Chers amis, j'ai l'immense plaisir de vous annoncer mon retour à la vie, et donc peut-être au blog, si jamais je trouve le temps car j'ai envie de faire mille choses que je ne faisais plus. La bière, la bière, qu'est-ce qu'elle a fait de moi la bière, la bière... Refrain connu. Ben moi j'arrête définitivement l'éthanol, 2ème jour aujourd'hui et ça va. Les clopes, on verra plus tard. Trop de dommages colatéraux, jusqu'à une frousse médicale qui vient de s'évaporer (on touche du bois) ce soir.
Voilà, c'est dit, pas facile, mais pour une fois que j'ai du courage à revendre...
Finies donc les remarques colériques, je me contenterai d'être incendiaire si Francis Cabrel sort un album de reprises de Leonard Cohen. Et je voudrais pas finir comme Daniel Darc, vu le genre de méchancetés qu'on pourrait dire sur moi ;o)
Préférant adhérer aux Bloggeurs Anonymes plutôt qu'aux alcooliques anonymes je compte sur vous, bande d'amis !
Jeepeedee Comes alive !
Stay in tune, je me suis offert un petit cadeau que je partagerai avec modération ici ces prochains jours...
J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.
Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?
- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -
lundi 11 mars 2013
samedi 9 mars 2013
#4Z : Black Joe Lewis & the Honeybears "Scandalous"
Inspiré par le récent burn out de l'ami Jeepeedee et souhaitant lui (et vous) proposer un album à la fois énergique et fun (u bon remède à la sinistrose, quoi !), c'est tout naturellement que je me suis replié sur le second album des américains de Black Joe Lewis & the Honeybears, Scandalous.
Black Joe Lewis & the Honeybears, quel nom déjà ! On sent bien la formation qui sait ne pas se prendre au sérieux, et puis ça a un petit côté rétro prometteur que semble confirmer la pochette... Et puis la musique commence, un rock funk & blues costaud et expertement troussé qui fait immédiatement son petit effet... Une musique notablement référencé, qui ne cherche pas autre chose que de proposer à l'auditeur ravi un cocktail certes passéiste (revivaliste) mais suffisamment savoureux pour que, jamais, on ne fasse la fine bouche, sauf à absolument vouloir démonter ce second effort réussi, ce qui n'est aucunement la politique de la maison.
Et donc Scandalous, 39 minutes d'énergie, de sueur, d'authenticité par six texans d'Austin (2 blacks, dont Joe comme son nom l'indique, 3 blancs et un latino) influencés, pêle-mêle, par James Brown, Otis Redding, Howlin' Wolf, The Rolling Stones, The Troggs, le J. Geils Band, et j'en passe... Dérivatif ? Sans doute un peu mais, surtout !, diablement efficace comme le prouvent les onze chansons ici déployées dont aucune ne rate sa cible avec, pour ce faire, tous les attributs qu'on attend habituellement de ce genre d'entreprise : un chanteur gorgé de soul mais également capable de rocker ou de blueser comme un vieux pro, une rythmique qui groove quand il faut où il faut, des guitares aussi riffues que bavardes mais jamais hors-cadre et, évidemment !, les additifs cuivrés nécessaires à une pareille recette.
Clairement, il n'y a rien de révolutionnaire là-dedans, c'est même tout le contraire. Excitant dans sa performance, Black Joe Lewis & the Honeybears (ce nom (bis) !) aurait presque des airs de vieille pantoufle confortable dans lequel il est bon, si bon !, de se glisser et de s'abandonner, confortable que nous sommes, à quelques gesticulations sudatoires ô combien bienvenues. Si tel est votre bonheur, veillez à ne surtout pas passer sur ce Scandalous extrêmement réussi et, par conséquent, chaudement recommandé.
1. Livin' In The Jungle 3:22
2. I'm Gonna Leave You 3:513. Booty City 2:41
4. Black Snake 3:03
5. She's So Scandalous 4:35
6. Messin' 2:26
7. Mustang Ranch 3:41
8. You Been Lyin' 3:31
9. Ballad Of Jimmy Tanks 3:24
10. Since I Met You Baby 4:15
11. Jesus Took My Hand 3:56
jeudi 7 mars 2013
Alvin Lee (1944-2013)
C'est avec une vraie peine que j'ai appris aujourd'hui la disparition du guitariste/chanteur Alvin Lee.
