Bon, pour ceux qui ne le savaient pas, Jeepeedee, mézigue, a déménagé aux Antilles et se la coule douce sous le soleil, le rhum et la plage, coquillages et crustacés à tous les étages.
Donc, de retur (rapide) en métropole (comme on dit là-bas), un petit cadeau avant un postultérieur qui risque de tarder. Les acras de morue, les baignades avec les tortues grèvent ma motivation à bloguer, d'autant plus que ma collection de disques part dans des cartons incertains chez des amis cette scrupuleux, mais envers lesquels j'aurai du mal à demander tel ou tel rip.
Il faudra(it) donc que je me mette à leecher, et, si je l'ai déjà fait par flemme, j'abhorre l'idée d'en faire mon quotidien.
Soit, donc, gavez-vous de ce double CD de Frémaux & Associés, c'est-à-dire bien conçu, bien masterisé, tout bien, quoi : Voodoo In America.
Chez moi, les cocotiers dansent de façon syncopée, Bo Diddley Style. Et les tambours balancent pareil dans les rues de Saint-Esprit, Ducos et Fort-de-France... Manama... Oui, je me rapproche du vaudou, Port-aux-Princes est à une encablure de chez moi. Vas pas trainer la nuit dehors et va pas parler mal à qui te connais pas. Pattes de poulet devant la porte assurés. Et qui sait, après...
Bon, maintenant, la Martinique fait officiellement partie des Départements Français d'Amérique, donc, je m'autorise à penser que cette formidable compilation sera mon compagnon de voyage...
Et je vous la livre, au menu, Bo Diddley, Chuck Berry, John Coltrane, Howlin' Wolf, Memphis Minnie, Muddy Waters, J.B. Lenoir, (je continue ?), Robert Johnson, Screamin' Jay Howkins, Jelly Roll Morton, et bien d'autres encore revus sous l'angle du terrible vaudou carribéen. Mazette, sucette et moulte autres diattribes appropriées, y'a de quoi faire, d'autant que le calypso n'est pas de reste dans l'affaire ! Et le reste à l'envi...
Envoyez les percus, lâchez votre whisky pour un rhum, éteignez les lumières et profitez de ce voyage vaudou, perdu corps et âmes dans un trip immémorial, et pensez à moi, sous mes bananiers, dans la torpeur tropicale, avec cette Histoire qui baigne toujours dans la mangrove. Il y a des crossroads partout, ici...
Love Potion No. 9
J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.
Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?
- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -
lundi 30 mars 2015
dimanche 15 février 2015
#180 : John Scofield "Uberjam Deux"
Que diable vient foutre un album d'un vieux jazzman, guitariste de surcroît, et donc forcément sur le retour ? Soyons clairs d'emblée, la guitare dans le jazz, et les exploits en mode mixolydien altéré me foutent à peu près autant la trique qu'un hachis parmentier de Leader Price. John Scofield, donc, je connaissais de nom. C'est important, que de connaître de nom, ça évite des achats compulsifs déprimants pour cause de quatre étoiles Télérama, ou, on le sait bien, ils sont payés pour écrire des articles et non pour écouter de la musique ouencore regarder la télé, qu'ils détestent d'ailleurs. On peut dès lors s'interroger sur leur passion pour la musique. Ces gens-là sont dangereux.
Et puis, honnêtement, comment peut-on devenir guitariste de jazz ? Cela doit demander huit heures de travail quotidien pour astiquer son manche. Je ne vois guère cette passion naissante que dans l'esprit d'adolescents pré-pubères peinant à l'érection. Parce que leur maman leur mettait des jupes, ou que la vision de leur visage bourgeonnant devant le miroir les décourage à jamais de croire, ne serait-ce qu'un instant, que ces pustules turgescentes pourraient évoquer le moindre sentiment chez la voisine d'en face. Ils ont sans doute raison de se mettre au jazz, il n'y a pas de sot métier, et comme en général ils sont chétifs et bègues, ils ne peuvent envisager un CAP de tourneur-fraiseur.
Nul besoin donc de wikipedia pour me retracer le parcours de John Scofield. Je ne peux pas m'attendrir sur tous les malheurs du monde, et c'est très bien comme ça.
A l'inverse, moi, qui en suis resté à la pentatonique mineure durant mon adolescence (ce n'est pas une maladie, c'est juste la première gamme que vous travaillez si vous croyez, à cet âge-là, que pour devenir une rock-star et boire des bières à foison, il vous faut suivre des cours, comme pour votre CAP de tourneur-fraiseur). Je jammais donc avec effervescence (débouté par ma voisine d'en face) sur de longs morceaux du Grateful Dead, qui ne jouait pas speed, et qui donc permettait à ma piètre vélocité de s'exprimer avec grâce et (certes quelques) aléas. Aléas que je mettais sur le compte de mon penchant inné pour le jazz que je n'avais jamais écouté. Comprenez donc que j'étais un génie, incompris certes, mais un génie quand même. Miles Davis, dont j'avais dû lire une interview, vantait le less is more. Juste les bonnes notes, le silence faisant le reste. Aussi, même lorsqu'après avoir rétamé la gamme pentatonique en trois allers et retours de manche, mon silence relevait encore de ce génie inné chez moi. Je sais, c'est parfois dur à avouer à toute la blogosphère un talent que l'on sait intact mais pourtant si peu reconnu. Si je le fais, c'est pour la gloire de la musique. Uniquement. Pas parce que ma mère me mettait des jupes quand j'étais petit, ça n'a rien à voir et cela n'a aucune importance.
Ainsi donc, ma vie a constitué à écouter plein de disques de rock, que je méprisai aussitôt, en jazzman génial et inné que j'étais. Je me les commentais intérieurement, du style - tiens, moi j'aurais pas collé un solo à la fin de Stairway To Heaven, ça n'apporte rien aux arpèges du début - arpèges que je répétais minutieusement pour bien en saisir le thème, vous voyez ? Pascale m'avait même dit que je jouais super bien de la guitare. J'abandonnais ma reprise au bout d'une minute trente, justifiant qu'après cela devenait vulgaire et inintéressant, tu comprends, la guitare électrique, tout ça. Pascale m'avait de fait abandonné pour les mêmes raisons me concernant. Je devenais vulgaire et inintéressant au bout d'une minute trente.
C'est donc il n'y a pas très longtemps que je me suis acheté un magasine - Guitar Player je crois- pour essayer de voir ce que les amateurs non inspirés pourraient trouver comme riffs et licks à développer. J'ai eu beaucoup de mal à les reproduire. Je suis un créateur, pas un simple imitateur, et je méprise autant que je me protège des influences externes pouvant altérer mon potentiel créatif. Aussi ai-je intégré dans mes créations (dont Slow Blues For One Note), des boucles de boîte à rythme, des samples, voire même des licks de guitare issues de collections de boucles diverses et variées. J'appose mon génie minimaliste sur ces artefacts bien trop érudits pour être honnêtes. Ha ! si vous entendiez mon Fa # sur Still the Same Pitch, vous n'en reviendriez pas, c'est cette note qui colore tout le morceau !
Enfin bon, je ne peux pas me permettre de ne parler que de mon génie. Aussi quand j'ai eu connaissance de cet album de John Scofield, jouant avec - certes des musiciens - mais aussi des samples - cela m'a convaincu qu'il était temps pour moi enfin d'oser écouter ce guitariste merdeux, qui semblait enfin avoir compris la simplicité et la modernité des productions musicales actuelles. Un morceau - ou plutôt son titre - tel Boogie Stupid - ne pouvait que me confirmer que j'étais sur la bonne voie.
(...)
J'ai fait écouter ce disque à Pascale, qui depuis qu'elle souffre d'une infection de l'épiderme assez répugnante il est vrai consent à revenir me voir de temps en temps. Je pense qu'il se passe quelque chose d'émotionnellement très fort entre nous.
Ce qu'elle m'a dit m'a fait de la peine. En gros, je devrais moi aussi consentir à rajouter quelques notes à mes morceaux, même si, là, sur cet album, les thèmes sont plutôt orientés groove, que cela n'a rien de prétentieux, et que ma foi c'est un super album, qui dépote tranquillement (elle m'a même demandé de lui graver le CD, ce qu'elle n'a jamais fait pour mon quadruple album Still The Same But Life Goes On, sans doute par timidité).
Ce soir j'ai remis une jupe, je trouve que je joue beaucoup mieux déjà. Il n'y a pas que le sexe dans la vie.
Just Don't Want To Be Lonely
Et puis, honnêtement, comment peut-on devenir guitariste de jazz ? Cela doit demander huit heures de travail quotidien pour astiquer son manche. Je ne vois guère cette passion naissante que dans l'esprit d'adolescents pré-pubères peinant à l'érection. Parce que leur maman leur mettait des jupes, ou que la vision de leur visage bourgeonnant devant le miroir les décourage à jamais de croire, ne serait-ce qu'un instant, que ces pustules turgescentes pourraient évoquer le moindre sentiment chez la voisine d'en face. Ils ont sans doute raison de se mettre au jazz, il n'y a pas de sot métier, et comme en général ils sont chétifs et bègues, ils ne peuvent envisager un CAP de tourneur-fraiseur.
Nul besoin donc de wikipedia pour me retracer le parcours de John Scofield. Je ne peux pas m'attendrir sur tous les malheurs du monde, et c'est très bien comme ça.
A l'inverse, moi, qui en suis resté à la pentatonique mineure durant mon adolescence (ce n'est pas une maladie, c'est juste la première gamme que vous travaillez si vous croyez, à cet âge-là, que pour devenir une rock-star et boire des bières à foison, il vous faut suivre des cours, comme pour votre CAP de tourneur-fraiseur). Je jammais donc avec effervescence (débouté par ma voisine d'en face) sur de longs morceaux du Grateful Dead, qui ne jouait pas speed, et qui donc permettait à ma piètre vélocité de s'exprimer avec grâce et (certes quelques) aléas. Aléas que je mettais sur le compte de mon penchant inné pour le jazz que je n'avais jamais écouté. Comprenez donc que j'étais un génie, incompris certes, mais un génie quand même. Miles Davis, dont j'avais dû lire une interview, vantait le less is more. Juste les bonnes notes, le silence faisant le reste. Aussi, même lorsqu'après avoir rétamé la gamme pentatonique en trois allers et retours de manche, mon silence relevait encore de ce génie inné chez moi. Je sais, c'est parfois dur à avouer à toute la blogosphère un talent que l'on sait intact mais pourtant si peu reconnu. Si je le fais, c'est pour la gloire de la musique. Uniquement. Pas parce que ma mère me mettait des jupes quand j'étais petit, ça n'a rien à voir et cela n'a aucune importance.
