Alors, ce disque pose question a qui veut bien l'entendre. On voudrait revivre. Ca voudrait dire on voudrait vivre encore la même chose. Refrain connu chez Manset. C'est pas faux, mais mieux vaut tenter le grand saut, la grande question : est-il possible, ce miracle de revivre la même chose, autrement ? Envoyer valdinguer Vivaldi et sa partoche poussiéreuse, qui d'ailleurs s'en fiche putridement, snober les Gardiens du Temple, pisser contre le Grand Schmilblick comme les Who de la grande époque !

Alors oui, ce disque est le plus grand disque de rock'n'roll qu'il m'ait été donné d'entendre. Ce disque hurle le One More Tiiime ! auquel on ne croyait plus.

Et puisque c'est le printemps, que les bourgeons naissent sur la face des adolescents, profitons-en. Il faut croire que c'est possible, et peut-être que ça ira.

Allegretto ma non troppo

mardi 12 mars 2013

V/A "These Friends of Mine"

Ha ! L'amitié, précieuse compagne dont on ne saurait se départir, quelque soit l'enjeu, quelque soit le prix. Avoir un (des) ami(s) est le plus beau cadeau que la vie puisse faire, vous en conviendrez.

Comme l'ami (justement) Michards le faisait hier sur le blog de ses belles compilations, je vous propose 70 minutes et 18 titres sur ce thème éternel et souvent abordé par de très nombreux artistes. Sélection anglophone (même Brel y est passé à la moulinette shakespearienne du Manic Street Preacher en chef, James Dean Bradfield) initialement prévue pour le blog Baistophe (mais jamais publiée), je vous la livre avec son artwork spartiate et ses sons affriolants.

Enjoie !
 
1. Ian & Sylvia "Friends of Mine" 3:36
2. Queen "You're My Best Friend" 2:49
3. The Doors "A Feast of Friends" 2:09
4. The Kinks "All My Friends Were There" 2:23
5. The Easybeats "Who Are My Friends" 3:11
6. The Meters "You're a Friend of Mine" 4:05
7. James Dean Bradfield "To See a Friend in Tears" 3:36
8. Led Zeppelin "Friends" 3:44
9. Mink DeVille "Just Your Friends" 4:09
10. Ella Fitzgerald & Louis Armstrong "Can't We Be Friends?" 3:45
11. Paul McCartney "Friends to Go" 2:43
12. Motorpsycho "My Best Friend" 4:15
13. Lou Reed "She's My Best Friend" 5:55
14. Tom Petty "To Find a Friend" 3:22
15. Rancid "Old Friend" 2:53
16. Herman Düne "When We Were Still Friends" 2:35
17. The Cardigans "Losing a Friend" 3:41
18. Average White Band "Wasn't I Your Friend" 6:15