5 décennies durant, sur des bases blues et rock jamais démenties, ce supersonique soliste (comme décrit à l'époque de son apparition et exemplifié sur un I'm Going Home toujours aussi impressionnant) avait connu une carrière inévitablement en dents de scie (vu son exceptionnelle durée) avec, en sommet indépassable d'un début de carrière ô combien prometteur, une apparition remarquée à la fameuse messe hippie de Woodstock.
Alvin, évidemment, était l’incontesté leader de Ten Years After mais aussi l’auteur d’une série d'albums solo dont les plus réussis (Road to Freedom ou In Flight) sont au moins aussi recommandables que les plus belles oeuvres de son aventure collective.
Pour célébrer sa carrière et se morfondre, comme il se doit, de la disparition, toujours prématurée, de cette figure "B" de la grande histoire du rock'n'roll, je vous livre la compilation concoctée Ayah Gagohn en mars 2008 pour feu-Baistophe, soit près de 2h40 de musique référentielle et référencée, un bon moyen de se souvenir...
5 décennies durant, sur des bases blues et rock jamais démenties, ce supersonique soliste (comme décrit à l'époque de son apparition et exemplifié sur un I'm Going Home toujours aussi impressionnant) avait connu une carrière inévitablement en dents de scie (vu son exceptionnelle durée) avec, en sommet indépassable d'un début de carrière ô combien prometteur, une apparition remarquée à la fameuse messe hippie de Woodstock.
Alvin, évidemment, était l’incontesté leader de Ten Years After mais aussi l’auteur d’une série d'albums solo dont les plus réussis (Road to Freedom ou In Flight) sont au moins aussi recommandables que les plus belles oeuvres de son aventure collective.
Pour célébrer sa carrière et se morfondre, comme il se doit, de la disparition, toujours prématurée, de cette figure "B" de la grande histoire du rock'n'roll, je vous livre la compilation concoctée Ayah Gagohn en mars 2008 pour feu-Baistophe, soit près de 2h40 de musique référentielle et référencée, un bon moyen de se souvenir...
R.I.P.
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10 Years After "Rock'n'Roll, That's All"
CD1
1. Help Me 9:50
2. Summertime/Chantung Cabbage 5:29
3. The Sounds 4:13
4. Portable People 2:15
5. Hear Me Calling 5:43
6. No Title 8:11
7. I'm Going Home 9:42
8. Good Morning Little Schoolgirl 7:00
9. I Don't Know That You Don't Know My Name 2:02
10. Working On The Road 4:17
11. As The Sun Still Burns Away 4:43
12. Love Like A Man 8:46
13. She Lies In The Morning 7:26
1. Help Me 9:50
2. Summertime/Chantung Cabbage 5:29
3. The Sounds 4:13
4. Portable People 2:15
5. Hear Me Calling 5:43
6. No Title 8:11
7. I'm Going Home 9:42
8. Good Morning Little Schoolgirl 7:00
9. I Don't Know That You Don't Know My Name 2:02
10. Working On The Road 4:17
11. As The Sun Still Burns Away 4:43
12. Love Like A Man 8:46
13. She Lies In The Morning 7:26
CD2
1. Sweet Little Sixteen 4:10
2. One Of Thes Days 5:49
3. I'd Love To Change The World 3:43
4. Over The Hill 2:27
5. I've Been There Too 5:44
6. You Give Me Loving 6:33
7. Standing At The Station 7:10
8. Choo Choo Mama 4:01
9. I Can't Keep From Crying Sometimes 15:54
10. Without You 3:46
11. I Get All Shook Up 4:42
12. A Hundred Miles High 7:06
13. Time To Kill 6:19
1. Sweet Little Sixteen 4:10
2. One Of Thes Days 5:49
3. I'd Love To Change The World 3:43
4. Over The Hill 2:27
5. I've Been There Too 5:44
6. You Give Me Loving 6:33
7. Standing At The Station 7:10
8. Choo Choo Mama 4:01
9. I Can't Keep From Crying Sometimes 15:54
10. Without You 3:46
11. I Get All Shook Up 4:42
12. A Hundred Miles High 7:06
13. Time To Kill 6:19
(1) Alvin is no more
but his music lives on (2)
mercredi 6 mars 2013
lundi 4 mars 2013
Keep on the sunny side, please !