Ainsi donc, ma vie a constitué à écouter plein de disques de rock, que je méprisai aussitôt, en jazzman génial et inné que j'étais. Je me les commentais intérieurement, du style - tiens, moi j'aurais pas collé un solo à la fin de Stairway To Heaven, ça n'apporte rien aux arpèges du début - arpèges que je répétais minutieusement pour bien en saisir le thème, vous voyez ? Pascale m'avait même dit que je jouais super bien de la guitare. J'abandonnais ma reprise au bout d'une minute trente, justifiant qu'après cela devenait vulgaire et inintéressant, tu comprends, la guitare électrique, tout ça. Pascale m'avait de fait abandonné pour les mêmes raisons me concernant. Je devenais vulgaire et inintéressant au bout d'une minute trente.
C'est donc il n'y a pas très longtemps que je me suis acheté un magasine - Guitar Player je crois- pour essayer de voir ce que les amateurs non inspirés pourraient trouver comme riffs et licks à développer. J'ai eu beaucoup de mal à les reproduire. Je suis un créateur, pas un simple imitateur, et je méprise autant que je me protège des influences externes pouvant altérer mon potentiel créatif. Aussi ai-je intégré dans mes créations (dont Slow Blues For One Note), des boucles de boîte à rythme, des samples, voire même des licks de guitare issues de collections de boucles diverses et variées. J'appose mon génie minimaliste sur ces artefacts bien trop érudits pour être honnêtes. Ha ! si vous entendiez mon Fa # sur Still the Same Pitch, vous n'en reviendriez pas, c'est cette note qui colore tout le morceau !
Enfin bon, je ne peux pas me permettre de ne parler que de mon génie. Aussi quand j'ai eu connaissance de cet album de John Scofield, jouant avec - certes des musiciens - mais aussi des samples - cela m'a convaincu qu'il était temps pour moi enfin d'oser écouter ce guitariste merdeux, qui semblait enfin avoir compris la simplicité et la modernité des productions musicales actuelles. Un morceau - ou plutôt son titre - tel Boogie Stupid - ne pouvait que me confirmer que j'étais sur la bonne voie.
(...)
J'ai fait écouter ce disque à Pascale, qui depuis qu'elle souffre d'une infection de l'épiderme assez répugnante il est vrai consent à revenir me voir de temps en temps. Je pense qu'il se passe quelque chose d'émotionnellement très fort entre nous.
Ce qu'elle m'a dit m'a fait de la peine. En gros, je devrais moi aussi consentir à rajouter quelques notes à mes morceaux, même si, là, sur cet album, les thèmes sont plutôt orientés groove, que cela n'a rien de prétentieux, et que ma foi c'est un super album, qui dépote tranquillement (elle m'a même demandé de lui graver le CD, ce qu'elle n'a jamais fait pour mon quadruple album Still The Same But Life Goes On, sans doute par timidité).
Ce soir j'ai remis une jupe, je trouve que je joue beaucoup mieux déjà. Il n'y a pas que le sexe dans la vie.
Just Don't Want To Be Lonely
lundi 2 février 2015
#179 : Bob Dylan "Shadows In The Night"
Soyons clairs, ce "nouveau Dylan" est un non-événement. Le concept même de "nouveau Dylan" a perdu de sa superbe depuis... pff... 1978 ? Oui, c'est ça. Ce qui a suivi (les albums catho, les albums merdouillards, le silence...) a définitivement lassé les plus coriaces. Plus personne n'attend rien de Dylan, et c'est au moins tant mieux pour lui. Ca lui aura permis d'étonner par ses coups de génie (Time Out Of Mind), quelques bons morceaux dans des albums quoiqu'on en dise très inégaux (Love & Theft et - déjà - ses passages jazzouilleux grotesques), jusqu'au Tempest dernier qui franchement... franchement... était un peu mieux que son album de chansons de Noël. Vous m'excuserez de ne pas arriver à être totalement méchant, du moins pas autant qu'avec Genesis. Chacun ses faiblesses. Alors, qu'aujourd'hui, après le mini-raout justifié des Basement Tapes enfin compilées quasi-intégralement par CBS pour les trois lecteurs des Inrocks qui n'avaient pas encore les pirates (z'avaient qu'à lire ce blog, les cons), sorte un album de reprises de chansons reprises par Sinatra, en pleine torpeur hivernale, on ne va pas fouetter un chat.
Dylan, depuis bien longtemps, depuis, disons, 1997, surfe sur une vague qui doit lui paraître douce : celle de la gentille constance dans les propos et opinions des fans, des critiques et des indifférents qui ne prennent même plus le temps de lui reprocher de chanter faux. La paix, royale, sur la route, comme un papillon attiré par un lampadaire, qui sait qu'il va se griller les ailes dans une quête qui n'intéresse que lui, mais qui semble pressé d'en finir dans cette course au soleil absurde.
OK, Dylan fut le symbole du renouveau folk, le symbole de la révolte et de la liberté, le symbole du retour à la campagne et du country-rock, le symbole de l'artiste poète et bohémien, le symbole du salaud vendu, le symbole du couillon ayant vu la lumière divine, le symbole de l'artiste toujours capable de pas faire de la merde, le symbole de... j'en passe et des meilleures.
Comme si personne ne semblait, ne voulait voir en lui le symbole de l'homme fatigué. Good As I Been To You, c'est ainsi que se nommait son recueil de vieilleries pré-folk de 1992, avec sa pochette hideuse et sa voix de canard, flinguant d'entrée tout espoir de grand retour. Comme s'il ressentait le besoin de payer son tribut à un diable quelconque rencontré à la croisée des chemins. Un diable en forme de foule bêlante lui réclamant depuis des lustres un tribut qu'il ne voulait pas payer pour ces quelques dollars et ces quelques amphétamines joyeusement gagnés au début de sa carrière.
Poussant le ridicule jusqu'à passer par la case Unplugged, il ne pourra s'empêcher de revenir la tête haute pour ce ténébreux Time Out Of Mind. Dans lequel, après avoir presque retrouvé Elvis, selon ses propres dires et suite à une infection pulmonaire carabinée, il chantait qu'il ne faisait pas encore noir, mais presque.
Ce coup-ci on y est. La nuit est tombée, il y croise des ombres. Des fantômes ? Lesquels ? Non plus les Blind Willie McTell, les Mississippi Sheiks d'antan, ni même les Hank Williams ou les Roscoe Holcomb du côté plus blanc que blanc. Non plus ceux-là même dont il s'est tant inspiré, dont il a su - s'il ne devait avoir qu'un seul talent - sucer jusqu'à la moelle les trois pauvres accords Mi-La-Si des gens rustres qui n'avaient jamais imaginé la couleur d'un do septième diminué. Au risque d'inspirer toute la folle épopée des Beatles, des Stones, mettant définitivement à l'écart Tin Pan Alley, le jazz et toutes ces musiques par trop savantes, complexes ou prétentieuses que la jeunesse des sixties comptait bien balayer à coup de mini-jupes, de Power To The People et autres conneries cool, aujourd'hui remplacées par l'ipad, l'iphone, l'itruc et autres tendances connectées.
Là, donc, ce qu'il nous chante, dans tous les sens du terme, c'est bien cette époque qu'il a mise à mal, volontairement ou non. Sans doute tout cela est-il très honnête (si l'on peut toujours considérer comme honnête un artiste ex-sulfureux qui chante le père Noël à 70 balais). Et pourquoi n'aurait-il pas le droit, lui aussi, d'ouvrir le Great American Songbook, comme un Rod Stewart ou un (aïe) Robbie Williams ?
Le vieux con que je suis ne peut pas s'empêcher d'essayer de comprendre. La musique n'aide en rien. Au chapitre des éloges, on pourra s'étonner de la qualité de son groupe, merveilles de pedal-steel onctueuse là où des violons auraient été indigestes, summum de délicatesse dans les guitares, bref, oui, tout amateur éclairé appréciera. Après, on a également le droit de rire en l'entendant nous chanter les Feuilles Mortes. Après tout, Iggy Pop nous l'a bien fait, et Dylan au moins évite Joe Dassin.
Indécrotable fan pressé que je suis, j'ai découvert l'album en téléchargement deux jours avant sa sortie. Et n'y ai rien compris.
Il m'a fallu l'acheter (certains donnent bien des sous pour le Téléthon) pour, en regardant la photo constituant le verso de la pochette, y voir plus clair. Terriblement plus clair :
Voyez-vous ce vieil homme bien habillé, comme s'il se préparait à un mariage, enlacer cette femme masquée, les deux regardant d'un air intrigué un vieux 45 tours de chez Sun ? La dame en noir a des airs de camarde ou je ne m'y connais pas en symbolisme. Le vieux grigou paie ses dettes avant d'aller voir ailleurs, et il semblerait qu'il ait un dû à payer : C'est ça que tu veux que je chante ? Oui, tu ferais bien de faire profil bas avant de t'en aller. Chanter, tel un bon chien-chien, tout cet establishment que tu as mis à mal. Vas-y, essaye de l'imiter, Frankie, avec ta voix en forme de balai de chiotte et ton indécrottable aura de folksinger qui t'a collé aux basques. Rien, tu n'as rien changé, tu le sais, tu dois payer.
