J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


- - - Disapproved by the Central Scrutinizer - - -

jeudi 22 novembre 2018

#219 : Tommy Jarrell - The Legacy Of Tommy Jarrell volume 3 - Come And Go With Me

Ce post, c'est un verre de bootleg whiskey directement issu de Caroline du Nord, que vous vous envoyez dans le gosier. Ca vient même directement de la région de Mount Airy, quelques centaines d'âme, et là-bas on ne rigole pas quand on joue du banjo. Ni du violon, d'ailleurs, et c'est souvent les deux à la fois. Ici, on ne connaît ni Earl Scruggs, ni Bela Fleck, ni les autres virtuoses qui passent à la radio. On est pas là pour amuser le Grand Ole Opry. Ici, on joue du clawhammer banjo. On prétend pas que le banjo est un instrument américain, on sait très bien ce qu'on doit aux noirs qui sont arrivés du sud après l'abolition. On leur a donné autant qu'ils nous ont apporté. On était irlandais, après la Grande Famine on a débarqué à New York mais on a vite compris que si on espérait gagner trois dollars fallait partir dans les mines de charbon. Et après une journée de boulot tu sais plus si t'es blanc ou noir, et qu'est-ce que ça peut faire. On s'est tous retrouvés au même endroit parce que personne voulait de nous.

Et on a même réussi  éviter le Folk Revival, il y a 60 ans. On est pas des marionnettes ni des guignols. On joue du banjo. Après, bon, y'a bien eu quelques hurluberlus venus jusqu'ici nous enregistrer. C'est eux qui voyaient, nous, on allait quand même pas bouger de là.

Moi, Tommy Jarrell, j'ai appris à pas mal de gosses à jouer du banjo - et du violon. Parce que si tu veux jouer avec un violoniste et que tu sais pas ce qu'il fait t'es un comique. Et réciproquement. Ici, on s'écoute. Bref, j'avoue qu'il y a eu pas mal de monde à venir m'écouter, dans les années 1970. Certains d'entre eux étaient sympas. Je me suis toujours demandé pourquoi ils s'intéressaient à ma musique de hillbilly, mais bon, chacun ses affaires. J'étais pas Hank Williams, moi, j'ai bossé toute ma vie. Dans les bagnoles. Et puis à force de voir ces gamins affluer, j'ai même eu une médaille de Washington (je sais plus trop pourquoi, je suis mort maintenant, je me repose). Paraît même que ma version de Little Maggie figure à l'Institut Smithsonian. Cette blague. Mais bon, c'est vrai, le banjo, fallait pas m'en montrer. Qu'est-ce qu'on s'est fait plaisir avec mon pote Fred Cockerham. On alternait, tu vois. Passe-moi le banjo, tiens prends le violon sur la prochaine et tout ça. Le banjo, ça repose les doigts et le coude, c'est chaud le violon. Et inversement, enfin, c'est pareil ces deux trucs, ça fait pas des notes comme à la Ville, ça fait juste danser.

Et des fois, même, je chantais ces vieux trucs. Déjà que j'étais vieux, mais ces machins, je savais même pas d'où ça venait. Mes grands-parents les connaissaient déjà. John Henry, bon dieu, mort un marteau à la main. A construire des voies ferrées pour explorer ce pays. Je sais pas si c'est vrai cette histoire mais les ens l'aimaient bien. Et puis quelle importance. Des p'tites Maggie, il en court plein les rues. Trop belles, trop jeunes, trop connes. Elles finissent toutes pareilles. Manque de religion, je dis. Quoique, de là où je te parle, le bon dieu je l'ai pas vu, même pas entendu. C'est même pas moi qui te parle, c'est un p'tit gars qui écrit ce truc, il se démerde pas trop mal au banjo d'ailleurs, il fait que ça aussi faut dire. Peut-être qu'à son époque, là, maintenant, y'a pas ou plus grand chose d'intéressant ?

Alors si ça vous tente, je peux vous en jouer quelques unes. Excusez pour la voix, ils m'avaient demandé de chanter, c'est pas mon truc mais bon, ça avait l'air de leur faire plaisir aux gamins qui sont venus me voir, quand j'étais encore vivant, dans les années 1970. Euh... je suis désolé, ça doit vous changer quand même de la radio, non ? Je serais vous j'en boirais encore un petit verre, de ce moonshine-là, ça vous détendra les acoustilles, les vivants. Z'êtes sûrs ? OK, ben alors je joue.