Je fais un rêve.
Un rêve que ce blog continue dans une ambiance amicale.
Un rêve que ce blog rassemble.
Un rêve que ce blog ne heurte que les fans d'Adamo et de Francis Cabrel.
Un rêve que ce blog soit plein de respect, et que l'irrespect se vêtisse d'humour.
Un rêve que l'on arrête avec cette affaire Daniel Darc.
A ceux qui ont été heurtés, je m'en excuse. Restons amis.
Zornee, pour le coup, c'est toi qui fais la vaisselle ce soir.
Voilà, pas le temps de poster un skeud, mais une furieuse envie de passer à autre chose.
Elle est pas belle la vie ?
Un rêve que ce blog continue dans une ambiance amicale.
Un rêve que ce blog rassemble.
Un rêve que ce blog ne heurte que les fans d'Adamo et de Francis Cabrel.
Un rêve que ce blog soit plein de respect, et que l'irrespect se vêtisse d'humour.
Un rêve que l'on arrête avec cette affaire Daniel Darc.
A ceux qui ont été heurtés, je m'en excuse. Restons amis.
Zornee, pour le coup, c'est toi qui fais la vaisselle ce soir.
Voilà, pas le temps de poster un skeud, mais une furieuse envie de passer à autre chose.
Elle est pas belle la vie ?
dimanche 3 mars 2013
Anti-hommage à Daniel Darc (par le Zornophage).
Il était une fois un petit pays particulièrement amoureux de ses losers. En ce petit pays, d'étranges individus paraissaient régulièrement à la Une (ou la deux) de divers médias bien-pensants et si sûrs de leur bon goût qu’ils en avaient pour preuve l'indifférence qu’opposait le grand public à ces étoiles ébréchées.
Ce pays, vous l’aurez compris, c’est le notre, cette bonne vieille France. Et un de ces individus Daniel Darc, fantomatique présence à la voix peu assurée, aux textes vide-âme et exhibitionnistes, à la musique plus souvent atone que réjouissante... Or donc, Daniel Darc de fantomatique est passé à viande froide, la faute à une vie d’abus en tous genres, une fin prévisible, en somme. Et que les médias majoritaires nous proposèrent-ils à la nouvelle de cette définitive défection ? Chercher le garçon de Taxi Girl… et rien d’autre. C’est dire si la suite de la carrière de DD aura fait des étincelles, marqué les consciences…
Alors, voir le déchaînement bloggistique qui accompagne son décès me laisse songeur… Ce n’est un secret pour personne, je n’avais aucun goût pour l’art du monsieur, que ce soit dans ses élucubrations électrophiles groupées des débuts ou dans une carrière solo en dents de scie par la suite. Et, à la limite, ça ne me poserait pas de problème si, il y a un peu moins de deux ans de ceci, la disparition d’un vrai grand n’était passée totalement inaperçue, ô combien injustement… Certes, ledit grand n’était pas français, n’avait pas eu de novelty hit et n’avait que fort rarement surnagé hors d’un underground bien trop peuplé pour être réellement visible. Mais, tout de même, une telle disparité de traitement me choque, profondément.
Je profite donc de ce billet d’humeur chez mon hôte joli (qui ne fut pas le dernier à hommager à tous vents, ceci dit en passant et sans aucunement chercher quelque vaine polémique) pour exhorter les foules à donner l’attention qu’il mérite à Gil Scott-Heron, le grand, c’est lui.
Et pour joindre le son à la parole, je vous livre le « baistophe » que j’avais confectionné pour le blog éponyme une petite année avant sa disparition ô combien prématurée (62 ans !) soit plus de 2h30 et 33 titres pour introduire un Artiste chez nous trop peu reconnu alors qu’il est un jalon essentiel de la black music américaine.