Vous me direz que je délire. Le Bob reprenait déjà Lucky Old Sun avec Tom Petty en 1986. Il a même ânonné son Restless Farewell au concert en hommage à Sinatra. Il a osé reprendre Charles Aznavour sur scène. Il parle même, au sujet de cet album, de ces chansons qu'il a toujours aimées. Et alors ? Je ne dis pas que le vieux Dylan serait victime de Belzébuth. Je pense même qu'il est conscient de toutes les mascarades qu'il a jouées, ceci dit cantonnées aux trois canoniques accords du rock'n'roll ou du folk, n'osant le jazz merdeux que dans les années 2000 (malgré une approche timide avec If Dogs Run Free dès 1970). Simplement, là, il explique les choses très clairement. A ceux dont les yeux se sont habitués à l'obscurité. Ou plutôt, à ceux qui n'ont pas voulu comprendre ce qu'il disait - même trop rarement - dans ses interviews : tout cela n'aura été qu'une mascarade, qu'une mauvaise farce. La nuit est tombée. Il y croise des ombres, celles qui avant lui sans doute pensaient avoir touché la grâce divine, ou plutôt qui avaient touché des coeurs aujourd'hui réduits en poussière, et qui errent dans un oubli qu'on espère reposant. Et qu'il sait devoir retrouver bientôt.
Etrange, que de se promener dans le brouillard. Tout le monde est seul (Hermann Hesse)
Why Try To Change Me Now ?
Dylan, depuis bien longtemps, depuis, disons, 1997, surfe sur une vague qui doit lui paraître douce : celle de la gentille constance dans les propos et opinions des fans, des critiques et des indifférents qui ne prennent même plus le temps de lui reprocher de chanter faux. La paix, royale, sur la route, comme un papillon attiré par un lampadaire, qui sait qu'il va se griller les ailes dans une quête qui n'intéresse que lui, mais qui semble pressé d'en finir dans cette course au soleil absurde.
OK, Dylan fut le symbole du renouveau folk, le symbole de la révolte et de la liberté, le symbole du retour à la campagne et du country-rock, le symbole de l'artiste poète et bohémien, le symbole du salaud vendu, le symbole du couillon ayant vu la lumière divine, le symbole de l'artiste toujours capable de pas faire de la merde, le symbole de... j'en passe et des meilleures.
Comme si personne ne semblait, ne voulait voir en lui le symbole de l'homme fatigué. Good As I Been To You, c'est ainsi que se nommait son recueil de vieilleries pré-folk de 1992, avec sa pochette hideuse et sa voix de canard, flinguant d'entrée tout espoir de grand retour. Comme s'il ressentait le besoin de payer son tribut à un diable quelconque rencontré à la croisée des chemins. Un diable en forme de foule bêlante lui réclamant depuis des lustres un tribut qu'il ne voulait pas payer pour ces quelques dollars et ces quelques amphétamines joyeusement gagnés au début de sa carrière.
Poussant le ridicule jusqu'à passer par la case Unplugged, il ne pourra s'empêcher de revenir la tête haute pour ce ténébreux Time Out Of Mind. Dans lequel, après avoir presque retrouvé Elvis, selon ses propres dires et suite à une infection pulmonaire carabinée, il chantait qu'il ne faisait pas encore noir, mais presque.
Ce coup-ci on y est. La nuit est tombée, il y croise des ombres. Des fantômes ? Lesquels ? Non plus les Blind Willie McTell, les Mississippi Sheiks d'antan, ni même les Hank Williams ou les Roscoe Holcomb du côté plus blanc que blanc. Non plus ceux-là même dont il s'est tant inspiré, dont il a su - s'il ne devait avoir qu'un seul talent - sucer jusqu'à la moelle les trois pauvres accords Mi-La-Si des gens rustres qui n'avaient jamais imaginé la couleur d'un do septième diminué. Au risque d'inspirer toute la folle épopée des Beatles, des Stones, mettant définitivement à l'écart Tin Pan Alley, le jazz et toutes ces musiques par trop savantes, complexes ou prétentieuses que la jeunesse des sixties comptait bien balayer à coup de mini-jupes, de Power To The People et autres conneries cool, aujourd'hui remplacées par l'ipad, l'iphone, l'itruc et autres tendances connectées.
Là, donc, ce qu'il nous chante, dans tous les sens du terme, c'est bien cette époque qu'il a mise à mal, volontairement ou non. Sans doute tout cela est-il très honnête (si l'on peut toujours considérer comme honnête un artiste ex-sulfureux qui chante le père Noël à 70 balais). Et pourquoi n'aurait-il pas le droit, lui aussi, d'ouvrir le Great American Songbook, comme un Rod Stewart ou un (aïe) Robbie Williams ?
Le vieux con que je suis ne peut pas s'empêcher d'essayer de comprendre. La musique n'aide en rien. Au chapitre des éloges, on pourra s'étonner de la qualité de son groupe, merveilles de pedal-steel onctueuse là où des violons auraient été indigestes, summum de délicatesse dans les guitares, bref, oui, tout amateur éclairé appréciera. Après, on a également le droit de rire en l'entendant nous chanter les Feuilles Mortes. Après tout, Iggy Pop nous l'a bien fait, et Dylan au moins évite Joe Dassin.
Indécrotable fan pressé que je suis, j'ai découvert l'album en téléchargement deux jours avant sa sortie. Et n'y ai rien compris.
Il m'a fallu l'acheter (certains donnent bien des sous pour le Téléthon) pour, en regardant la photo constituant le verso de la pochette, y voir plus clair. Terriblement plus clair :
Voyez-vous ce vieil homme bien habillé, comme s'il se préparait à un mariage, enlacer cette femme masquée, les deux regardant d'un air intrigué un vieux 45 tours de chez Sun ? La dame en noir a des airs de camarde ou je ne m'y connais pas en symbolisme. Le vieux grigou paie ses dettes avant d'aller voir ailleurs, et il semblerait qu'il ait un dû à payer : C'est ça que tu veux que je chante ? Oui, tu ferais bien de faire profil bas avant de t'en aller. Chanter, tel un bon chien-chien, tout cet establishment que tu as mis à mal. Vas-y, essaye de l'imiter, Frankie, avec ta voix en forme de balai de chiotte et ton indécrottable aura de folksinger qui t'a collé aux basques. Rien, tu n'as rien changé, tu le sais, tu dois payer.
Vous me direz que je délire. Le Bob reprenait déjà Lucky Old Sun avec Tom Petty en 1986. Il a même ânonné son Restless Farewell au concert en hommage à Sinatra. Il a osé reprendre Charles Aznavour sur scène. Il parle même, au sujet de cet album, de ces chansons qu'il a toujours aimées. Et alors ? Je ne dis pas que le vieux Dylan serait victime de Belzébuth. Je pense même qu'il est conscient de toutes les mascarades qu'il a jouées, ceci dit cantonnées aux trois canoniques accords du rock'n'roll ou du folk, n'osant le jazz merdeux que dans les années 2000 (malgré une approche timide avec If Dogs Run Free dès 1970). Simplement, là, il explique les choses très clairement. A ceux dont les yeux se sont habitués à l'obscurité. Ou plutôt, à ceux qui n'ont pas voulu comprendre ce qu'il disait - même trop rarement - dans ses interviews : tout cela n'aura été qu'une mascarade, qu'une mauvaise farce. La nuit est tombée. Il y croise des ombres, celles qui avant lui sans doute pensaient avoir touché la grâce divine, ou plutôt qui avaient touché des coeurs aujourd'hui réduits en poussière, et qui errent dans un oubli qu'on espère reposant. Et qu'il sait devoir retrouver bientôt.
Etrange, que de se promener dans le brouillard. Tout le monde est seul (Hermann Hesse)
Why Try To Change Me Now ?
jeudi 22 janvier 2015
R.I.P Letha Rodman Melchior
... Je vous avoue que je ne la connaissais pas il n'y a pas plus tard qu'il y a cinq minutes. Le temps d'être happé par ce disque posthume et posté sur exystence.net.
Va savoir pourquoi cette mort me touche, va savoir pourquoi ce disque me touche. Va savoir pourquoi cette histoire me touche. Des bidouillages incongrus comme je les aime et comme je rêverais d'oser en fabriquer. Glauques, hermétiques, certes et à souhait. Mais pas pédants, pas vautrés dans la hype d'un nouveau son susceptible de faire bander les fans d'Aphex Twin et/ou de la scène electro de je-ne-sais-pas-ou. Loin des tribulations masturbatoires d'une scène prog passée présente et à venir bien trop grand-guignol pour être honnête.
Paul Simon a été le premier à déposer la marque du son du silence. Letha a été la deuxième à le mettre en musique puis, crabe oblige, à le mettre en pratique.
Voilà, l'émotion m'étreint, faites un tour sur le lien ci-dessus. Osez. Je suis enflammé, peut-être trop, peut-être que moi-même, demain, considérerai que cela ne vaut pas tripette. Mais qui serais-je pour considérer qu'aucune musique ne vaut rien. Peut-être son génie, sa réputation, m'ont-elles échappé (je ne lis plus les Inrocks depuis bien longtemps), aussi ce post pourra-t-il vous paraître fat, benêt et incongru. Je m'en fous. Ca me touche. Elle est morte. C'était beau.
Va savoir pourquoi cette mort me touche, va savoir pourquoi ce disque me touche. Va savoir pourquoi cette histoire me touche. Des bidouillages incongrus comme je les aime et comme je rêverais d'oser en fabriquer. Glauques, hermétiques, certes et à souhait. Mais pas pédants, pas vautrés dans la hype d'un nouveau son susceptible de faire bander les fans d'Aphex Twin et/ou de la scène electro de je-ne-sais-pas-ou. Loin des tribulations masturbatoires d'une scène prog passée présente et à venir bien trop grand-guignol pour être honnête.
Paul Simon a été le premier à déposer la marque du son du silence. Letha a été la deuxième à le mettre en musique puis, crabe oblige, à le mettre en pratique.