Come And Go With Me


vendredi 16 novembre 2018

#218 Bob Dylan "More Blood More Tracks"

Alors là...

En fait, pour comprendre ce "alors là" qui en dit long, il faut revenir une quinzaine d'années en arrière, voire plus. Blood On The Tracks est un album extraordinaire, ça n'est pas le problème. De fait, tout ce qui figure ici a potentiellement droit au qualificatif d'extraordinaire de même. Ça, tout le monde le sait. Sauf qu'il y a quinze ans, on s'échangeait des pirates en CD-R par la poste, et concernant cet album, ben une fois qu'on possédait Blood On The Tapes, la copie de l'acétate qui devait originellement constituer l'album à partir des seules sessions new-yorkaises, on était content. Les Bootleg Series vol. 1-3 nous avaient déjà permis de disposer de Up To You, Call Letter Blues... bref les outtakes de l'album, donc basta. Dans notre petit monde, l'affaire était pliée, et on se concentrait davantage sur d'autres périodes de l'Artiste, qui nous paraissaient bien moins documentées. Comme les live de 1997. Qu'on espère toujours via un Bootleg Series dédié, d'ailleurs.

Alors là....

On pensait tous que les sessions new-yorkaises étaient soporifiques et uniformes. On aimait bien finalement le détour à Minneapolis, dont on pensait issues toutes les parties un peu couillues de l'album.

Alors là...

Là, c'est littéralement une bombe thermo-nucléaire lancée par Columbia, et ils doivent en rire les employés. Car depuis des lustres, les dylanophiles ont poussé des "bof" à chaque Bootleg Series, ou preque (la période Self Portrait, que j'avais espéré, m'avait tué). Ah quoi, les Witmark Demos, la période catho, le Royal Albert Hall, tout ça on avait pas besoin d'eux. Et je râle encore sur leur pitoyable double CD concernant la Rolling Thunder Review. Du travail d'arpète. De la bouse.

Alors là...

Ben tout est émotion. On se demande d'ailleurs comment l'album a pu sortir. On sait qu'à l'époque, Bob venait de perdre sa maman et son frangin lui avait proposé d'organiser ces fameuses sessions à Minneapolis, lui avait obtempéré, façon OK je te file un peu de thunes. Donc, dilemme entre un album presque acoustique (une légère basse électrique appuyant le propos) ou l'album final un peu pot-pourri qu'on connait pour faire plaisir au frangin. La famille, la famille....

Mais ce qu'on (je) ne savait pas, c'est toute cette exploration en studio dans la grosse pomme... Tiens, prenez You're Gonna Make Me Lonesome When You Go, rien qu'elle. Un titre mineur de l'album, face à un Tangled Up In Blue ou un Shelter From The Storm. Eh ben là, certaines des versions un peu étoffées vous font oublier jusqu'à Visions Of Johanna, rien que ça. Parce que Dylan a testé des parties de piano, un rien de batterie là-dessus, autant de choses qu'on imaginait même pas, du temps de Blood On The Tapes. Cochon de Dylan, diront certains, extasiés par ces outtakes (et j'en suis). Et tout est bon dans le cochon. D'autant qu'ici on ne nous propose pas le cinquième quartier, loin de là.

Alors là...

Le vieil excentrique que je suis n'en revient pas encore, et il écoute avec parcimonie. Avec recueil, délectation épicurienne parce que ça n'arrivera pas deux fois, et que finalement le thermonucléaire à petite dose, ça vous dézingue suffisamment pour tenir la semaine. Vous me raconterez donc ce que je n'ai pas encore entendu. Si vous êtes en état, bien évidemment....

PS : oh et puis If You See Her Say Hello, ultime reflet de Girl From The North Country. Une chanson dont on rêve que Dylan la chante devant nous. Et plusieurs fois si possible. C'est possible.

More Blood
More Tracks

lundi 12 novembre 2018

#217 John Hartford "Aero-Plain"



Ca faisait longtemps, longtemps, que je voulais rendre hommage à ce monsieur. De préférence, au travers d'un album complètement ignoré lors de sa parution, et que l'on retrouve - miracle, enfin, normal, ça leur coûte pas un rond et 90 Mo de stockage - sur les plateformes de téléchargement. Même mes amis russes qui m'abreuvent de torrents de musique (et non, pas de vodka) n'en ont cure. Diable !