Voici :
CD 1
Disc 1
1. Message to the Messengers 4:53
2. The Revolution Will Not Be Televised 3:05
3. Home Is Where the Hatred Is 3:20
4. We Almost Lost Detroit 5:16
5. Is That Jazz? 3:43
6. Winter in America (Solo Version) 6:23
7. Lady Day and John Coltrane 3:34
8. The Bottle 5:04
9. Alien (Hold on to Your Dreams) 3:25
10. Guerilla 7:46
11. Angel Dust 4:13
12. The Get Out of the Ghetto Blues 5:07
13. The Other Side (Parts II & III) 12:48
14. Free Will 3:38
15. Trane 7:22
Disc 1
1. Message to the Messengers 4:53
2. The Revolution Will Not Be Televised 3:05
3. Home Is Where the Hatred Is 3:20
4. We Almost Lost Detroit 5:16
5. Is That Jazz? 3:43
6. Winter in America (Solo Version) 6:23
7. Lady Day and John Coltrane 3:34
8. The Bottle 5:04
9. Alien (Hold on to Your Dreams) 3:25
10. Guerilla 7:46
11. Angel Dust 4:13
12. The Get Out of the Ghetto Blues 5:07
13. The Other Side (Parts II & III) 12:48
14. Free Will 3:38
15. Trane 7:22
Disc 2
1. It's Your World 3:54
2. H2O Gate Blues 8:07
3. Think I'll Call It a Morning 3:29
4. A Legend in His Own Mind 3:39
5. The Vulture 4:16
6. Johannesburg 4:44
7. New York City 4:44
8. On Coming from a Broken Home (Part 1) 2:20
9. Shut 'Em Down 5:14
10. Vildgolia (Deaf, Dumb and Blind) 7:40
11. Fast Lane 4:52
12. Show Bizness 2:49
13. Fell Together 4:25
14. Me and the Devil 3:32
15. Hello Sunday! Hello Road! 3:37
16. Must Be Something 5:12
17. Your Soul and Mine 2:02
18. Who'll Pay Reparation on My Soul? 5:12
1. It's Your World 3:54
2. H2O Gate Blues 8:07
3. Think I'll Call It a Morning 3:29
4. A Legend in His Own Mind 3:39
5. The Vulture 4:16
6. Johannesburg 4:44
7. New York City 4:44
8. On Coming from a Broken Home (Part 1) 2:20
9. Shut 'Em Down 5:14
10. Vildgolia (Deaf, Dumb and Blind) 7:40
11. Fast Lane 4:52
12. Show Bizness 2:49
13. Fell Together 4:25
14. Me and the Devil 3:32
15. Hello Sunday! Hello Road! 3:37
16. Must Be Something 5:12
17. Your Soul and Mine 2:02
18. Who'll Pay Reparation on My Soul? 5:12
(1) Gil Scott Heron
Will Not Be Televised (2)
samedi 2 mars 2013
#2Z : Maurice (Morice) Benin "Je Vis"
Bon, je sais, je dois à Jeepeedee mon petit billet sur l'album qu'il a choisi de m'imposer (ma figure imposée en réponse au Pride Tiger posté ici-même il y a quelques jours). Ce n'est pas celui-ci. Bientôt... Bref...
Il n’est pas inutile de rappeler que, pendant que quelques singes savants surmédiatisés s’agitaient convulsivement dans des exhibitions signées Maritée et Gilbert Carpentier, une autre musique (ou d’autres musiques pour être plus précis) vivotaient dans un underground pas exactement injuste, il y avait chez ces doux-dingues suffisamment de désaxés pour désarçonner la ménagère vagissante, mais à l’impact nettement minoré par un système médiatique n’offrant que trop peu de place à un off-mainstream hexagonal pourtant passionnant.
Oui, dans ces seventies giscardisantes, l'ex-bande Saravah (Higelin, Fontaine et Areski en tête de pont), les progueux plus ou moins déviants (Magma, Ange, Etron Fou Le Loup Blanc, la multinationale Gong, etc.), les folkeux sans peurs et sans reproches (Gwendal, Malicorne et tous les autres), etc., vivaient une aventure au moins aussi passionnante que celles de leurs équivalents transfrontaliers. Et ce n’est que la partie immergée d’un l’impressionnant iceberg qu’il serait fastidieux d’énumérer ici…
Parce que, ici, c’est de Maurice (Morice) Bénin dont il s’agit, un zouzou digne représentant d’une chanson à la marge, agitatrice et militante sans jamais perdre d’un humour pothead franchouillard (voir Sollicitation, pour l’exemple). Musicalement, le terreau est folk, et francophile du fait de textes évoquant plus Léo Ferré que Bob Dylan (pour situer)… La voix est juste, bien posée, capable de quelques performances, de quelques déviances, mais toujours au service de la mélodie, de l’émotion. On peut, à partir de là, se demander pourquoi cette musique n'a trouvé qu'un public si extrêmement réduit et s'en voit, conséquemment, reléguée aujourd'hui à un statut micro-culte, un secret trop bien gardé qu'il est bon de dévoiler, d'essayer de partager.