Voilà, l'émotion m'étreint, faites un tour sur le lien ci-dessus. Osez. Je suis enflammé, peut-être trop, peut-être que moi-même, demain, considérerai que cela ne vaut pas tripette. Mais qui serais-je pour considérer qu'aucune musique ne vaut rien. Peut-être son génie, sa réputation, m'ont-elles échappé (je ne lis plus les Inrocks depuis bien longtemps), aussi ce post pourra-t-il vous paraître fat, benêt et incongru. Je m'en fous. Ca me touche. Elle est morte. C'était beau.
lundi 5 janvier 2015
#178 : The Orb (featuring David Gilmour) "Metallic Spheres"
Il faut toujours se méfier des fausses bonnes idées. En voici un exemple frappant, l'histoire de jeunes vieux cons trop vieux pour être jeunes mais trop jeunes pour paraître cons, rencontrant un con trop vieux pour être jeune mais trop con pour se rencontre compte que ces jeunes étaient déjà vieux. Vous me suivez ? Non ?
Allez, je détaille. Au début des années 1990, va-t-en savoir pourquoi, le mouvement techno commence à gagner une certaine crédibilité dans le milieu rock. Chose logique, il fallait bien que ça arrive, et puisque le-dit rock s'était déjà fourvoyé dans le prof-rock et le jazz-rock, il n'y avait aucune raison pour que l'inévitable soit évité. Arrivèrent les Chemical Brothers, Leftfield, Propellerheads, Prodigy et les autres. Underworld, un très mauvais groupe de pop, réussit même à décrocher la timbale en virant carrément techno. Remember Born Slippy et Trainspotting ? Voilà.
Alors que les disques de Tangerine Dream repassèrent la barre des trois francs six sous chez les disquaires d'occase, que le has-been Steve Hillage redevenait hype et que les Happy Mondays arrivaient à vendre plus de disques que de pilules d'Ecstasy dans tout Manchester, un groupe, The Orb, sortit un double album au nom improbable mais très psychédélique, pas mal fichu, suffisamment pour tester les chaines stéréo aussi bien que Dark Side Of The Moon. La pochette reprenait même les célèbres usines de la pochette d'Animals. Sans le cochon, certes, mais quand même.
Carrément gonflés ! Alors que l'époque était aux Maxis, ces jeunes-là osèrent l'improbable : le double-CD (soit l'équivalent du quadruple album) forcément conceptuel. Pendant ce temps, Pink Floyd ramait dans des eaux troubles et peinait à rendre crédible son Division Bell.
Evidemment, dans le milieu techno plus encore que dans le rock, les héros d'hier sont les has-been du lendemain, ne serait-ce que pour un pour tchack de travers, un son de synthé pas assez vintage, ou peut-être tout simplement parce que voyez-vous le monde n'est plus ce qu'il était ma pauvre dame. The Orb est donc considéré aujourd'hui par les milieux concernés comme une vieille savate dont plus personne n'oserait se chausser : on est bien dedans, mais on ne sort pas avec.
Le même adage semblant coller au défunt Floyd, qui ma foi s'était fait à cette idée, puisque son public préférait désormais le 5.1 aux virées dans les clubs enfumés, la rencontre se fit, sous la houlette tout aussi improbable du fondateur de Killing Joke (je vous assure).
Ne me demandez pas comment je suis tombé sur cet objet, toujours est-il que la rencontre du vieux con recherchant la crédibilité auprès de jeunes cons déjà vieux recherchant un regain de popularité fonctionne. Même plutôt bien, dès lors qu'on ne s'attend pas à grand chose, et qu'une ambience à la Wish You Were Here (l'album) réactualisée a de quoi faire verser une larme au crocodile qu'il vous faudra camper pour apprécier cette rencontre.
Je ne m'aventurerai pas dans les qualificatifs extrêmes, je n'encenserai pas l'album, je ne le descendrai pas non plus. Dire qu'il s'agit du meilleur album du Floyd depuis Animals serait à peu près aussi crétin que de hurler à la trahison. Pourtant, les deux attitudes s'entendent. D'aucuns ont écrit que cela ressemblait aussi à Tangerine Dream (vous voilà prévenus), mais je ne me permettrais pas de confirmer ou d'infirmer cela : j'avoue que le rêve de la mandarine me laisse perplexe autant que le dubstep ou le drum'n'bass. Juste un truc, donc, qui si l'on s'amuse à peler (oups !) tout le poids de l'histoire et des passions qui l'entourent, me semble plutôt plaisant et cotonneux, pour les nostalgiques, les béotiens et les DJ en herbe. C'est déjà pas si mal.
Metallic Side or Spheres Side ?
jeudi 1 janvier 2015
#177: Beep "Too Physical"
Il y a des disques dont on ne se séparerait pas pour tout l'or du monde. Non pas qu'on les écoute tous les jours, peut-être même les a-t-on seulement écouté une ou deux fois dans sa vie, et encore, jamais d'un bout à l'autre. Et pourtant il s'y passe quelque chose d'incroyable. Une sorte d'aura subliminale qui s'en dégage, incompréhensible, on reste là le nez devant la pochette, à moitié perplexe, à moitié conquis, mais totalement fatigué par une écoute qui n'a laissé que des questions, de l'agacement peut-être, mais surtout une incompréhension avec un savant goût de reviens-y. Trouve donc l'énigme caché dans cet amas sonore. Tu sais qu'il est là, devant toi, cherche encore. Pour ce qui me concerne, je citerai volontiers A Wizard's A True Star de Todd Rundgren ou encore le Trout Mask Replica de Captain Beefheart. Trop raides pour mes écoutilles, mais je n'échangerai pas mon vinyle du Captain contre douze CD de Gorillaz...
Bien sûr, ces disques-là sont capables de briser des vies. Certains partent en jihad pour convertir leurs voisins, d'autres - voisins - en viendraient aux mains pour en finir avec ces trucs prétentieux et nuls à chier dont on n'a que foutre. Et, souvent, gagnent la partie avec une phrase terrible du type "tu vas pas me dire que tu l'écoute souvent ton truc ?!!!".
Euh... non... c'est vrai.
Car souvent, dans ces disques-là, on y décèle le sentiment le plus difficile à cautionner, et à supporter musicalement : l'humour, qu'il soit au premier ou au treizième degré. Et qui se moque souvent, défi suprême, de l'auditeur. Par exemple de ceux qui aiment bien les chansons de Zappa dans lesquelles il y a un riff plaisant de plus de deux mesures.
Voici qu'arrive Beep.
Et autant d'innombrables groupuscules dont la dénomination se termine par ...Blues Band vous garantissent une pure daube en lieu et place du blues annoncé, autant Beep tient ses promesses. Le joyeux trio nous gratifie de plein de beeps, dzong, wouuiitch, ceci pendant treize morceaux tous plus absurdes les uns que les autres. Aux titres délicieux (The Shit In The Sky Is Stars, au hasard). Non contents de ridiculiser l'intelligentsia vintage-électro pendant trois quart d'heures, les cruels auteurs de cette sottise s'en prennent également au jazz, un peu comme des cancres pugnaces vous jetteraient un accord de septème diminué accompagné d'un long pet humide, au rock lo-fi, ceci au hasard de courtes ritournelles pliées en 3 minutes maximum - et c'est tant mieux.
Et parfois c'est beau, comme ce To Us presque anachronique dans ce fatras de blagues potaches. Ou pas. On ne sait plus. Il suffit qu'un morceau se termine - de gré ou de force, le zapping n'est pas interdit - pour que le suivant vous tienne en haleine quelques secondes. Pour qu'on se souvienne avoir téléchargé ce truc de ouf, qu'on y revienne.
Tout ici bringuebale (Public Art), groove parfois penaudement (Shit Pony Rides Again), un peu comme si Soft Machine avait composé la musique de Chapi-Chapo.
Le machin n'est évidemment pas disponible chez Universal, mais sur un petit label, uniquement en téléchargement ou... sous forme d'une carte de téléchargement que l'on peut après usage planter dans son jardin pour voir pousser des fleurs (je ne rigole pas - enfin si - allez voir vous-même). Une sorte de manifestation de la continuité conceptuelle chère à l'oncle Frank Zappa.
Un disque génial à rendre dingue les puritains pour qui la vie s'est arrêté après le Kind Of Blue de Miles Davis, un coussin péteur à planquer sous la chaise de l'ingé-son des Daft Punk, un truc à passer aux enseignants qui vous parlent de musique sérielle et dodécaphonique pendant le repas de Noël, un disque à écouter faute de pouvoir raisonnablement mater un épisode de South Park en conduisant, bref, un truc essentiel finalement.
Classic Beep Melody
Bien sûr, ces disques-là sont capables de briser des vies. Certains partent en jihad pour convertir leurs voisins, d'autres - voisins - en viendraient aux mains pour en finir avec ces trucs prétentieux et nuls à chier dont on n'a que foutre. Et, souvent, gagnent la partie avec une phrase terrible du type "tu vas pas me dire que tu l'écoute souvent ton truc ?!!!".
Euh... non... c'est vrai.
Car souvent, dans ces disques-là, on y décèle le sentiment le plus difficile à cautionner, et à supporter musicalement : l'humour, qu'il soit au premier ou au treizième degré. Et qui se moque souvent, défi suprême, de l'auditeur. Par exemple de ceux qui aiment bien les chansons de Zappa dans lesquelles il y a un riff plaisant de plus de deux mesures.
Voici qu'arrive Beep.
Et autant d'innombrables groupuscules dont la dénomination se termine par ...Blues Band vous garantissent une pure daube en lieu et place du blues annoncé, autant Beep tient ses promesses. Le joyeux trio nous gratifie de plein de beeps, dzong, wouuiitch, ceci pendant treize morceaux tous plus absurdes les uns que les autres. Aux titres délicieux (The Shit In The Sky Is Stars, au hasard). Non contents de ridiculiser l'intelligentsia vintage-électro pendant trois quart d'heures, les cruels auteurs de cette sottise s'en prennent également au jazz, un peu comme des cancres pugnaces vous jetteraient un accord de septème diminué accompagné d'un long pet humide, au rock lo-fi, ceci au hasard de courtes ritournelles pliées en 3 minutes maximum - et c'est tant mieux.
Et parfois c'est beau, comme ce To Us presque anachronique dans ce fatras de blagues potaches. Ou pas. On ne sait plus. Il suffit qu'un morceau se termine - de gré ou de force, le zapping n'est pas interdit - pour que le suivant vous tienne en haleine quelques secondes. Pour qu'on se souvienne avoir téléchargé ce truc de ouf, qu'on y revienne.