Alors, roulement de tambours de banjo, voici John Hartford, un musicien hors-pair, au banjo donc comme au violon, qu'il délaisse ici (c'est Vassar Clements qui s'en occupe, ça va, donc). Ceci étant, ne fuyez pas. On entend bien ici de la musique acoustique au tempo enlevé qui rappelle la ligne bleue du Kentucky, mais pas tout à fait quand même, car le bonhomme est sacrément dérangé.

Elevé au statut de gloire éphémère suite à son tube pour le moins mainstream Gentle On My Mind, que n'aurait pas renié un Neil Diamond, le bougre ne transformera jamais l'essai. Musicien surdoué, complètement cinglé, l'homme n'aura de cesse de sortir des albums qui dérangent, comme celui-ci (on trouve un titre invitant rien de moins qu'à détruire le Grand Ole Opry, donc forcément ça facilite pas le copinage) ou encore de proposer, sur scène, des one-man shows au banjo et aux claquettes, coiffé de son indécrottable chapeau melon. C'est à lui que les frères Coen feront appel pour la musique de O Brother, notamment pour les arrangements old-time que ses pairs semblaient incapables de jouer. Un petit magot qui ne servira malheureusement qu'à lui payer sa chimio. Bye bye, John Hartford.

N'empêche que le monsieur avait tout pour (me) plaire. Ce qu'on entend ici va du bluegrass joué avec une finesse introuvable chez celles et ceux qui semblent aligner les notes à toute vitesse comme s'ils avaient un train à prendre. Et qui plus est, des chansons, surtout. Des mélodies, des arrangements de rêve. Et cette voix... On croirait entendre un croisement improbable entre Earl Scruggs et Joe Dassin. Et l'on en vient à se demander pourquoi diable le grand Joe n'a jamais puisé dans ce répertoire pour se tricoter des adaptations qui auraient fait trembler l'Olympia, si, si.

Et parfois aussi, c'est complètement barré (Boogie) ce qui n'est guère étonnant. Les musiciens fumaient de l'herbe, jouaient un traditionnel pendant une heure ou deux, jusqu'à ce que cela ressemble à quelque chose. Ou pas.

Ainsi donc voilà, un peu en réponse à Jimmy, un cas très très rare où la technicité n'enlève rien à la folie, et donc au génie. L'homme savait jouer plus vite que son ombre, et même que l'ombre des copains de l'époque, mais de cela on ne trouve rien ici. Merci.

Alors donc, ne devriez-vous écouter du bluegrass qu'une fois dans votre vie, c'est le moment où jamais.

Turn You Radio On

mercredi 31 octobre 2018

Gégé Re-Up. On peut pas rester là-dessus

Non.
J'ai tenu la moitié de l'album, stop. Quelle grosse merde, Alors, chose inhabituelle ici, un re-up du mythique "Long Long Chemin" de 1972.
Parce qu'ici, après les fiévreuses orchestrations de la Mort d'Orion, Manset commence à explorer ces mélanges patauds de guitare, de piano, de variété (un peu) qui deviendront sa marque de fabrique dans les années 1970. On n'est pas ici encore dans le Royaume de Siam. Pas de boogie-woogie façon Train du Soir. Manset nous vante encore le bonheur de l'Oiseau de Paradis.
Alors c'est vrai, dans sa dernière merde, on retrouve ce mixage approximatif dont il se vante tant. Ces parties instrumentales maladroites. Qu'y avait-il alors qu'il n'y a plus ?
Une part d'innocence peut-être ? Une société qui appelait moins au cynisme désespéré que la Macronie actuelle ?
En tous cas, pour qui voudrait encore comprendre, chercher, découvrir, voici un artiste presque neuf, après un happening en 1968 (Animal On Est Mal), un Grand Oeuvre l'année d'après (la Mort d'Orion, toujours dispo sur Spotify),  un faux-premier album d'une carrière qui - vraiment - s'arrêtera dans les années 1985-87 pour renaître après, mais pas de la même façon.

Long Long Chemin


lundi 15 octobre 2018

Gégé revient ! (?)

