J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


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mercredi 12 octobre 2011

#55: Madeleine Peyroux "Careless Love"

Vous connaissez tous ces compiles, genre "j'aime pas la musique classique mais ça, j'aime bien". Mon problème à moi, c'est que le jazz vocal a tendance à m'ennuyer très rapidement, et j'ai en conséquence beaucoup dormi pendant que Diana Krall et surtout Norah Jones créaient le buzz dans les années 2003-2004. Et puis, dans un article de Rock & Folk, Patrick Eudeline a su suffisamment me toucher en parlant de Madeleine Peyroux pour que j'achète cette galette. J'ai appris depuis qu'elle en a vendu un bon million d'exemplaires, mais on m'avait rien dit.

Rien que la pochette m'a affolé. La féline Madeleine en robe du soir assise là dans une rue mal famée de New York ou d'ailleurs, glups... Ensuite, le label, Rounder Records, m'a rassuré, ces gens-là ne sortent pas n'importe quoi.

Et puis j'ai écouté l'album... et j'y trouve mon compte. Des arrangements chiadés mais vivants, de la guitare, de l'orgue, bref, pas le schéma basse/batterie/piano traditionnel. Des reprises osées (Elliot Smith dans Between The Bars, Hank Williams dans Weary Blues) dont certaines carrément réussies. Le Dance Me To The End Of Love laisse sur place le vieux Leonard Cohen, et You're Gonna Miss Me When You Go écrase la version de Dylan. Pas rien. Entre deux, je me permets de moins accrocher à certains trucs, mais ce disque, que j'ai écouté en boucle dans ma bagnole aujourd'hui, a sur me réveiller suffisamment de fois pour que je l'explore plus à fond. J'aime l'idée, ça me rappelle un peu Brad Mehldau qui ose des reprises de Radiohead, Nick Drake ou autres, malgré son estampille jazz pur jus.

Et puis cette voix, veloutée mais insolente, moi ça me tue. Je vais encore m'attirer des foudres si je parle de Billie Holliday, alors je n'en parlerai pas. Pas assez calé sur le sujet, pas prêt à répondre aux remarques qui vont fuser.

Alors voilà, si vous n'êtes pas dans le million d'acheteurs de l'album, peut-être que mon petit post aura servi à quelque chose d'autre qu'à passer pour un âne inculte. Pour être tout à fait honnête, je préfère même son dernier album, Standing On The Rooftop, qui me fait frissonner carrément du début à la fin, mais comme Lyc l'a déjà balancé...

Si donc il reste 2-3 ânes qui n'ont pas encore testé les vocalises de la belle Madeleine (celle-ci est à moi ! pas à Proust), c'est par-là :

Careless Love

PS : et si vous avez des liens (pas avec elle, je la veux pour moi tout seul) vers ses autres albums, merci par avance de laisser des commentaires. Je la veux toute à moi.