Tout ici bringuebale (Public Art), groove parfois penaudement (Shit Pony Rides Again), un peu comme si Soft Machine avait composé la musique de Chapi-Chapo.
Le machin n'est évidemment pas disponible chez Universal, mais sur un petit label, uniquement en téléchargement ou... sous forme d'une carte de téléchargement que l'on peut après usage planter dans son jardin pour voir pousser des fleurs (je ne rigole pas - enfin si - allez voir vous-même). Une sorte de manifestation de la continuité conceptuelle chère à l'oncle Frank Zappa.
Un disque génial à rendre dingue les puritains pour qui la vie s'est arrêté après le Kind Of Blue de Miles Davis, un coussin péteur à planquer sous la chaise de l'ingé-son des Daft Punk, un truc à passer aux enseignants qui vous parlent de musique sérielle et dodécaphonique pendant le repas de Noël, un disque à écouter faute de pouvoir raisonnablement mater un épisode de South Park en conduisant, bref, un truc essentiel finalement.
Classic Beep Melody
mardi 30 décembre 2014
#176 : Prince Charles and the City Beat Band "Stone Killers" (vinyle rip)
En 1982, il n'y a plus rien. Led Zeppelin s'est désintégré ans le vomi de John Bonham. Le rock est devenu un phénomène de foire grâce (?) à Van Halen et autres. le Clash, qui avait tout compris à l'Angleterre de la fin des années 1970 n'y comprend plus rien non plus et ne va pas tarder à s'auto-saborder dans un Combat Rock perdu d'avance (Should I Stay Or Should I Go ? Ben go, les gars...). L'Angleterre blanc-bec lèche ses blessures dans une cold-wave dépressive, et Ian Curtis n'aura jamais eu ni le temps ni l'énergie de relever le défi. C'était pendu d'avance.
Le seul à avoir tiré son épingle (à nourrice du jeu) sera le comique-troupier Captain Sensible, qui cartonnera (et c'est bien fait) avec son Wot ?!! jouissif, drôle et bien envoyé. Et pourtant le coup était facile. Les Chic et autres Grandmaster Flash arrivaient, il lui avait suffi de trouver un truc dans le genre un peu moins médiatisé, bref, pomper allègrement le Don't Fake The Funk qui ouvre cet album de Prince Charles and the City Beat Band.
Les noirs allaient enfin gagner. Tout rafler. Cash Money.
Après s'être fait plumer le blues par des blanc-becs qui allaient décupler la mise tout au long des années 1970, ils n'allaient pas se faire avoir une deuxième fois. Il faudra attendre les années 2000 pour qu'un whitey ose rapper sans se faire dézinguer, et ce avec la bénédiction du Dr Dre. Eminem sera à peu près le seul toléré à lécher le fond de la gamelle. Pour l'heure, il s'agissait de reprendre la main et poser les règles de tout ce qui allait suivre. Définir le son du XXIème siècle, et surtout garder la monnaie. James Brown avait préparé le plan de bataille, il ne restait plus qu'à déclarer la guerre. Du côté de Detroit, on allait s'accaparer les boites à rythme Roland et jeter une bonne fois pour toutes les bases de la techno et de ses futurs ersatz (house, electro, que sais-je encore).
Du côté de NYC la festive, et non de Minnéapolis, un certain Prince Charles va dépoussiérer le funk et définir en un album (que dis-je ! une face d'album !) ce que sera l'electro-funk, le new beat à venir. Enfermez votre gonzesse et vos filles, prévient-il sur le dos de la pochette, ça va groover. Que ça vous plaise ou non, voici le son de demain.
Et de jeter un pont entre le passé (le funk "classique", guitares qui cocottent, basse moite) et le futur (les boites à rythme, les synthés qui grincent), sur deux faces bien distinctes. Que ça vous plaise ou non.
Et le gars à des trucs à dire, ou plutôt à envoyer. La face A dure rien moins que 28 minutes, un exploit pour un vinyle. Du coup, le son est compressé, sec et ramassé. Le machin a été mixé pour être joué fort, au risque d'en perdre des miettes si les watts ne compensent pas le mix. Un peu à l'image du Led Zep III, toutes les idées sont bonnes à prendre (l'homme n'hésite pas, par ailleurs, à balancer des soli de flûte traversière (Cash Money) à renvoyer Ian Anderson à la niche). Ce disque se veut comme un plaidoyer pour la musique afro-américaine, un disque rebelle, revanchard, osé et moderniste. Don't call me nigger, whitey !
Bien sûr, tout cela ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd ni d'un nabot de Minneapolis (l'autre Prince) qui battra sa carrière sur la face B de cet album. Plagiat ? Lèse-majesté ? Que nenni, il semblerait que la quête de Prince Charles se soit achevée telle qu'il l'avait souhaité. Car l'animal sortira un dernier album, en 1984, et disparaîtra du devant de la scène, non pas pour crever lentement dans la dope, la prostitution ou la pègre, mais pour, après avoir jeté les bases du renouveau de la musique black, et laisser les copains s'en inspirer goulument, tirer les ficelles depuis la console de mixage. Le point névralgique des années à venir. L'heure ne sera plus jamais aux exploits pyrotechniques d'un Jimi Hendrix, les machines joueront suffisament carré pour qu'un James Brown n'ait plus à infliger d'amendes à des musicos par trop approximatifs. On peut s'en réjouir, ou le regretter. Comme le dit Prince Charles lui-même dans la note de pochette, this is the new R&B wether you like it or not. Un coup d'oeil sur la page wikipedia du monsieur vous confirmera qu'il avait tout compris. Grammy Awards, Victoires de la Musique a gogo, l'homme aura tout raflé en tant que producteur (Puff Daddy, Mary J. Blige, et même cette vieille folle de Sting qui recherchera une crédibilité bien entamée auprès du Monsieur).
Mais tout ça, c'est pour la petite histoire. En pratique, et puisque demain soir c'est le réveillon, voici un putain d'album de funk torride (forcément torride, vous connaissez du funk mou du genou vous ?), un de ces disques maudits des DJ (tout est bon, pas besoin de changer de morceau) qui devrait vous sauver la mise. Pour les petits frenchies qui se touchent à Versailles, j'ai laissé le vinyle crachoter un peu, ça fera plus frime sur vos samples. Let's dance !
All the ladies go miaaw, all the men go woof-woof !
Don't Fake The Funk.
Le seul à avoir tiré son épingle (à nourrice du jeu) sera le comique-troupier Captain Sensible, qui cartonnera (et c'est bien fait) avec son Wot ?!! jouissif, drôle et bien envoyé. Et pourtant le coup était facile. Les Chic et autres Grandmaster Flash arrivaient, il lui avait suffi de trouver un truc dans le genre un peu moins médiatisé, bref, pomper allègrement le Don't Fake The Funk qui ouvre cet album de Prince Charles and the City Beat Band.
Les noirs allaient enfin gagner. Tout rafler. Cash Money.
Après s'être fait plumer le blues par des blanc-becs qui allaient décupler la mise tout au long des années 1970, ils n'allaient pas se faire avoir une deuxième fois. Il faudra attendre les années 2000 pour qu'un whitey ose rapper sans se faire dézinguer, et ce avec la bénédiction du Dr Dre. Eminem sera à peu près le seul toléré à lécher le fond de la gamelle. Pour l'heure, il s'agissait de reprendre la main et poser les règles de tout ce qui allait suivre. Définir le son du XXIème siècle, et surtout garder la monnaie. James Brown avait préparé le plan de bataille, il ne restait plus qu'à déclarer la guerre. Du côté de Detroit, on allait s'accaparer les boites à rythme Roland et jeter une bonne fois pour toutes les bases de la techno et de ses futurs ersatz (house, electro, que sais-je encore).
Du côté de NYC la festive, et non de Minnéapolis, un certain Prince Charles va dépoussiérer le funk et définir en un album (que dis-je ! une face d'album !) ce que sera l'electro-funk, le new beat à venir. Enfermez votre gonzesse et vos filles, prévient-il sur le dos de la pochette, ça va groover. Que ça vous plaise ou non, voici le son de demain.
Et de jeter un pont entre le passé (le funk "classique", guitares qui cocottent, basse moite) et le futur (les boites à rythme, les synthés qui grincent), sur deux faces bien distinctes. Que ça vous plaise ou non.
Et le gars à des trucs à dire, ou plutôt à envoyer. La face A dure rien moins que 28 minutes, un exploit pour un vinyle. Du coup, le son est compressé, sec et ramassé. Le machin a été mixé pour être joué fort, au risque d'en perdre des miettes si les watts ne compensent pas le mix. Un peu à l'image du Led Zep III, toutes les idées sont bonnes à prendre (l'homme n'hésite pas, par ailleurs, à balancer des soli de flûte traversière (Cash Money) à renvoyer Ian Anderson à la niche). Ce disque se veut comme un plaidoyer pour la musique afro-américaine, un disque rebelle, revanchard, osé et moderniste. Don't call me nigger, whitey !
Bien sûr, tout cela ne tombera pas dans l'oreille d'un sourd ni d'un nabot de Minneapolis (l'autre Prince) qui battra sa carrière sur la face B de cet album. Plagiat ? Lèse-majesté ? Que nenni, il semblerait que la quête de Prince Charles se soit achevée telle qu'il l'avait souhaité. Car l'animal sortira un dernier album, en 1984, et disparaîtra du devant de la scène, non pas pour crever lentement dans la dope, la prostitution ou la pègre, mais pour, après avoir jeté les bases du renouveau de la musique black, et laisser les copains s'en inspirer goulument, tirer les ficelles depuis la console de mixage. Le point névralgique des années à venir. L'heure ne sera plus jamais aux exploits pyrotechniques d'un Jimi Hendrix, les machines joueront suffisament carré pour qu'un James Brown n'ait plus à infliger d'amendes à des musicos par trop approximatifs. On peut s'en réjouir, ou le regretter. Comme le dit Prince Charles lui-même dans la note de pochette, this is the new R&B wether you like it or not. Un coup d'oeil sur la page wikipedia du monsieur vous confirmera qu'il avait tout compris. Grammy Awards, Victoires de la Musique a gogo, l'homme aura tout raflé en tant que producteur (Puff Daddy, Mary J. Blige, et même cette vieille folle de Sting qui recherchera une crédibilité bien entamée auprès du Monsieur).