Bon, l'album est chez Jimmy, pas besoin de le re-poster ici. Et je vous invite à lire sa chronique que j'aurais pu écrire- mots pour mots - si j'avais eu l'album là, direct, à sa sortie.
Sauf qu'outre-mer zaidant, j'ai eu le disque dans ma valise quelques jours avant d'atterir à l'aéroport Aimé Cézaire et de dé-boiter le truc sur ma platine.
Est-ce le spectacle des bananiers dans les champs, les grenouilles sous la lune, bla-bla ? Je ne sais pas mais je le trouve moins pire que son aventure grecque précédente. Rempli de guitares, parfois absurdement rock''n'roll (mais ce n'est pas la première foiq, Gégé attendait le Train du Soir chez Bob Seeger il y a longtemps déjà), de cordes (certes arrangées à la va-comme-je-te-pousse), je l'aime un peu plus celui-là.
Je l'aime un peu plus mais attention, pour le nouveau-venant celà reste malheureusement une bulle de merde. Car Manset, en 2018, désolé, ne trouvera plus de nouveaux venants. Pas avec un disque pareil, pas avec ses palabres. Où alors un stagiaire de chez Télérama. Peut-être.
Car en plus le monsieur est prétentieux, lorsque entre les chansons il solliloque. Rien de nouveau par rapport au précédent disque. Use-abuse de la pédale flanger sur la guitare. Rien de nouveau par rapport à "Il voyage en solitaire" ou les disques d'avant (il y a 40 ans quand même).
Je serai donc moins catégorique que Jimmy, je n'ai pas écrit/répondu en mordant à la sortie du disque. Quand j'entends ces arrangements datés, et volontairement datés (c'est pas possible autrement), je me dis que Gégé souffre d'une crise de nostalgie. Cherchant à nous faire croire qu'il peut encore faire aussi bien que l'avant qui nous est cher, on ne peut qu'espérer que face à son génie actuel, il se décide enfin à ouvrir les vannes de ses albums d'antan en VO intégrale. Allez Gégé, vas-y. Ou alors arrête.

lundi 3 septembre 2018

#216 : Bob Dylan "World Gone Wrong"

...Sur une remarque de Jimmy, qui doit dater de plusieurs années : poste-nous un Dylan peu connu. Dont acte.

En 1993, Bob Dylan ne vaut plus rien. L'épisode "Oh Mercy !" est passé depuis longtemps. Après être revenu en grâce avec les efforts de Daniel Lanois, l'alchimiste du moment, fier de son travail avec U2 sur The Joshua Tree (on transforme un groupe de merde en or en barre, joli coup Daniel). Mais c'est presque un Dylan de merde que le canadien avait re-crédibilisé (sait-il travailler avec d'autres que des pitoyables ?). S'en suit un inommable Under The Red Sky, produit par Don Was (?!!) et riche d'invités grotesques (Slash, Steve Jones, Elton John et j'en passe).

Et puis il y eut, après un silence radio de deux ans, Good As I Been To You. Album de reprises, totalement acoustique et solo dont on se devait quand même de célébrer l'arrivée. Pas possible quand même de parler de Kurt Cobain tous les jours, si ? Mais le disque péchait par trop de fautes de goût. La bluette, déjà, bien avant son Alzheimer lui faisant croire qu'il était un croisement de Dean Martin sodomisant Sinatra (Tomorrow Night), du folk irlandais du très méprisable Paul Brady (Arthur Mc Bride) et un jeu parfois approximatif.

Alors quand l'année d'après paraît le rebelote d'album World Gone Wrong, qui s'en est soucié ?

Sans doute pas ceux qui ne l'ont pas acheté et de fait pas lu les notes de pochette délicieuses. Il n'avait pas fait cet exercice depuis 1965, le Bob. Et ça y va. Monde merde, j'y comprends plus rien, la seule chose qui reste, c'est ces vieilleries.

Preuve par neuf avec le titre éponyme des Mississippi Sheiks, qui, dans les années 20, étaient tellement neuneu que bien que noirs, ils ne jouaient pas du blues pour blancs. Et la suite à l'avenant. Stagger Lee, sur lequel Greil Marcus se masturbera de longues années durant, croyant y découvrir le mythe de l'Amérique (mais oui, Greil, arrête de te pignoler et remets-toi !).

