J'ai acheté des CD depuis 1986 (et plein de vinyles avant), j'y ai mis énormément d'argent. J'en ai souvent racheté (remasterisations, bonus tracks...) et aujourd'hui tout ça ne vaut plus rien. Les rayons se vident au profit des DVD, des blu-ray disc (tout pour les yeux, rien pour les oreilles), en attendant le prochain format.

Et pourtant... c'était pas beau tout ça ?


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dimanche 19 mars 2017

Chuck Berry "The Definitive Collection" (three down, seven to go)

Ce coup-ci, le rock (et le roll) est vraiment mort. On a pu pleurer, qui sur Lou Reed, qui sur Bowie, mais là, Chuck Berry... il semblait devenu sinon immortel, du moins non-mort, sans nouvelles de lui on s'en inquiétait même plus. Et vlan, non, la camarde s'est jouée de nous. Il paraît que depuis hier, Keith Richards fait une consommation hallucinante (oups) d'anti-dépresseurs et qu'il aurait contacté son notaire. Mick Jagger s'est enfin fait à l'idée d'avoir des problèmes de prostate. Et l'industrie du disque est bien embêtée. Avec un Prince, on peut songer aux Deluxe Editions, surtout que le nain doit avoir une quarantaine d'albums dans les placards de Paisley Park mais là... Et qui voudrait prendre le risque de ramener à la vie la sauvagerie et l'impertinence de cette musique ? La CIA a eu peur cinq minutes dans les années soixante, mais toute idée de révolution semble aujourd'hui anéantie... Même ces histoires de mp3 semblent finalement du pain béni pour les majors : exit les milliardaires façon Led Zeppelin, les voilà matés les artistes, obligés de quémander l'aumône avec leurs pauvres 200 000 CD vendus, pendant que Youtube, Spotify et les autres refilent le grisbi en douce à Warner, bien vu ! Fini les limousines dans les piscines, les gars !

Ce coup-ci, le rock est donc vraiment mort, parti avec Chuck. Vous me direz que l'animal avait quand même sorti son dernier album en 1979 et que donc, c'est une mort lente et indolore que voilà. Et vous pourrez aussi tenter de me consoler en me disant que de cet album on n'avait que foutre, mauvais qu'il était. Et n-ième d'une série dont déjà on se tamponnait tout ce qu'on pouvait. Oui. Rock'n'Roll de Led Zeppelin (encore eux) avait monté le curseur d'un cran. Brown Sugar avait élargi le champ de vision. Anarchy In The UK avait pris moins de gants pour cracher sa morgue à la face du monde bien pensant.

Et alors ?

Que je sache, les tables de la loi ne sont pas un soap opera. Il n'y a pas de saison 2. Elles sont écrites une fois pour toute, et fais avec ça mon garçon. Rien de plus rien de moins. Et pourtant, je vous fiche mon billet qu'en dézippant le paquet cadeau, vous aurez la même réaction que moi : oh bordel, c'est vrai, y'a celle-là, aussi ! Oh, il n'y en a ici qu'une trentaine plus une. Les neuf volumes de l'intégrale Chess n'apportent rien de plus, si ce n'est bavardage inutile. Et je sais, la pochette est moche. Mais on ne parle pas d'art conceptuel, ici. L'important c'est ce qu'il y a dans la boîte. Ce qu'il y avait dans le juke-box.

Alors bien sûr, on pourrait s'en tenir à ces putains de riff, mélanges vicieux de jazz et de blues sur un rythme doowop, rire en coin en repérant les plans de Keith un à un, et gloser comme un vicaire de chez Télérama sur le fait que, plus tard, Dylan rajouterait la poésie à tout cela pour définitivement dresser la culture musicale du siècle passé. Quoi ? Non mais arrêtez deux secondes ! Faut-il vraiment vous copier/coller quelques extraits choisis, disséquer la syntaxe pour vous convaincre que voilà des paroles troussées on ne peut mieux, simples, directes, efficaces et presque aussi mélodieuses que la Gibson qu'on vénère chez lui ? On y va...

Well if you ever plan to motor west
Just take my way it's the highway that's the best
Get your kicks on Route 66...


...

It was a teenage wedding, and the old folks wished them well
You could see that Pierre did truly love the mademoiselle
And now the young monsieur and madame have rung the chapel bell,
"C'est la vie", say the old folks, it goes to show you never can tell...


...

Last time I saw Marie she's waving me good bye
With hurry home drops on her cheek that trickled from her eye
Marie is only six years old, information please
Try to put me through to her in Memphis Tennessee...


Là, ça pète, non ? Et encore, j'en ai mis que trois, un peu au hasard... Autant sinon plus que "Lights flicker from the opposite loft..." de l'autre, au hasard...

Alors se dire que Chuck Berry s'est fait rattraper par la grande faucheuse, autant dire qu'il n'y a vraiment aucune chance. Les témoins de Jehovah peuvent revenir me la chanter, la semaine prochaine. J'en veux pas de vos promesses, si l'Eternel rappelle à Lui Celui qui m'a donné la foi, c'est bien que tout ceci n'est que foutaises. Promesse non tenue, oui. Un peu comme dans la chanson...

No particular place to go
So we parked way out on the Kokomo
The night was young and the moon was gold
So we both decided to take a stroll
Can you image the way I felt
I couldn't unfasten her safety belt

 
A moins que... alors que je continue mon introspection, mon Top Ten, le père Chuck à cassé sa pipe juste à temps, j'aurais peut-être été capable de l'oublier...



3 commentaires:

  1. Le "Crazy Legs" va te foutre un putain de bordel là-haut !!!

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    1. J'aimais mieux quand il le foutait ici...

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  2. C'est que maintenant - jamais trop tard - que je comprends le jeu de mot de ton blog. Bon, si il faut las disparition d'artistes pour que tu reviennes ... je m'en charge, il y a de quoi faire pour notre génération, y'a du stock. Je vais d'abord taper dans ceux qui ne font plus rien. à suivre

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