1974, il vit Morice. Il vibre aussi, post-soixante-huitard luttant contre ses moulins à vent avec autant de conviction qu'un Don de la Mancha avec, en lieu et place d'un Sancho P. désabusé mais fidèle, un trio de musiciens tissant un background approprié à son bel-canto en opposition. Bien sûr, tout ceci sonne un peu daté 40 ans après, daté mais pas obsolète... Cette voix baladeuse et polyethnique, ces flutes, ces guitares, ces dérapages psychédéliques, et l'absolue conviction de l'auteur, aussi, surtout sont autant de vibrantes preuves d'un artiste (en effet) vivant, vif même. Bien sûr, comme souvent chez les français de l'époque, c'est verbeux à l'excès mais on ne le voudrait pas autrement.
Je Vis... Il faudra bien écouter les paroles, se laisser porter par les trips musicaux les accompagnant pour trouver le sésame d'un album pas exactement difficile à aborder mais suffisamment référencé et barjotant pour laisser quelques jeunes-âmes sur le bord du chemin. C'est comme ça... De la musique sans compromis, de l'art quoi...
Recommandé.
Oui, dans ces seventies giscardisantes, l'ex-bande Saravah (Higelin, Fontaine et Areski en tête de pont), les progueux plus ou moins déviants (Magma, Ange, Etron Fou Le Loup Blanc, la multinationale Gong, etc.), les folkeux sans peurs et sans reproches (Gwendal, Malicorne et tous les autres), etc., vivaient une aventure au moins aussi passionnante que celles de leurs équivalents transfrontaliers. Et ce n’est que la partie immergée d’un l’impressionnant iceberg qu’il serait fastidieux d’énumérer ici…
Parce que, ici, c’est de Maurice (Morice) Bénin dont il s’agit, un zouzou digne représentant d’une chanson à la marge, agitatrice et militante sans jamais perdre d’un humour pothead franchouillard (voir Sollicitation, pour l’exemple). Musicalement, le terreau est folk, et francophile du fait de textes évoquant plus Léo Ferré que Bob Dylan (pour situer)… La voix est juste, bien posée, capable de quelques performances, de quelques déviances, mais toujours au service de la mélodie, de l’émotion. On peut, à partir de là, se demander pourquoi cette musique n'a trouvé qu'un public si extrêmement réduit et s'en voit, conséquemment, reléguée aujourd'hui à un statut micro-culte, un secret trop bien gardé qu'il est bon de dévoiler, d'essayer de partager.
1974, il vit Morice. Il vibre aussi, post-soixante-huitard luttant contre ses moulins à vent avec autant de conviction qu'un Don de la Mancha avec, en lieu et place d'un Sancho P. désabusé mais fidèle, un trio de musiciens tissant un background approprié à son bel-canto en opposition. Bien sûr, tout ceci sonne un peu daté 40 ans après, daté mais pas obsolète... Cette voix baladeuse et polyethnique, ces flutes, ces guitares, ces dérapages psychédéliques, et l'absolue conviction de l'auteur, aussi, surtout sont autant de vibrantes preuves d'un artiste (en effet) vivant, vif même. Bien sûr, comme souvent chez les français de l'époque, c'est verbeux à l'excès mais on ne le voudrait pas autrement.
Je Vis... Il faudra bien écouter les paroles, se laisser porter par les trips musicaux les accompagnant pour trouver le sésame d'un album pas exactement difficile à aborder mais suffisamment référencé et barjotant pour laisser quelques jeunes-âmes sur le bord du chemin. C'est comme ça... De la musique sans compromis, de l'art quoi...
Recommandé.