Et aussi, du blues. Nobody can sing the blues like Blind Willie Mc Tell. Bob Dylan, à l'époque, si. Sur la reprise de Brokedown Engine, oui. Complètement.

Alors évidemment, le Bob n'est pas Jorma Kaukonen ou Eric Clapton. C'est le jeu inimitable de Dylan à la guitare sèche quand il n'est pas en train de se faire sa liste de course sur scène (penser à racheter des pommes de terre, j'ai tartiflette avec Bono demain). Impossible à reprendre avec sa petite guitare devant l'iphone. Dylan is Dylan, et ici complètement, peut-être plus que jamais.

Alors vu que visiblement je poste un truc par an, peut-être jugeriez-vous que ce disque en vaut la peine. Surtout en 2018. Il faut toujours attendre uune trentaine d'années pour comprendre Dylan. Je serai sans doute mort avant d'aimer ses merdes jazzy, mais là, je suis vivant.

Même si le monde a mal tourné.

samedi 26 mai 2018

Google est ton ami


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vendredi 25 mai 2018

#215 Bob Dylan - Live à l'Olympia de Paris, 24 mai 1966

Oh vite fait, bon anniversaire Bob !

Ce jour-là que c'est-il passé avec Françoise Hardy ?
Ce jour-là comme ailleurs, mais peut-être d'avantage, les critiques fainéants t'on hué pendant le set acoustique (les mêmes qui ont hué Coltrane en 1961, sans doute, comme disait Miles Davis, ces cons-là sont trop fainéants pour essayer de comprendre) mais... oh la classe avec laquelle tu te moques d'eux - tu te rappelles ce Just Like A Woman ? Sacré toi.
Ce jour-là, heureusement, ils sont partis à l'entr'acte, et le set électrique l'a fait bien mieux que dans la perfide Albion (ils étaient restés, là-bas, fainéants de critiques français).

Extrait du coffret sorti opportunément par Columbia pour renouveler les droits. Et mon gauche tu l'as vu ?

Alors bon anniversaire Bob. Merci pour Visions Of Johanna. Et, s'il te plaît, arrête de chanter Sinatra. Reécoute plutôt ces bandes.

C'est comme si j'y étais...

jeudi 9 novembre 2017

#214 : Planxty "Between The Jigs And The Reels : A Retrospective"

Il existe entre la harpe celtique et la cornemuse irlandaise des différences fondamentales, mais pourtant les deux instruments se complètent à merveille. D'ou, finalement, ce post de Planxty en guise de bon complément à celui de Clannad.

En effet, contrairement à la harpe celtique (grâce à ses cordes, mais vous aviez compris), la cornemuse irlandaise est très peu adaptée à la fabrication de collets pour lapins de garenne, ce qui peut constituer un élément d'explication de la Grande Famine. Par contre, comme soufflet le soir auprès du feu, il n'y a pas mieux. D'autant qu'assez bavard, les irlandais ont inventé une cornemuse leur permettant de discuter tout en jouant, ce qui leur assure d'avoir généralement le dernier mot sur les écossais. Pour cela, il faut savoir jouer du coude, et les irlandais sont assez forts pour cela. Ainsi dans le genre "pousse-toi là que je m'y mette", nos joyeux drilles de Planxty se poseront comme tels. Vous allez dire que j'exagère, peut-être un peu mais au fond non, pas tant que ça, mais Planxty peut être considéré comme le groupe fondateur du folk irlandais moderne. Entendez par là que même si les reels, jigs et hornpipes dont ils abusent allègrement sont de source traditionnelle, leur musique ne l'est en rien. On la qualifiera de folk parce qu'on a beau chercher, on ne trouve aucun instrument électrique dans tout ça (mis à part les claviers usés par Christy Moore sur la fin, ok...) mais c'est finalement plus des délires progressifs qu'il faudrait l'enfermer.

Car quoi ! Andy Irvine, déjà, est anglais (by Jove !) et s'est amusé à traverser les Carpathes pour en ramener plein de morceaux en 7/4 et demi, mais surtout des instruments qu'on aurait plutôt tendance à trouver dans le sud de l'Europe, à commencer par la mandoline. Ca vous paraîtra peut-être bête mais Dalida n'a jamais songé à faire camper le personnage de Bambino dans la banlieue de Belfast, et, outre des raisons politiques évidentes, il y a des explications rationnelles à cela.