Mais tout ça, c'est pour la petite histoire. En pratique, et puisque demain soir c'est le réveillon, voici un putain d'album de funk torride (forcément torride, vous connaissez du funk mou du genou vous ?), un de ces disques maudits des DJ (tout est bon, pas besoin de changer de morceau) qui devrait vous sauver la mise. Pour les petits frenchies qui se touchent à Versailles, j'ai laissé le vinyle crachoter un peu, ça fera plus frime sur vos samples. Let's dance !
All the ladies go miaaw, all the men go woof-woof !
Don't Fake The Funk.
samedi 27 décembre 2014
#175 : Foxygen "We Are The 21st Century Ambassadors Of Peace And Magic"
En ces périodes de fête, on bouffe n'importe quoi, n'importe comment, et c'est ça qui est bon. Trop de foie gras, trop de chocolat, beaucoup trop d'alcool, comme si le vieil adage - ce qui est pris n'est plus à prendre - semblait calmer nos angoisses à la veille d'une nouvelle année. Comme si, le fait de passer du 21/12 au 01/01 signifiait qu'on remettait les compteurs à zéro, qu'on tentait le super-banco au risque de tout perdre. Alors on se plait à entendre le coucou chanter avec de la monnaie dans sa poche, on accroche du gui au plafond, en attendant de faire sauter les crêpes avec un louis d'or dans la main, de fêter la résurrection du Christ avec des fayots (les apôtres ?) et du mouton (nous-même ?). On est presque content d'acheter des chrysantèmes plutôt que de se les faire offrir quand les frimas reviennent...
Bref, on ritualise nos angoisses comme on peut, jusqu'à laisser Facebook publier un petit récapitulatif de nos "j'aime" de l'année, comme s'ils avaient à eux seuls constitué et résumé les événements marquants du passé...
Du symbolisme en veux-tu en voilà, ça nous rassure, ça nous angoisse gentiment aussi (les Illuminati nous guettent, mais bon, on aura fini de payer la télé avant...).
Alors voilà un disque parfait pour cette époque de crise de foi(e). Impossible de passer à côté de la pochette, et encore moins du titre. Ambassadeurs de la paix et de la magie du 21ème siècle. Le pauvre Lou le chantait déjà sur son ténébreux Magic & Loss. I need magic, I don't wanna die... Un peu de magie dans ce monde de brute. Un peu d'irrationnel, je sais pas moi, rencontrer un vrai ami grâce à Facebook, télécharger une version pirate de Photoshop qui fonctionne, n'importe quoi, pour échapper au quotidien forcément banal (le mac qui pète 15 jours après la fin de l'Apple Care, des choses comme ça).
Pour être honnête, j'ai découvert ce disque dans les chiottes en lisant le hors-série de Rock & Folk. Dans un endroit donc ou tout un chacun est prêt à laisser ses espoirs, ses envies et ses rêves, avec un magazine sur les 500 meilleurs disques du monde, dont on possède les 399 premiers (en gros, tous ceux d'avant 1985, au hasard) et dont on se fiche du reste.
La suite est encore plus magique : par flemme de télécharger le boudin qui comme tant d'autres ne vaut même pas 80 Mo sur un disque dur, une écoute sur Spotify en passant le balai (une grande journée pour moi, vous l'avez deviné !), et... ben replay. Replay sur Spotify !!! Sans blague, je crois que ça ne m'est pas arrivé souvent.
Tout ça pour dire que ce n'est pas, contrairement à ce qu'en dit Rock & Folk, un album essentiel dont on se souviendra dans 10 ans. Mais qui donc pourrait, en 2014, écouter Sergent Pepper ou Fun House en boucle, comme ça ? Pas moi. Les Foxygen (ce nom !) font bien mieux que ça : ils sortent un album qu'on va consommer comme une boite de Pyrénéens, jusqu'à en avoir mal au ventre et à n'y plus toucher jusqu'aux Ferrero de l'an prochain. No Future pour les Foxygen, ne me parlez pas du groupe du siècle. Mais pour moi, pour aujourd'hui, et jusqu'à demain, c'est parfait. Je viderai sans doute la corbeille sans regret, mais bon, comme disait l'autre, carpe diem.
A quoi ressemblent-ils ces zazous ? A des petits rigolos qui ont tout compris. Ambassadeurs de la paix et de la magie ? Oui, un peu comme si là, au 31 décembre, nous allions basculer en 1967. Vous admettrez que la tâche n'est pas facile, sorte de Graal du groupuscule nostalgique, nourri de bon goût et pavé (voire planté par) de (trop) bonnes intentions. Sauf que là, au copier/coller bêta qui ne dure qu'un temps (remember Lenny Kravitz et Oasis ?) nos petits magiciens provisoires semblent adapter la méthode bien comprise de l'oulipo, la littérature sous contrainte d'où nait une nouvelle création à la fois complètement fêlée mais aussi globalement maîtrisée. Je m'explique : prenez une bonne chanson, un bon titre (San Francisco, au hasard, fallait oser !) collez-lui la contrainte d'appliquer à la lettre les arrangements de Hello Goodbye - au hasard (In The Darkness), mais ça marche aussi avec Under My Thumb (On Blue Mountain) ou... San Francisco (enfin, Be Sure To Wear Some Flowers In Your Hair pour les puristes non Johnnyphiles) avec San Francisco (petits crétins ! voyou !). Ben figurez-vous que si la matière de base est solide, la méthode fonctionne et le nostalgique comme le nouveau venu y trouvent leur compte. Si la chanson est bonne, comme disait l'autre. Sinon, bien entendu, c'est le fou-rire assuré. Ceci dit, nous sommes bien d'accord, cela ne fera pas de vous l'auteur d'un prochain Rock Bottom ou Egge Bamiyasi. Simplement, cela fait illusion, et dans notre monde si rationnel, de l'illusion à la magie, il n'y a qu'un pas. Tout ça ressemble malgré tout à - disons - des Flaming Lips jouant à "dessinez c'est gagné".
Ceci étant, la chose ne manque pas d'attrait, et pour les nostalgiques des jours de paix, d'amour et de musique, cela devrait leur permettre de calmer leur angoisse le soir du 31 : oui, il y aura encore et toujours des trucs qu'ils pourront adorer l'espace d'un instant en 2015. John Lennon Uber Alles.
Ceci dit, pas d'affolement, les Foxygen sont déjà morts. Ils viennent de sortir le même album (en y utilisant la méthode Beach Boys et Dylan façon Sad-Eyed Lady Of The Lowlands, notamment). Il s'appelle très justement ...And Star Power (nos Ambassadeurs sont semblerait-il sur la route du succès (plus de 3 millions d'écoute sur Spotify rien que pour San Francisco), les masses vont adorer pendant six mois et basta). Les curieux avides de télécharger deux fois la même chose trouveront leur nouvel opus au supermarché, mais je vous préviens, rien ne vaut la première gorgée de bière comme disait le père du phoque pleureur. La suite a déjà le goût du dernier marron glacé qu'on a oublié dans la boîte et qu'on mange par acquis de conscience parce qu'il ne faut pas gâcher.
No Destruction.
PS : je dédie ce post à l'ami Jimmy, reviens-nous vite, c'est pas mes deux posts tous les six mois qui vont consoler les copains !
Bref, on ritualise nos angoisses comme on peut, jusqu'à laisser Facebook publier un petit récapitulatif de nos "j'aime" de l'année, comme s'ils avaient à eux seuls constitué et résumé les événements marquants du passé...
Du symbolisme en veux-tu en voilà, ça nous rassure, ça nous angoisse gentiment aussi (les Illuminati nous guettent, mais bon, on aura fini de payer la télé avant...).
Alors voilà un disque parfait pour cette époque de crise de foi(e). Impossible de passer à côté de la pochette, et encore moins du titre. Ambassadeurs de la paix et de la magie du 21ème siècle. Le pauvre Lou le chantait déjà sur son ténébreux Magic & Loss. I need magic, I don't wanna die... Un peu de magie dans ce monde de brute. Un peu d'irrationnel, je sais pas moi, rencontrer un vrai ami grâce à Facebook, télécharger une version pirate de Photoshop qui fonctionne, n'importe quoi, pour échapper au quotidien forcément banal (le mac qui pète 15 jours après la fin de l'Apple Care, des choses comme ça).
Pour être honnête, j'ai découvert ce disque dans les chiottes en lisant le hors-série de Rock & Folk. Dans un endroit donc ou tout un chacun est prêt à laisser ses espoirs, ses envies et ses rêves, avec un magazine sur les 500 meilleurs disques du monde, dont on possède les 399 premiers (en gros, tous ceux d'avant 1985, au hasard) et dont on se fiche du reste.
La suite est encore plus magique : par flemme de télécharger le boudin qui comme tant d'autres ne vaut même pas 80 Mo sur un disque dur, une écoute sur Spotify en passant le balai (une grande journée pour moi, vous l'avez deviné !), et... ben replay. Replay sur Spotify !!! Sans blague, je crois que ça ne m'est pas arrivé souvent.
Tout ça pour dire que ce n'est pas, contrairement à ce qu'en dit Rock & Folk, un album essentiel dont on se souviendra dans 10 ans. Mais qui donc pourrait, en 2014, écouter Sergent Pepper ou Fun House en boucle, comme ça ? Pas moi. Les Foxygen (ce nom !) font bien mieux que ça : ils sortent un album qu'on va consommer comme une boite de Pyrénéens, jusqu'à en avoir mal au ventre et à n'y plus toucher jusqu'aux Ferrero de l'an prochain. No Future pour les Foxygen, ne me parlez pas du groupe du siècle. Mais pour moi, pour aujourd'hui, et jusqu'à demain, c'est parfait. Je viderai sans doute la corbeille sans regret, mais bon, comme disait l'autre, carpe diem.