1. Je vis 11:46
2. Les comptes sont bons 3:45
3. Où tu es passé 7:12
4. Plus tu es heureux 4:36
5. Toute petite vie 2:55
6. Solicitation 4:19
7. L'églantine dans mon jardin 4:45
8. Une fois... 4:39
Benin is alive !
vendredi 1 mars 2013
#160 : This Is... Joe Dassin
Bon, zut, merdre, Keith tarde à répondre, alors ma compile, je la poste ici. This Is... Joe Dassin. Même pas peur. Oublions les pleins, voyons les déliés. Et Joe n'a pas manqué d'en fournir des tonnes, aux creux de ses albums. Tubes ratés (pas tubes), chansons sincèrement importantes (donc même pas tubes), bref, le saviez-vous, il existe un autre Joe Dassin que celui des compilations à bas étage des supermarchés.
On parle ici d'un gars qui, dans le désordre mais avec passion, nous a balancé des petites clés, des possibilités d'aller voir du côté de chez Joni Mitchell, Gordon Lightfoot, Tom Paxton, Johnny Cash, Neil Diamond, Tony Joe White, voire vers des choses bien plus traditionnelles (Katy Cruel), et qui nous a balancé quelques chansons originales pas piquées des vers.
On ne parle pas ici de l'Amérique (eeeuh), de l'Eté Indien et de toutes ces choses qui résument mal le bonhomme.
Le bonhomme, oui. Il l'est. Ecoutez-moi cette simplicité, vaillamment orchestrée par un Johnny Arthey dont je m'étonne encore qu'il ne figure pas aux côtés d'un Georges Martin ou d'un Nigel Godrich.
Puissiez-vous, par cette modeste compilation, cerner donc ce bonhomme. Celui passionné de folk américain, qui n'avait d'autre but que de trousser de belles chansons, avant que - la mode aidant - on ne lui fasse chanter de la daube puante. Ca, on l'a jeté à la poubelle. Cette compilation, ce n'est pas une rétrospective. On jette un voile pudique sur les horreurs qu'il a pu commettre.
Comme si, dans un monde meilleur, ceci pouvait constituer un Greatest Hits de l'Artiste. De hits, il n'y en a bizarrement pas, ou bien minimes. Et c'est justement cela qui est fou. Ratissez les sillons des disques à Joe, il y a là de l'avoine prête à cueillir, des choses incroyables qui auraient dû inspirer notre belle jeunesse.
Il en reste encore, je n'ai pas tout mis. J'ai limité le syndrome slow-ballade au strict minimum, car L'Eté Indien plombe bien trop l'artiste pour qu'on puisse imaginer en causer librement.
M'enfin, voici un petit morceau de vie parfait, si par exemple vous envisagez un petit Paris-Montpellier dans la nuit et si de fait vous cherchez de quoi vous étonner toutes les trois minutes.
Vous voudrez bien juste excuser la dernière ballade sirupeuse, je l'aime tellement. Mais bon, c'est l'heure d'une petite pause, non ?
Allez, Roulez !
01 - Le Costume Blanc
02 - Katy Cruel
03 - Polk Salad Annie
04 - A la Santé d'Hier
05 - Le Roi du Blues
06 - St; James Infirmary Blues
07 - La Ligne de Vie
08 - On s'En Va
09 - Messieurs les Jurés
10 - The Last Thing On My Mind
11 - L'Amour Etc.
12 - Un Garçon Nommé Suzy
13 - Le Grand Parking
14 - Dans la Brume du Matin
15 - Allez Roulez !
16 - Au Bout Des Rails
17 - Six Jours à la Campagne
18 - La Saison du Blues
19 - Le Marché Aux Puces
20 - Ma Dernière Chanson Pour Toi
On parle ici d'un gars qui, dans le désordre mais avec passion, nous a balancé des petites clés, des possibilités d'aller voir du côté de chez Joni Mitchell, Gordon Lightfoot, Tom Paxton, Johnny Cash, Neil Diamond, Tony Joe White, voire vers des choses bien plus traditionnelles (Katy Cruel), et qui nous a balancé quelques chansons originales pas piquées des vers.
On ne parle pas ici de l'Amérique (eeeuh), de l'Eté Indien et de toutes ces choses qui résument mal le bonhomme.
Le bonhomme, oui. Il l'est. Ecoutez-moi cette simplicité, vaillamment orchestrée par un Johnny Arthey dont je m'étonne encore qu'il ne figure pas aux côtés d'un Georges Martin ou d'un Nigel Godrich.