Alors quand l'autre cordeux, Donàl Luny s'entiche d'un bouzouki datant du temps ou les grecs se tapaient des colonels (et cela commençait à la saoûler) comme les irlandais l'oppression anglaise, nous voilà aux prises avec un groupe qui largue gentiment les amarres du folk irlandais classique.

Evidemment, le duo bouzouki/mandoline fait mouche. Ca pétille dans tous les sens, à chaque secondes c'est cinquante idées de morceaux qui fusent. On ne s'étonnera pas entendu cet éclair de génie qu'aujourd'hui on parle du bouzouki irlandais comme de la dette grecque, ça fait partie du paysage.

Rajoutez à ce duo un cornemuse-killer, Liam O'Flaherty, et ma foi l'Irish Stew est cuit. Manque plus que la cerise sur le gâteau, carrément Christy Moore au chant (partagé, il faut être juste, avec Andy Irvine, pour la plus grande joie de nos O'Reilles). C'est même lui qui a réuni, à l'origine, tout ce petit monde, pour enregistrer son deuxième album solo, Propserous dont on ne s'inquiétera guère ici sauf si, après l'écoute de la compilation ici proposée, et après avoir reniflé tout le web pour trouver tout le reste, on reste encore sur sa faim. Ce qui est très très probable.

Or doncques, l'objet du jour, Between The Jigs And The Reels : A Retrospective, est une compilation sortie l'an passé (et on ne m'avait rien dit !), arrivée ce matin même dans ma boite aux lettres et qui tombe à pic puisque voilà peu on parlait ici de Christy Moore et de Clannad. La chose est composée d'un CD et d'un DVD, pourquoi pas.

D'emblée, et finalement tant mieux, le CD n'a rien d'un best-of, puisqu'on pourra hurler comme un damné en constatant l'absence de Raggle Taggle Gypsy, Only Our Rivers, Little Musgrave et beaucoup d'autres. Alors on relira le titre : eh oui, l'accent est mis davantage sur le versant instrumental du groupe. Et lorsqu'il est question de chanter, Andy Irvine a même davantage d'espace que Christy Moore. Passé le moment d'étonnement, on lance la galette (même si les bretons me diront qu'une galette ne se lance pas) et... et ça fontionne plutôt très bien. Si vous cherchiez une introduction à Planxty qui ne fasse pas une part trop belle à Christy Moore, cachant ainsi la forêt que constitue tout le reste, ce disque est pour vous.

Et puis, savez-vous, on trouve ici la plus belle chanson du monde, oeuvre d'Andy Irvine, et qui aurait tendance à reléguer Nick Drake au rayon Shane Mc Gowan un peu timide. J'ai nommé The West Coast Of Clare. Je n'en dirai pas plus. Mais elle est là, prête à être écoutée, re-sortie de son écrin initial comme on balade des Picasso autour du monde, la re-voilà, ne la ratez pas. Moquez-vous du reste si cela vous agrée, mais accordez-vous les cinq minutes qu'elle dure. La plus belle chanson du monde.

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, reste le DVD, qui lui aussi est un véritable enchantement. Pour le coup, ici, tout y est ou presque (Lakes Of Pontchartrain, comme tu nous manque), et donc plus encore.

Mais vous êtes comme moi, vous détestez les DVD. Et rester devant la télé pendant deux heures et demi à regarder ces quatre loustics jouer du pipeau ne représente pas... comment dire... votre vision de la soirée parfaite ? Devant ne revendra pas son baril de westerns pour cinq minutes de Blacksmith au Late Late Show ? Eh ben vous savez quoi, les trente-six chandelles évidemment inédites que compte la galette, je les ai rippées en splendide mp3 @320 rien que pour vos oreilles.

A partir de là, vous êtes heureux(ses) et vous ne le savez pas encore. Cela ne saurait tarder.

Le CD
Le bout du DVD qui couvre la période 1972-73
Le bout du DVD qui couvre l'année 1980
Le Live au Natiional Stadium de 1982

Slàinte Mhaith !

mardi 7 novembre 2017

#213 : Hüsker Dü "New Day Rising"

Il paraît qu'en ce moment, la blogosphère s'est mise en tête de glorifier le Zen Arcade de Hüsker Dü (glorifier ou démonter peu importe, d'en parler quoi !). Etant donné qu'il serait navrant que j'en sois, pour d'évidentes raisons de redites, voici donc un autre album de Hüsker Dü qui me paraît pouvoir retenir votre attention quelques instants :

- Ce n'est pas un double-album : les arguments en faveur de cette particularité de Zen Arcade ne tiennent pas. C'est un disque de punk rock tout bête, initialement avec deux faces, aujourd'hui je ne sais plus, 15 fichiers ?