A quoi ressemblent-ils ces zazous ? A des petits rigolos qui ont tout compris. Ambassadeurs de la paix et de la magie ? Oui, un peu comme si là, au 31 décembre, nous allions basculer en 1967. Vous admettrez que la tâche n'est pas facile, sorte de Graal du groupuscule nostalgique, nourri de bon goût et pavé (voire planté par) de (trop) bonnes intentions. Sauf que là, au copier/coller bêta qui ne dure qu'un temps (remember Lenny Kravitz et Oasis ?) nos petits magiciens provisoires semblent adapter la méthode bien comprise de l'oulipo, la littérature sous contrainte d'où nait une nouvelle création à la fois complètement fêlée mais aussi globalement maîtrisée. Je m'explique : prenez une bonne chanson, un bon titre (San Francisco, au hasard, fallait oser !) collez-lui la contrainte d'appliquer à la lettre les arrangements de Hello Goodbye - au hasard (In The Darkness), mais ça marche aussi avec Under My Thumb (On Blue Mountain) ou... San Francisco (enfin, Be Sure To Wear Some Flowers In Your Hair pour les puristes non Johnnyphiles) avec San Francisco (petits crétins ! voyou !). Ben figurez-vous que si la matière de base est solide, la méthode fonctionne et le nostalgique comme le nouveau venu y trouvent leur compte. Si la chanson est bonne, comme disait l'autre. Sinon, bien entendu, c'est le fou-rire assuré. Ceci dit, nous sommes bien d'accord, cela ne fera pas de vous l'auteur d'un prochain Rock Bottom ou Egge Bamiyasi. Simplement, cela fait illusion, et dans notre monde si rationnel, de l'illusion à la magie, il n'y a qu'un pas. Tout ça ressemble malgré tout à - disons - des Flaming Lips jouant à "dessinez c'est gagné".
Ceci étant, la chose ne manque pas d'attrait, et pour les nostalgiques des jours de paix, d'amour et de musique, cela devrait leur permettre de calmer leur angoisse le soir du 31 : oui, il y aura encore et toujours des trucs qu'ils pourront adorer l'espace d'un instant en 2015. John Lennon Uber Alles.
Ceci dit, pas d'affolement, les Foxygen sont déjà morts. Ils viennent de sortir le même album (en y utilisant la méthode Beach Boys et Dylan façon Sad-Eyed Lady Of The Lowlands, notamment). Il s'appelle très justement ...And Star Power (nos Ambassadeurs sont semblerait-il sur la route du succès (plus de 3 millions d'écoute sur Spotify rien que pour San Francisco), les masses vont adorer pendant six mois et basta). Les curieux avides de télécharger deux fois la même chose trouveront leur nouvel opus au supermarché, mais je vous préviens, rien ne vaut la première gorgée de bière comme disait le père du phoque pleureur. La suite a déjà le goût du dernier marron glacé qu'on a oublié dans la boîte et qu'on mange par acquis de conscience parce qu'il ne faut pas gâcher.
No Destruction.
PS : je dédie ce post à l'ami Jimmy, reviens-nous vite, c'est pas mes deux posts tous les six mois qui vont consoler les copains !
mercredi 29 octobre 2014
#174 : Gilles Servat "La Liberté Brille Dans La Nuit"
Je sais, je sais, on est loin de la compile de Zappa annoncée, qui tarde faute de temps. Allez, ça viendra un jour... En attendant...
En attendant, il est de ces disques qu'on cherche toute une vie. Forément, pour des mauvaises raisons. Qui n'a jamais ressenti un coït interrompu à l'écoute d'un bootleg pourtant indispensable sur le papier ? La Liberté Brille Dans La Nuit, pourtant, après écoute des années plus tard, reste un disque tout à fait honorable, que la patine du temps n'a fait que polir avec émotion.
Parfois, le destin est taquin. C'est au fond d'un carton, dans un vide-grenier, que ma quête s'est achevée contre deux petits euros presque indécents, voire méprisants face à l'objet. Juste histoire, sans doute, de rappeler la vanité d'une telle quête, le peu d'importance que cela a ou devrait avoir pour moi aujourd'hui, après toutes ces années. Et pourtant, ce disque, c'est mon petit Kouign-Aman de Proust, certes un peu lourdingue, on parle de Gilles Servat quand même...
Mais laissons-là les souvenirs, de quoi est-il question ? D'un faux breton né à Tarbes, vaguement Nantais ayant fait ses études à Angers, le Gillou se découvre un passion et des racines Bretonnes dans les années 68, begaye dans la langue de Nolwenn Leroy et décroche un tube à faire rager Hugues Aufray, la fameuse Blanche Hermine pour laquelle il me prend à chaque écoute une envie sournoise d'imiter Du Guesclin dans ses batailles les plus sanglantes vis-à-vis des Bretons qui n'avaient rien demandé à personne. Apportez-moi les têtes de veau des Tri Yann en même temps, et le monde s'en portera mieux.
Sauf que, comme Dave un instant, dans son Doux Tam-Tam, le gros Servat eut quelques mois de génie. Durant la douce année 1975, notamment. Abandonnant momentanément les biniouseries folkloriques, sur cet album, Servat se cherche comme un Nougaro breton. Disque très électrique (enfin c'est pas du trash metal quand même, hein), influencé par la scène progressive de l'époque, La Liberté Brille Dans La Nuit montre l'artiste en poète, certes toujours coincé dans son époque (Chili T.T. a forcément vieilli), mais avec une volonté de dépasser les canons du genre bigouden. Et sur les onze chansons que compte l'album, une fois soustrait l'idiot C'est La Faute Au Pétrole, digne d'un chansonnier de bas étage aussi fin que Franis Lalanne dans un magasin de porcelaine, le reste est fort goûtu, et parfois même tout simplement beau. Tiens, pour vous dire, il semblerait que le gros ours des Mont d'Arrée ait même repris la Chanson Pour François Quenechou sur sa dernière galette, que je n'écouterai pas. Serait foutu d'y avoir collé du biniou derrière alors que l'originale brille par ses arrangements osés. Par un texte toujours engagé, mais enfin mature.
Qu'est-il donc arrivé à Servat sur ce disque ? Il suffit d'écouter Canal St Martin, poème surréaliste scandé sur fond d'arrangement assez free, pour se poser la question, et surtout s'interroger sur les raisons qui ont poussé l'auteur à abandonner cette veine au profit d'un retour au folklore nauséabond. Le fric, sans doute. Etait-il déjà présent lors de cette aventure ? Servat n'avait-il fait que de rentrer dans le moule d'une future nouvelle chanson française, aux côtés de Catherine Ribeiro et des autres ? Après tout qu'importe aujourd'hui, ce disque tient la route et fleure bon le jazz-prog par instants (Chili T.T. là encore, hmm... Servat a quand même beaucoup écouté Ferré dans sa période Zoo...), décolle dans la gwerz Planedenn (qui ressemble un peu beaucoup au E Parrez Langonned de Stivell, sorti l'année d'avant, sur un texte de l'anarchiste breton (pléonasme ?) Yann-Ber Piriou également repris sur ce même album... ça fait beaucoup...) et se clôt sur le superbe Je Dors En Bretagne Ce Soir aux arrangements somptueux.
Diversité, donc, mais cohérence de l'ensemble, et riches trouvailles. M'étonnerait pas que les Têtes Raides aient écouté La Ballade Des Parasites, là encore, l'arrangement carrément osé pour l'époque n'a pas pris une ride. Et puis ce morceau qui ouvre l'album, An Eostig Toulbac'het, dans lequel Servat invente littéralement le chanté-breton loin des ornières des tralala leno, Moderne, carrément, soulignée par un piano céleste, seule une cromorne (et pas une bombarde, s'il vous plaît) vient, telle un cheveu sur un kig-ha-farz, rappeler le breton dans le texte. C'est sans parler de l'attangement des cordes, à pleurer. Et puis, tout au long de l'album, des trouvailles musicales, des instruments venus d'ailleurs (que de Quimper) : darbouka, hautbois, clarinette basse, j'en passe...
Alors oui, avec ce disque, Servat aurait pu devenir le Nougaro des Cornouailles, et même d'ailleurs. Distribué par Phonogramme, l'homme avait du avoir les moyens. Et n'aura pas raflé la mise, sans doute par manque de tube, ici. Phonogramme le laissera tenter sa chance jusqu'en 1979, avec l'album Je Ne Hurlerai Pas Avec Les Loups, pas mal non plus d'ailleurs, suite auquel on le remerciera. Il lui faudra alors revenir à sa blanche hermine pour rafler la mise et l'héritage des celtes au passage. Quitte à représenter gauchement la calvitie de la culture Bretonne dans des Zéniths qui n'ont de solaire que le nom. Bien sûr, on le laissera s'énerver un peu, histoire de calmer les bardes rockers (ouh la je l'aime bien celle-là), mais plus jamais de liberté dans la nuit.
Ca aurait pu marcher. Il aurait pu se passer plein de choses. Je me souviens, il y a plus de 25 ans, quand j'écoutais cet album en boucle. Il aurait pu se passer plein de choses. Il reste des souvenirs, heureux et malheureux, de la nostalgie, des regrets, la peur du temps qui passe. Rien qui, finalement, ne vaille plus de deux euros sur un vide-grenier. Impossible de s'en débarasser.
Dernière Chanson
En attendant, il est de ces disques qu'on cherche toute une vie. Forément, pour des mauvaises raisons. Qui n'a jamais ressenti un coït interrompu à l'écoute d'un bootleg pourtant indispensable sur le papier ? La Liberté Brille Dans La Nuit, pourtant, après écoute des années plus tard, reste un disque tout à fait honorable, que la patine du temps n'a fait que polir avec émotion.
Parfois, le destin est taquin. C'est au fond d'un carton, dans un vide-grenier, que ma quête s'est achevée contre deux petits euros presque indécents, voire méprisants face à l'objet. Juste histoire, sans doute, de rappeler la vanité d'une telle quête, le peu d'importance que cela a ou devrait avoir pour moi aujourd'hui, après toutes ces années. Et pourtant, ce disque, c'est mon petit Kouign-Aman de Proust, certes un peu lourdingue, on parle de Gilles Servat quand même...