Puissiez-vous, par cette modeste compilation, cerner donc ce bonhomme. Celui passionné de folk américain, qui n'avait d'autre but que de trousser de belles chansons, avant que - la mode aidant - on ne lui fasse chanter de la daube puante. Ca, on l'a jeté à la poubelle. Cette compilation, ce n'est pas une rétrospective. On jette un voile pudique sur les horreurs qu'il a pu commettre.
Comme si, dans un monde meilleur, ceci pouvait constituer un Greatest Hits de l'Artiste. De hits, il n'y en a bizarrement pas, ou bien minimes. Et c'est justement cela qui est fou. Ratissez les sillons des disques à Joe, il y a là de l'avoine prête à cueillir, des choses incroyables qui auraient dû inspirer notre belle jeunesse.
Il en reste encore, je n'ai pas tout mis. J'ai limité le syndrome slow-ballade au strict minimum, car L'Eté Indien plombe bien trop l'artiste pour qu'on puisse imaginer en causer librement.
M'enfin, voici un petit morceau de vie parfait, si par exemple vous envisagez un petit Paris-Montpellier dans la nuit et si de fait vous cherchez de quoi vous étonner toutes les trois minutes.
Vous voudrez bien juste excuser la dernière ballade sirupeuse, je l'aime tellement. Mais bon, c'est l'heure d'une petite pause, non ?
Allez, Roulez !
01 - Le Costume Blanc
02 - Katy Cruel
03 - Polk Salad Annie
04 - A la Santé d'Hier
05 - Le Roi du Blues
06 - St; James Infirmary Blues
07 - La Ligne de Vie
08 - On s'En Va
09 - Messieurs les Jurés
10 - The Last Thing On My Mind
11 - L'Amour Etc.
12 - Un Garçon Nommé Suzy
13 - Le Grand Parking
14 - Dans la Brume du Matin
15 - Allez Roulez !
16 - Au Bout Des Rails
17 - Six Jours à la Campagne
18 - La Saison du Blues
19 - Le Marché Aux Puces
20 - Ma Dernière Chanson Pour Toi
Daniel Darc est mort (3)
Voilà, j'arrête pas de penser à Daniel Darc. J'ai écrit une chanson. Inutile de laisser des commentaires, je sais pas si c'est bien ou pas, prétentieux ou pas, ridicule ou pas. Je pouvais pas faire autrement. Allez, après ça, on passe à autre chose, hein...
Daniel Darc est mort (2)
Tant que Daniel Darc vivait, on pouvait croire en tout.
Scarifications live, il faut que jeunesse se passe.
Absences longue durée - il faut que l'Artiste se crée.
Renaissance inespérée (par les andouilles des Victoires du Business), eh oui, le talent ne s'altère pas.
Promesses non tenues - merde, Daniel, et l'album country ?!!!
Et puis cette envie d'en découdre. De se prétendre rock'n'roll même quand on envoie des ballades, parce que bon, on a beau avoir une Gibson Lespaul à la maison, on en n'est pas moins homme. Le rock'n'roll est intérieur, chacun sa flamme.
Car oui, la flamme, sans problème. Résistante à tous vents. Combien de morts chez Taxi Girl, déjà ? Allez, laissons-là les statistiques.
Daniel Darc est mort. C'est peut-être son plus beau chef-d'oeuvre. Ca y est, c'est fait. On va tous bêtement réécouter les chansons. Forcément. Et peut-être, avec plus de force. Pardonner les maladresses des vivants, en tirer la substantifique moëlle, comme on dit. Nous sommes tous des nécromanciens, la larme à l'oeil dès qu'une icône passe le fleuve des enfers.
Les choses de l'autre rive prennent un autre goût. Reécouter. Taper Darc+blogspot sur Google, chercher à rattraper le temps perdu.
Mais, hé ! En bas de chez vous ? Y'aurait pas un Daniel Darc en puissance dans le petit groupe dé merde qui va jouer à la fête e la Musique ? Ou au bistrot du coin ?
C'est peut-être un petit moment à passer plus sympa qu'à télécharger l'intégrale de Yes, No ?
Juste pour lui, en fait.
It's only rock'n'roll but (he) liked it.
Allez j'arrête là.
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