- Les morceaux sont très courts, balancés en 2'30 sur des thématiques intéressantes (les livres sur les OVNI, les façons de dépecer un chat, enfin ce genre de choses, somme toute rien que de très banal)

- Contrairement à Zen Arcade, il est inutile/difficile/idiot d'évoquer l'éternel "sens de la mélodie qui se cache sous le déluge de décibels montrant quel songwriter se cache derrière patati patata". Les cinq premiers morceaux ne sont qu'un tir en ligne, en avant toutes, avec le plaisir simple et essentiel de faire du bruit, simplement du bruit comprenez-vous. On aimerait que ça continue mais malheureusement on trouve par la suite quelques éléments un peu pop - oh rassurez-vous guère plus que de Ferrero sous le canapé un lendemain de murge. Et ça ne commence qu'à la septième chanson, et ça c'est bien aussi, surtout que ça ne se calme pas sur la fin. Et non, il n'est pas plus mélodique et plus lent que Zen Arcade, il est tout aussi jouissif. Juste un peu moins brutal que Land Speed Record, qui s'en plaindrait ?

- Et puis la pochette est si chouette. Ce paysage idyllique avec deux clébards devant qui viennent affectueusement nous rappeler qu'en bon chiens errants ils nous boufferaientt les couilles si l'on s'amusait à venir contempler le soleil levant, conneries tout ça. Et puis en regardant de plus près, le soleil est noir, le ciel couleur de merde, et les clébards sont peut-être tout aussi bien des chiens-chiens à sa mémère qui en pissant dans l'eau vont vous coller une maladie parasitaire à la con et que bordel si j'avais un flingue je dégommerais ces saletés. Journée de merde.

Et surtout, ce disque s'appelle New Day Rising, et je me faisais la réflexion justement, en l'écoutant à fond la caisse dans les embouteillages après avoir passé une journée pourrie à un point ou j'avais l'impression vu toute la merde qui me tombait dessus que le reste du monde devait être constipé, pas moins. Demain sera bien ? J'y crois plus.

Prenez trois paysans, acculés par les dettes des fournisseurs. Ces trois paysans se regroupent en coopérative, tiennent la dragée haute au vilain commercial, du coup améliorent leur revenu. De fait les adhérents à la coopérative augmentent. Celle-ci prend du poids et embauche des salariés. A tel point qu'arrive un moment ou elle a pour objectif de grossir pour continuer à vivre, ceci bien entendu aux dépens des paysans qui l'ont créée, augmentant les prix des fournitures qu'elle leur revend.

C'est l'éternel serpent qui se mord la queue.

Alors New Day Rising, après une journée à affronter la mauvaise foi, les petits intérêts personnels, les postérieurs postiches et j'en passe, c'est parfait dans ma petite voiture coincée dans ces putains d'embouteillage. Nouveau jour, nouvel ordre mondial, je me dis que les êtres humains sont tellement cons que tout ça est peut-être vrai. Comme ces coopératives qui bouffent sur le dos des paysans. Je veux dire, sans même avoir besoin d'un complot, sans même en appeler aux Illuminati, sans même le faire exprès. Et c'est là qu'il n'y a plus guère d'espoir. Comme ces cellules cancéreuses qui prolifèrent comme un vieux réflexe consistant chez les paramécies et les hydres aquatiques à se multiplier par division lorsqu'un danger, un stress les y poussent. Sauf que le crabe nous tue, RIP Mr Grant Hart, comme le nouvel ordre mondial, comme les coopératives, le glyphosate et mes collègues de boulot.

Et contre tout ça, je ne vois guère que Hüsker Dü, très fort dans l'auto.

Et justement, pour en revenir à Zen Arcade, je crois que je le re-écouterai dans les embouteillages demain, New Day Rising n'est pas assez long. A moins de l'enchaîner à Candy Apple Grey ? Et si vous en voulez d'autres, avec plaisir.

Demain, journée de merde.