Mais laissons-là les souvenirs, de quoi est-il question ? D'un faux breton né à Tarbes, vaguement Nantais ayant fait ses études à Angers, le Gillou se découvre un passion et des racines Bretonnes dans les années 68, begaye dans la langue de Nolwenn Leroy et décroche un tube à faire rager Hugues Aufray, la fameuse Blanche Hermine pour laquelle il me prend à chaque écoute une envie sournoise d'imiter Du Guesclin dans ses batailles les plus sanglantes vis-à-vis des Bretons qui n'avaient rien demandé à personne. Apportez-moi les têtes de veau des Tri Yann en même temps, et le monde s'en portera mieux.
Sauf que, comme Dave un instant, dans son Doux Tam-Tam, le gros Servat eut quelques mois de génie. Durant la douce année 1975, notamment. Abandonnant momentanément les biniouseries folkloriques, sur cet album, Servat se cherche comme un Nougaro breton. Disque très électrique (enfin c'est pas du trash metal quand même, hein), influencé par la scène progressive de l'époque, La Liberté Brille Dans La Nuit montre l'artiste en poète, certes toujours coincé dans son époque (Chili T.T. a forcément vieilli), mais avec une volonté de dépasser les canons du genre bigouden. Et sur les onze chansons que compte l'album, une fois soustrait l'idiot C'est La Faute Au Pétrole, digne d'un chansonnier de bas étage aussi fin que Franis Lalanne dans un magasin de porcelaine, le reste est fort goûtu, et parfois même tout simplement beau. Tiens, pour vous dire, il semblerait que le gros ours des Mont d'Arrée ait même repris la Chanson Pour François Quenechou sur sa dernière galette, que je n'écouterai pas. Serait foutu d'y avoir collé du biniou derrière alors que l'originale brille par ses arrangements osés. Par un texte toujours engagé, mais enfin mature.
Qu'est-il donc arrivé à Servat sur ce disque ? Il suffit d'écouter Canal St Martin, poème surréaliste scandé sur fond d'arrangement assez free, pour se poser la question, et surtout s'interroger sur les raisons qui ont poussé l'auteur à abandonner cette veine au profit d'un retour au folklore nauséabond. Le fric, sans doute. Etait-il déjà présent lors de cette aventure ? Servat n'avait-il fait que de rentrer dans le moule d'une future nouvelle chanson française, aux côtés de Catherine Ribeiro et des autres ? Après tout qu'importe aujourd'hui, ce disque tient la route et fleure bon le jazz-prog par instants (Chili T.T. là encore, hmm... Servat a quand même beaucoup écouté Ferré dans sa période Zoo...), décolle dans la gwerz Planedenn (qui ressemble un peu beaucoup au E Parrez Langonned de Stivell, sorti l'année d'avant, sur un texte de l'anarchiste breton (pléonasme ?) Yann-Ber Piriou également repris sur ce même album... ça fait beaucoup...) et se clôt sur le superbe Je Dors En Bretagne Ce Soir aux arrangements somptueux.
Diversité, donc, mais cohérence de l'ensemble, et riches trouvailles. M'étonnerait pas que les Têtes Raides aient écouté La Ballade Des Parasites, là encore, l'arrangement carrément osé pour l'époque n'a pas pris une ride. Et puis ce morceau qui ouvre l'album, An Eostig Toulbac'het, dans lequel Servat invente littéralement le chanté-breton loin des ornières des tralala leno, Moderne, carrément, soulignée par un piano céleste, seule une cromorne (et pas une bombarde, s'il vous plaît) vient, telle un cheveu sur un kig-ha-farz, rappeler le breton dans le texte. C'est sans parler de l'attangement des cordes, à pleurer. Et puis, tout au long de l'album, des trouvailles musicales, des instruments venus d'ailleurs (que de Quimper) : darbouka, hautbois, clarinette basse, j'en passe...
Alors oui, avec ce disque, Servat aurait pu devenir le Nougaro des Cornouailles, et même d'ailleurs. Distribué par Phonogramme, l'homme avait du avoir les moyens. Et n'aura pas raflé la mise, sans doute par manque de tube, ici. Phonogramme le laissera tenter sa chance jusqu'en 1979, avec l'album Je Ne Hurlerai Pas Avec Les Loups, pas mal non plus d'ailleurs, suite auquel on le remerciera. Il lui faudra alors revenir à sa blanche hermine pour rafler la mise et l'héritage des celtes au passage. Quitte à représenter gauchement la calvitie de la culture Bretonne dans des Zéniths qui n'ont de solaire que le nom. Bien sûr, on le laissera s'énerver un peu, histoire de calmer les bardes rockers (ouh la je l'aime bien celle-là), mais plus jamais de liberté dans la nuit.
Ca aurait pu marcher. Il aurait pu se passer plein de choses. Je me souviens, il y a plus de 25 ans, quand j'écoutais cet album en boucle. Il aurait pu se passer plein de choses. Il reste des souvenirs, heureux et malheureux, de la nostalgie, des regrets, la peur du temps qui passe. Rien qui, finalement, ne vaille plus de deux euros sur un vide-grenier. Impossible de s'en débarasser.
Dernière Chanson
samedi 6 septembre 2014
You Can't Post That On Blogs Anymore !
Salut les copains. J'ai passé d'excellentes vacances, merci. J'étais à Valencia, en Espagne, où j'ai eu la joie de tomber, à la FNAC, sur toute la série des You Can't Do That On Stage Anymore de Zappa, dans leur version remasterisée 2012, à 5,69 € chaque double CD. Tant pis pour le musée de la Corrida, j'ai cédé aux sirènes de la consommation et je m'en délecte depuis, dans ma voiture, sur ma super chaîne stéréo, sur Spotify quand vraiment je ne peux pas faire autrement, bref, vous l'avez compris, je suis redevenu complètement accroc de l'oncle Frank.
A l'heure même où je bazarde une grande partie de ma discothèque (Dionysos ?!! bon sang, pourquoi j'ai acheté ça ???!!!), je me refais tous les Zappa dans le désordre et je compte bien vous en faire profiter très prochainement et très prétentieusement dans une série de compilations couvrant l'ensemble de son oeuvre.
C'est un boulot colossal car étant donné les multiples albums sortis de son vivant, les projets avortés sortis post-mortem par sa famille, il s'agit d'y retrouver ses petits, de faire des choix essentiels relatifs à sa continuité conceptuelle, se mordre les doigts à savoir si Cosmik Debris fait double-emploi avec Stinkfoot, bref, proposer au béotien et au profane quelque chose d'à la fois complet, mais aussi jouissif (certains morceaux difficiles d'accès étant toutefois incontournables, mazette, comment y amener l'auditeur en douceur ?).
Je me permettrai d'ignorer les préceptes liés aux "This Is...", compilations chères à Keith Michards et au Zornophage, consistant à porter un autre regard sur l'artiste. Je me permettrai de bafouer l'idiome 1 album = 1 morceau. J'essaierai d'éviter les redites, ce qui signifie trancher dans le lard et passer outre certains morceaux connus (ou au contraire leur faire belle place, ou encore les proposer dans des versions alternatives).
Voilà donc, c'est un avant-goût de ce proposera ce blog très prochainement. Nul doute que les liens disparaîtront rapidement, mais je fournirai toutes les infos sur le track-listing de façon à ce que ceux qui souhaiteraient suivre cette fabuleuse aventure puissent malgré tout, Do It Yourself, retrouver leurs petits à droite à gauche.
J'attends d'emblée vos commentaires, admiratifs autant qu'énervés, désabusés par la présence/absence de tel morceau. Sans doute peu de bloggers/lecteurs suivront-ils cette aventure, mais ceux d'entre vous qui y participeront devraient aider le monde à honorer comme il se doit l'homme à la moustache.
Le premier volume (calibré pour être ripé en 2CD, comme tous ceux à suivre), balayera les Mothers Of Invention, disons, a priori, jusqu'à Uncle Meat. J'en fais mon objectif de la semaine à suivre - stay tuned !
A l'heure même où je bazarde une grande partie de ma discothèque (Dionysos ?!! bon sang, pourquoi j'ai acheté ça ???!!!), je me refais tous les Zappa dans le désordre et je compte bien vous en faire profiter très prochainement et très prétentieusement dans une série de compilations couvrant l'ensemble de son oeuvre.
C'est un boulot colossal car étant donné les multiples albums sortis de son vivant, les projets avortés sortis post-mortem par sa famille, il s'agit d'y retrouver ses petits, de faire des choix essentiels relatifs à sa continuité conceptuelle, se mordre les doigts à savoir si Cosmik Debris fait double-emploi avec Stinkfoot, bref, proposer au béotien et au profane quelque chose d'à la fois complet, mais aussi jouissif (certains morceaux difficiles d'accès étant toutefois incontournables, mazette, comment y amener l'auditeur en douceur ?).
Je me permettrai d'ignorer les préceptes liés aux "This Is...", compilations chères à Keith Michards et au Zornophage, consistant à porter un autre regard sur l'artiste. Je me permettrai de bafouer l'idiome 1 album = 1 morceau. J'essaierai d'éviter les redites, ce qui signifie trancher dans le lard et passer outre certains morceaux connus (ou au contraire leur faire belle place, ou encore les proposer dans des versions alternatives).
Voilà donc, c'est un avant-goût de ce proposera ce blog très prochainement. Nul doute que les liens disparaîtront rapidement, mais je fournirai toutes les infos sur le track-listing de façon à ce que ceux qui souhaiteraient suivre cette fabuleuse aventure puissent malgré tout, Do It Yourself, retrouver leurs petits à droite à gauche.
J'attends d'emblée vos commentaires, admiratifs autant qu'énervés, désabusés par la présence/absence de tel morceau. Sans doute peu de bloggers/lecteurs suivront-ils cette aventure, mais ceux d'entre vous qui y participeront devraient aider le monde à honorer comme il se doit l'homme à la moustache.
Le premier volume (calibré pour être ripé en 2CD, comme tous ceux à suivre), balayera les Mothers Of Invention, disons, a priori, jusqu'à Uncle Meat. J'en fais mon objectif de la semaine à suivre - stay tuned !
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