J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


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dimanche 25 septembre 2011

#35: The Who "Sell Out"

Quand on pense aux Who, on pense généralement à Tommy, Who's Next ou encore au fantasmagorique Live At Leeds réédité une x-ième fois il y a peu, encore enrichi (mais où vont-ils chercher toutes ces bandes), on change pas un album qui gagne (coût financier quasi-nul pour Universal et pépettes en pagaille juste avant Noël, c'est d'une logique sans appel). Ces trois albums ont évidemment en commun le riff qui tue, la rythmique de plomb et les envolées vocales de Roger Daltrey. On ne va pas s'en plaindre, pour sûr, c'était kekchose.

Pourtant, il existe un joyau dans leur discographie, trop souvent oublié : Sell Out. D'abord, une pochette géniale, provoc' et drôle à souhait et puis surtout, la musique... de la Brit Pop intelligente et finement ciselée à tous les étages, même si ça cogne parfois (I Can See For Miles) et qu'on voit le vent venir... De l'immense et psychédélique Armenia City In The Sky d'ouverture, en passant par leur ode à la branlette assistée (Mary Anne With The Shaky Hand, toute acoustique et faussement innocente) ou encore I Can Reach You, au hasard, tout est ici fort agréable et rafraichissant.

Et le plus drôle, dans le cynisme dont les Who nous gratifient ici, ce sont ces fausses pubs entre les morceaux, pour la BBC, le Coca-Cola, un déodorant, etc. On en riait sans doute à l'époque, aujourd'hui tout ça paraît normal. C'est même parfois un vrai chemin de croix pour accéder au film de ce DVD que vous avez pourtant acheté... Sans compter qu'en plus d'être drôles, ces fausses pubs démontrent, si besoin était, l'imagination dont faisait preuve Pete Townshend (Heinz Baked Beans est un régal à cet égard, et la pub pour Coca Cola un poil trash - génial).

Magnifiquement remasterisé pour l'époque (1994), tout ça s'écoute d'une traite.

On en vient quand même un peu à regretter, du moins c'est mon cas, cette recette, cette empreinte - présente ici en filigrane - qu'ils n'auront cesse de reproduire par la suite. Un peu comme les Stones, une fois que Keith Richards aura découvert l'open de sol, qu'il re-casera ad libitum (Brown Sugar, Happy, Start Me Up...). Une marque de fabrique, certes. Mais quand la musique devient fabrique, usine, ça perd quand même beaucoup de son intérêt...

Et ici, malgré toutes ces pubs, ça n'est pas encore le cas...